Bingo des choses à ne pas dire à une personne infertile

Si vous ne le saviez pas déjà, nous rencontrons des problèmes d’infertilité dans notre couple : nous devrons passer par la case PMA, nous arrêter à la gare FIV et jeter les dés en espérant obtenir un double pour pouvoir continuer jusqu’à la Rue de la Paix,  tomber éventuellement sur une carte chance et tout ça, sans passer par la case départ (oui, j’ai envie de jouer au monopoly en ce moment, voilà, c’est dit !) 

Un an et demi déjà ! J’en ai donc entendu des conseils foireux et des réflexions sans intérêt à propos de la grossesse (ou de la non grossesse…) Et je vais aujourd’hui vous partager tout ça :

 Chères camarades infertiles, je sais que certaines d’entre vous passeront par là. Si vous avez envie de jouer, n’hésitez pas à me dire les phrases que vous avez cochées dans le bingo, ou à en rajouter, qu’on rigole un peu :p !

  • T’es jeune, t’as le temps.
  • Tu sais maintenant avec la médecine, on peut tout faire.
  • Il faut avoir des rapports tous les deux jours, là t’es sûre de ne pas louper l’ovulation.
  • Tu ne penses pas que ça soit psychologique ? 
  • Tu sais l’accouchement ça fait tellement mal, franchement, sois pas pressée.
  • Moi j’ai une copine, elle a de l’endométriose, ça fait 4 ans qu’ils essayent, et ça marche pas. 
  • Faut se détendre, la moyenne pour tomber enceinte c’est six mois ! 
  • Moi j’ai une copine, elle n’arrivait pas à tomber enceinte, et puis elle a arrêté d’y penser et hop, elle est tombée enceinte !
  • Bah c’est pas grave tu passeras par la PMA, tu ne devrais pas te plaindre c’est une chance dans notre pays. 
  • Tu as envoyé un message à l’univers ? 
  • Mais tu sais il y a pire, il y a des femmes elles font des fausses-couches à répétition. 
  • Mais vous faites le poirier après le sexe ? 
  • Ça fait seulement un an et demi que vous essayez ? Mais c’est rien ça !
  • Vous faites assez souvent l’amour ? 
  • Tu prends ta température ? 
  • Moi j’ai une amie, elle a essayé tout, les FIV, les inséminations… et quand finalement ils ont abandonné, hop elle est tombée enceinte ! 
  • Tu sais quand tu l’auras ton bébé, tu dormiras plus la nuit et tu verras, ça sera dur…
  • Tu as déjà prié ? 
  • Tu médites ? 
  • Mais avec une FIV vous aurez le bébé, c’est sûr !
  • Au pire, y a l’adoption ! 
  • Tu as déjà fait des tests d’ovulation ? 
  • Tu sais quand tu seras enceinte, tu seras tellement malade, que tu regretteras presque ! 
  • Dans quelques années, tu penseras à tout ça et tu te rendras compte que c’était pas si grave…

Alors voilà, pourquoi ce bingo ? Le but n’est pas d’énerver les gens et de les culpabiliser pour leurs paroles, mais plutôt de leur faire réaliser l’impact de celles-ci. Parfois, quand ça ne va pas et qu’on se confie à un.e ami.e, un.e collègue, un.e pote, un membre de la famille, on n’a pas envie d’entendre des banalités qu’on a déjà entendues des dizaines de fois avant et qui n’ont en plus aucun intérêt pour nous ! 

Oui, peut-être que c’est psychologique, et évidement que l’accouchement va faire mal. Bien sûr que on a tout essayé : méditation, message à l’univers, psy, poirier, yoga, vitamines, tests en tout genre … Vous n’imaginez même pas tout ce que j’ai pu faire (regardez sur internet ça vous donnera une idée de toutes les choses, pour certaines complètement dingues, conseillées pour “booster” la fertilité). 

Et bien sûr qu’on a de la chance de vivre en France et d’avoir accès à la procréation médicalement assistée, mais ça ne change rien au fait que toutes ces choses là on les a entendues des tonnes de fois et qu’on a juste besoin d’une épaule, d’un soutien ou d’une écoute. 

Ça ne sert à rien de chercher sans cesse des solutions pour essayer de dédramatiser les choses, parfois il faut juste accepter la peine que l’autre a et être présent. Je sais que c’est bien plus confortable quand tous les gens qu’on côtoie vont bien et sont heureux. Moi aussi je préfère quand je vais bien, que je suis heureuse et que mes proches également. Et quand ils vont mal ça me touche de les savoir tristes, je ne supporte pas de les voir souffrir. Je serais prête à dire n’importe quoi pour essayer de les consoler, même des bêtises et des maladresses. D’autres fois par pur égoïsme, je n’ai tout simplement pas envie de me prendre la tête, et je serais bien tentée de sortir des banalités. Et pourtant, c’est vraiment quelque chose à éviter, car ça peut être beaucoup plus douloureux qu’on ne l’imagine.

J’espère que cet article vous aura fait réfléchir sur la question. J’insiste encore sur le fait que le but n’est pas de culpabiliser qui que soit, mais de prévenir les éventuelles maladresses de ceux qui ne savent pas ce que c’est de vivre une situation d’infertilité. 

Merci pour le temps que vous aurez consacrez à la lecture et à bientôt ! 

Sorcière, sorcière, prends garde à ton derrière

“Sorcière sorcière prends garde à ton derrière.” 

Cette phrase résonnait dans la tête d’Iris, sans qu’elle ne puisse rien contrôler. Cela lui faisait l’effet d’un marteau-piqueur : “Sorcière sorcière prends garde à ton derrière”. 

Tandis qu’elle finissait de cuisiner son déjeuner, elle hésitait à rajouter un peu de beurre dans sa soupe de potiron. Une soupe de potiron ? Pas très original, pour une sorcière, mais largement explicable par un mois d’octobre bien installé, et le désir de la jeune femme de ne consommer que des fruits saisonniers et qui plus est, issus de son potager ! 

“Sorcière sorcière…” 

“Et puis zut, avec du beurre c’est meilleur ! “ 

“Prends garde à ton derrière !”

Aussitôt le produit du démon introduit dans la soupe, Iris regretta d’être aussi faible et se promit de faire au moins vingt minutes de sport intensif pour rattraper tout ça. Elle avait beau assumer son statut de sorcière indépendante et fière, les diktats de la minceur avaient une influence bien plus puissante sur elle qu’elle n’osait se l’avouer et étaient bien les seuls qui l’empêchaient de se sentir totalement libre. Quelle allure aurait-elle avec un fessier débordant de graisse de part et d’autre de son balai ? 

“Ridicule…” 

Elle n’avait pourtant plus peur de se cacher, des milliers de femmes, revendiquaient l’acceptation de soi et du corps, la beauté féminine sous toute ses formes. Elle avait beau assumer la quasi-totalité de ce qu’elle était, certains aspects étaient bien plus difficiles à accepter. 

Cinq pompes

Elle repensait à sa mère qui lui expliquait : “N’oublie pas, si tu ne veux pas finir rejetée de la société, il y a des choses que tu dois éviter de montrer : lisse tes cheveux, maquille toi, cache ton acné, reste mince”

Dix squats

 “Quand tu vieilliras, fais comme tout le monde : enfante, accepte de dépendre de ton mari et aies l’air plus bête que lui, ou tu finiras sur le bûcher”

Quinze tractions 

“Apprends à cuisiner, ne sois pas trop originale et lutte contre les rides. Si tu respectes bien toutes ces règles, tu ne craindras rien des humains. Tu auras l’air d’une bonne petite femme, épouse ou mère, et personne ne se doutera que derrière cette jolie frimousse se cache une véritable sorcière.” 

Vingt sauts à la corde

La sueur dégoulinait de son front. “Ne te montre jamais dans cet état, tu pourrais faire fuir les hommes.”

Une bonne douche. 

La jeune femme essuyait ses jambes, quelques poils perçant sa peau asséchée : “Rase tout ça” 

Iris pensait à sa mère… femme soumise ou sorcière refoulée… Elle était assurément à côté de la plaque, mais pouvait-on vraiment la blâmer, elle qui avait vécu toute sa vie frustrée et apeurée qu’on découvre son identité ? 

Si sa mère avait su, se dit Iris, qu’elle n’était simplement qu’une femme parmi d’autre femmes, ensemble assez fortes pour vivre pleinement celles qu’elles sont vraiment… 

Iris, pris furtivement son rasoir et se dépêcha de retirer le duvet disgracieux de ses jambes. Elle avait honte d’avoir fait ça, mais c’était plus fort qu’elle, elle n’était pas encore prête à exhiber ses mollets au naturel. “Et si jamais on la comparait aux poils de son balai ?” 

 “Forte je le suis certes, et plus jamais seule. Mais pas encore assez puissante pour me libérer de mes chaînes patriarcales.”

Écologie, la prise de conscience #05 : bilan d’avril

Bonjour, aujourd’hui je vous partage le bilan écolo de mon mois d’avril !
(un peu en retard, mais vous avez l’habitude ^^’ )

Comme je l’avais expliqué dans le bilan de mars, la situation de confinement ne m’a pas permis de mettre en place tout ce que je voulais et de garder certaines habitudes que j’avais prises. 

Entrons donc tout de suite dans le vif du sujet ! 

Les déchets

Au niveau des poubelles, on en est à quatre pour cette fin de mois, donc je ne trouve pas qu’il ait eu beaucoup de changements. Il y a en a certes moins qu’en mars, mais globalement je n’ai pas le sentiment qu’on évolue beaucoup de ce côté là. J’ai envie de passer à l’étape supérieure et de commencer à peser mes poubelles. Mais je ne sais pas trop comment m’y prendre. J’ai vu sur les blogs que certains utilisaient la balance de cuisine pour peser, mais je ne trouve pas ça super hygiénique et j’ai des sacs poubelle de 50 L donc sur une balance ça me paraît un peu compliqué… Je sais aussi qu’il existe des balances sur lesquelles on accroche les poubelles, mais là encore, j’ai le sentiment que ça serait un peu gadget, d’autant que je ne suis jamais certaine de mon implication sur le long terme, bien que j’espère prendre ces habitudes pour toute la vie ! Je suis en train de me dire qu’éventuellement ma solution pourrait être de me peser sans poubelle puis avec poubelle et de calculer la différence, comme avec les valises quand on prend l’avion et qu’on ne doit pas dépasser un certain poids. 

Alors pourquoi peser mes poubelles ? En fait j’ai l’impression que peser nos poubelles, ça nous permettra de vraiment évaluer la quantité de déchets que nous jetons. Je pense aussi que la prochaine étape va être également de réduire les déchets en carton… Mais je crois qu’on en n’est quand même pas encore là, car pour le moment même si le chéri suit le mouvement et essaye de faire quelques efforts, il n’est absolument pas dans un désir d’engagement fort comme moi, et je ne sais pas si j’arriverai à le convaincre de s’investir véritablement. Et pour moi, ça reste une charge mentale de devoir gérer tous les déchets, de peser, de faire attention aux achats, etc. Alors certes c’est moi qui le veux, mais à deux ça serait bien plus simple. Donc à voir pour la suite.

Pour le compost, je suis passée à l’étape supérieure car j’ai enfin osé mettre la litière dedans ! J’hésitais énormément malgré le fait que j’ai une litière végétale et entièrement compostable car j’avais peur de faire n’importe quoi et de gâcher le compost. Donc, là j’ai essayé pour la première litière et il y a plusieurs choses que j’ai relevée : la première c’est qu’il va falloir vraiment qu’on se procure un bac à compost plus grand, ou qu’on délimite un vrai coin compote. Pour le moment on fonctionne avec un pot en plastique qui contenait au départ un arbre fruitier et deux petites barquettes en bois qui ont assez mal supporté l’humidité… Donc ça n’est vraiment pas le top. En vidant la litière j’ai carrément rempli à ras-bord le pot, et je vois pas trop comment mélanger tout ça, bref gros bordel… J’étais quand même super contente car il s’agit d’un déchet de taille, qui ne sera pas jeté bêtement et qui va être réutilisé en compost, mais clairement je ne pourrais pas vider la litière dans le compost à chaque fois, en tout cas pas tant que nous n’aurons pas une boîte à compost de grande taille. En attendant je pense que je viderai la litière par petite quantité et surtout quand les déchets compostés auront diminué de volume et qu’il y aura à nouveau de la place. 

J’ai aussi investi dans un robot de cuisine multifonction, car j’adore cuisiner et faire tout moi-même ; mais aussi parce qu’il a l’option blender et que je ne veux plus acheter les smoothies en bouteilles, ou les houmous tout fait etc. Je sais que c’est facile à faire, ça ne prend pas tellement de temps et en plus je saurai exactement ce que je consomme : que du bon !

Le gaspillage

Ce qui m’a aussi un peu contrariée, c’est qu’on s’est totalement relâché en matière de gaspillage alimentaires, pour les dix premiers jours du mois. On a jeté pas moins d’une dizaines de produits (légumes, restes) qui ont périmés. On a carrément déconné. C’est clairement dû au fait qu’on a blindé notre placard et notre frigo pour limiter nos sorties et qu’on n’a pas su gérer nos stocks. En réalisant tout ça, j’ai été encore plus ferme avec nous-même et j’ai mis un point d’honneur à ne pas empirer les choses. Donc finalement on s’en est à peu près sorti avec 16 aliments gaspillés. 

C’est lui qui l’a dit !

Nos objectifs

Pour les cotons-tiges, pour le moment j’ai trouvé en supermarché une marque de coton-tiges en bambou, qui sont apparemment biodégradables. Donc je les ai pris pour tester, mais… j’ai un problème avec l’appellation “biodégradable” car j’ai du mal à comprendre ce que cela signifie : peut-on les mettre dans le compost ? Dans la poubelle non recyclable ? Poubelle plastiques cartons ? Vraiment j’ai à chaque fois un doute. Un peu comme la litière, je ne suis pas à l’aise à l’idée de les mettre dans le compost, mais je ne vois pas l’intérêt d’en acheter d’aussi chers si c’est pour les jeter à la poubelle non recyclable après… J’ai vu aussi qu’une marque faisait des cotons tiges réutilisables et je pense qu’on va investir dedans très prochainement. 

Pour la conservation des fruits et légumes, je n’ai toujours pas pris le temps de “vraiment” me renseigner, d’où le fait qu’on a gâché autant de légumes au début du mois… J’ai quand même appris qu’une carotte qui avait pris un coup de vieux et qui se ramollissait pouvait reprendre un peu sa forme en étant plongée pendant un quart d’heure sous l’eau froide ! 

Mais là il s’agirait presque d’une urgence de se renseigner… 

Le confinement et la situation de crise sanitaire que nous vivons a ravivé ma prise de conscience et j’ai réalisé que j’avais besoin d’être encore plus investie pour l’environnement. (cf cet article ). Je pense que je réécrirai un article à ce sujet pour expliquer quelles sont les prochaines étapes. Mais je ne veux plus me contenter de juste compter les poubelles et faire un petit compost. Je crois que j’ai besoin de changer drastiquement nos habitudes à la maison (mais là encore je sais que je ne peux pas faire ça toute seule, étant donné qu’on est deux à vivre sous le même toit). je veux aussi m’investir au travail et même à j’espère très bientôt au niveau associatif ou dans ma propre ville à moyen terme. Je me sens assez bloquée pour le moment par le confinement, mais je ne veux pas pour autant me chercher de fausses excuses. Je commence déjà à planifier, à lister ce qui est en mon pouvoir, pour agir au mieux dès que j’en aurais l’occasion ! 

L’araignée

Il fait beau, c’est le moment idéal pour aller écrire tranquillement dehors, et profiter de l’air frais et de ce beau ciel bleu. Mes cheveux sont mouillés et ça me permettra de les laisser sécher plus vite ! Je m’installe tranquillement sur la table du jardin et je me brûle les cuisses sur le plastique de la chaise chauffé par le soleil. Quelle gourde, j’aurais pu y penser. Je prends un petit coussin pour me protéger les fesses et j’y retourne. Définitivement enthousiaste à l’idée d’écrire au soleil. Sauf que ce fameux soleil et décidément trop éblouissant et j’en serais presque agacée. N’est-ce donc pas un comble d’être mécontente  alors que des millions de gens n’ont pas cette chance de pouvoir se plaindre d’être “trop ébloui”. Ne fais pas ta chieuse et remercie la vie de t’apporter autant de confort et de liberté ! 

En plus, on a un parasol, il ne reste plus qu’à l’installer sur la table du jardin. Je l’ouvre tranquillement et je me retrouve face à face avec une araignée énorme, poilue et terrifiante. Je sursaute de frayeur et  referme le parasol. N’importe quoi ! Moi qui me vante auprès de qui veut bien m’entendre que je n’ai absolument pas peur des araignées, je ne vais quand même pas me laisser surprendre sous prétexte que celle-ci est plus grosse que  la normale ? Plus grosse que toutes celles que j’ai vues d’ailleurs. Ne pas se laisser impressionner : c’est mon parasol, il y a du soleil, j’ai décidé que je travaillerais dans mon jardin et ce n’est certainement pas une toute petite araignée qui va m’en empêcher. J’ouvre le parasol, l’araignée me regarde et me sourit. Non ça n’est pas vrai, mais je trouvais cela plutôt drôle à imaginer !

Hors de question que je la tue. Je suis contre la violence faite aux animaux, donc je ne vais certainement pas en exterminer un sous prétexte qu’il me fiche la trouille. La pauvre ne m’a rien fait de mal, donc je dois la laisser tranquille. Et d’ailleurs, preuve que les êtres humains peuvent cohabiter avec les autres espèces, je vais même laisser cette pauvre bête profiter du parasol. 

Je m’installe enfin à mon ordinateur. Mais le parasol ce met à tourner et l’araignée se rapproche dangereusement de moi. Elle est juste au-dessus de ma tête… Je tourne légèrement le parasol pour l’éloigner. Je ne peux pas m’empêcher de lever la tête régulièrement pour vérifier qu’elle n’a pas bougé. Cohabitation certes, mais on attendra pour la confiance !

Le chat arrive. Il aime bien chasser les insectes. Il ne faudrait pas qu’il attaque cette pauvre araignée sacrément terrifiante qui ne m’a rien fait de mal (mais dont je ne supporte pour autant pas la présence…) Quoique, qui suis-je pour empêcher le chaton d’attaquer cette bestiole ? Après tout, l’instinct animal est plus fort que tout et je ne vais tout de même pas aller contre celui-ci !

Le félin se pose sur la table et a repéré l’araignée. Je lève la tête vers le parasol et tout à coup je réalise qu’elle n’est plus dans mon champ de vision ! La pauvrette pendouille juste au dessus de ma tête, comme si elle avait senti qu’un danger imminent la guettait. Et quel danger, le chaton à l’affût se jette sur elle, sans prendre ma présence en compte et atterrit, griffes sorties, sur ma tête. L’araignée terrifiée s’est planquée et je ne comprends qu’au bout de quelque secondes qu’elle n’a pas trouvé meilleure cachette que mes cheveux. Je la voix grouiller sur une de mes mèches et là je hurle. Je me lève d’un bond et je commence à gigoter dans tous les sens pour la faire descendre. Les voisins alarmés par mes hurlements s’approchent de mon jardin et constatent la scène avec curiosité. Moi je n’ai pas le temps d’avoir honte, l’araignée est toujours dans ma chevelure et je commence sérieusement à me demander si je ne vais pas tout simplement tout couper pour me débarrasser de ce monstre à huit pattes.  Ai-je mentionné que j’étais une personne excessive ? 

Finalement la victime terrifiée, tombe enfin de ma tête et part se réfugier dans l’herbe. 

Moi, sous les yeux de mes voisins gênés, je reprends mon ordinateur, et ma fierté, et je rentre dans ma maison exaspérée en marmonnant qu’en plus, le temps n’était pas si beau ! 

Alors d’après vous, est-ce que cette anecdote est vraie ? Fausse ? Quand la fiction a-t-elle dépassé la réalité ?

En PMA et confinée

Bonjour ! 

Je souhaitais un peu vous mettre à jour de notre projet bébé et de l’avancée de la PMA. Je vais tâcher d’écrire en étant la plus optimiste possible mais… Voilà je ne devrais pas dire mais, et c’est vraiment difficile de lutter contre ma nature pessimiste et parallèlement à ça, je sais aussi que mes blessures commencent à peine à cicatriser et qu’elles sont fragiles. Depuis Novembre, on a vu tout notre monde et nos espoirs s’effondrer un à un et chaque mois on a appris des choses qui nous rendaient encore plus inquiets quant à la possibilité, un toujours de pouvoir porter notre enfant. 

Nous avons donc eu notre premier rendez-vous téléphonique, fin mars, avec le médecin qui nous suivra pour la PMA et elle nous a prescrit de nouveaux examens à effectuer (mais ouf pas d’examens douloureux pour moi ! ) Elle nous a dit qu’on ne se reverrait pas avant les deux prochains mois en supposant que le confinement ait pu être levé avant et qu’on ait eu le temps de faire tous les examens. Ce rendez-vous nous a quand même fait du bien, car elle nous a dit à la fin qu’avec une FIV, on avait toutes nos chances d’y arriver, en tenant compte des éléments qu’elle avait (évidemment on n’est pas à l’abri d’une autre surprise du genre “Ah bah en fait on vous a diagnostiqué ça aussi !” ) et qu’une grossesse naturelle n’était pas exclue : que nous étions jeunes, que nous n’en étions qu’à 1 ans et 3 mois (4 maintenant :D) d’essais, et que ça s’était déjà vu que des couples dans notre situation aient leur bébé naturellement. Elle a ajouté qu’en effet on tenait compte des soucis et obstacles qu’on rencontrait et que c’était pour ça qu’une FIV nous permettrait “d’aller plus vite”; 

Aller plus vite… C’est là la contradiction de mon cerveau, j’ai beau me dire, que grâce à notre prise en charge médicale on aura des chances d’avoir notre bébé plus vite, la mise en place de la PMA est tellement longue, que ça me paraît interminable. Je sais bien qu’en plus que le coronamachinquifaitch… bloque toutes possibilités d’avancer, de faire les examens, de commencer le moindre protocole et que ça, personne n’y est pour rien. Et je crois que je l’ai accepté directement. Je suis capable d’attendre, je sais que la PMA ne va pas s’annuler, elle est juste décalée pour être faite dans les meilleures conditions, je comprends et je suis en accord avec ça.

Mais je crois que ce que j’ai du mal à accepter, (et pourtant on ne me demande pas mon avis) c’est le fait que les autres, les gens en couple qui n’ont pas de problème d’infertilité et qui projettent de faire un enfant : ils vont continuer à faire leurs petits bébés, confinement ou non. Et nous, on ne peut pas, on doit juste attendre et on ne sait même pas quand le confinement sera levé et ça c’est tellement frustrant ! Là j’ai encore des amies et collègues qui ont accouché, je suis contente pour elles, et en même temps je me dis : mais PUTAIN (oups) c’est pas juste (je sais il n’y a aucune injustice là-dedans, c’est juste pas de bol) Moi aussi j’ai envie d’être maman, je serais même une super maman !  Je sais déjà comment m’occuper d’un nourrisson, je sais changer une couche, faire une mise au sein, je prendrais soin de lui et je lui chanterai des berceuses et je lui raconterai des histoires tous les soirs et j’essaierai de faire en sorte qu’il ne manque de rien, qu’il soit toujours épanoui, qu’il sache qu’on l’aime inconditionnellement et moi aussi je peux être une super maman, je ne me plaindrai pas quand j’aurai envie de gerber et je ne dirai rien pendant l’accouchement (si en vrai je hurlerai sûrement sa mère XD) mais juste laissez moi la chance de pouvoir vivre tout ça… Et quand je dis “laissez moi la chance” je ne sais même pas à qui je m’adresse, et piou j’ai les larmes qui montent juste en écrivant tout ça. Mais ce ne sont plus vraiment des larmes de tristesse, de colère ou de frustration, je suis simplement très émotive (car j’ai mes règles à l’heure où j’écris XD)  car je déborde déjà totalement d’amour pour ce futur enfant. Et si jamais on arriverait jamais à avoir ce bout de chou, il faudrait bien que je trouve quoi faire de tout cet amour… 

Piou, j’ai un peu digressé hein ? 

Bref, j’ai ces pensées au moins une fois par jour, je me laisse envahir au moins une fois par jour, parfois un peu plus, surtout pendant les jours de mon cycle où je suis en syndrome prémenstruel. Mais ça va quand même mieux, je suis beaucoup plus zen, plus apaisée, je pleure moins et quand ça arrive, je l’accepte, je prends le temps de souffler, de respirer, j’arrête de me culpabiliser d’être mal et je m’accroche au fait que ces obstacles ne conditionnent pas ma vie : ils ne m’empêchent pas de profiter de l’instant présent, ils ne m’empêchent pas d’être heureuse même si parfois ils me submergent et me rendent triste. Ils ne sont rien d’autres que ce qu’ils sont déjà : des obstacles, que nous allons traverser comme nous avons toujours fait. 

Si je vous écris tout ça c’est parce que ça me fait du bien. Mais c’est aussi parce que je sais que je ne suis pas la seule dans cette situation, et que je connais cette souffrance et le sentiment de solitude est un des plus douloureux. 

Voilà j’ai laissé un peu mon article décanter, j’ai réfléchi durant ces derniers jours, et j‘ai décrété que je ferai mieux d’anticiper le décalage du rendez-vous, donc j’ai appelé le service de gynécologie dans lequel je suis suivie et j’ai demandé à changer la date pour avoir le temps de faire tous les examens demandés. La secrétaire médicale était super agréable et ça m’a fait un bien fou d’entendre quelqu’un d’aussi gentil et aimable au téléphone, ça m’a beaucoup rassurée. C’est tout con, et pourtant j’ai moi-même été soignante donc je le sais, mais avoir quelqu’un dans le médical qui est agréable, qui nous parle avec douceur et empathie, ça peut vraiment faire toute la différence. Avant je pensais que les premières personnes dans la prise en charge des patients étaient les infirmières, et depuis que je suis moi-même patiente, je réalise qu’il s’agit des secrétaires médicales. Et elles ont vraiment une influence sur la prise en charge énorme selon la façon dont elles accueillent le patient. 

Bref j’ai ENCORE digressé, mais donc j’ai décalé mon rendez-vous du 25 mai au 10 juin, et très franchement, je ne sais pas si je ne vais pas devoir encore le décaler. J’essaye vraiment de garder mon côté rationnel et de me souvenir que si j’étais enceinte maintenant, je serais certainement très angoissée à cause de l’épidémie et j’aurais sûrement peur d’être malade et qu’il arrive quelque chose au bébé.

Enseignante et confinée

Bonjour ! 

J’avais très envie de vous parler du boulot et de faire un petit point sur les conséquences du confinement sur le travail. Pour rappel, je suis enseignante en élémentaire, je suis ZIL c’est-à-dire que je fais des remplacements de congés maladie ou de congés maternité et cette année, j’avais été dans une classe de CP à 12 jusqu’aux vacances d’hiver et je venais tout juste de commencer février avec une classe de CE1 à 12 lorsque le confinement a été instauré. Donc depuis mi-mars je suis en télé-travail avec mes élèves. 

On a à peine eu le temps de mettre en place quelque chose pour maintenir nos enseignements à distance et ça a été difficile également d’être en contact avec tous les parents. (Depuis les vacances de Pâques j’ai réussi à contacter tout le monde, mais durant les trois premières semaines de confinement, il manquait deux familles)

J’ai passé beaucoup de temps en télétravail à préparer les exercices pour les élèves, que ça soit à la fois ludique et accessible pour eux (n’oublions pas que tous n’ont pas nécessairement internet ou l’ordinateur à leur disposition quand ils le souhaitent) et je me tiens disponible pour les parents le plus souvent possible. J’avoue que je me suis aussi bien amusée, car il fallait trouver des solutions pour permettre aux élèves d’apprendre malgré les conditions exceptionnelles et donc j’ai laissé courir mon imagination et redoublé d’efforts pour proposer des petites activités originales ! 

J’ai laissé les parents libres de m’envoyer leurs retours ou non car j’ai bien conscience que ça la situation n’est facile pour personne et que chacun gère comme il peut. J’ai tout de même des contacts presque quotidiens avec certaines familles et ça fait tellement plaisir de pouvoir échanger avec eux, de voir autant d’investissement, et de garder un contact avec les élèves.

En plus, comme je l’expliquais, je venais tout juste de prendre cette classe de CE1, ça ne faisait que trois semaines que j’étais avec eux, je n’avais absolument pas eu le temps de rencontrer les parents, ils ne me connaissaient pas non plus, donc pouvoir un peu échanger avec eux, c’est vraiment chouette ! On a eu aussi des rendez-vous téléphoniques avec les parents qui le souhaitaient et là encore ça m’a vraiment fait plaisir d’entendre les élèves (qui étaient un peu timides au téléphone ^^) et de parler de vive voix avec les parents ! Je trouve ça vraiment chouette de constater l’investissement des parents qui m’ont dit avoir peur de mal s’y prendre, ou qui s’excusent de ne pas avoir envoyé les activités de leur enfant le jour précisé, alors que franchement, on sait bien que chacun s’organise comme il peut, et on est vraiment pas à un jour près !

Je ne sais pas du tout ce qui va advenir des prochaines semaines, là on est en vacances d’avril et j’espère qu’on va pouvoir reprendre en mai, car les parents sont inquiets de voir leurs enfants prendre du retard. Nous-mêmes en tant qu’enseignants, on a du mal à voir comment on va pouvoir rattraper ces semaines de confinement, car continuité pédagogique ou non, qu’on se le dise, l’école à l’école c’est quand même bien mieux ! Il y a beaucoup de rumeurs qui circulent dans le corps enseignants, par exemple qu’on ne reprendra qu’en septembre (pitié faite que ça ne soit pas le cas ! ) Évidemment on continuera à s’adapter, même si on doit garder le établissements fermés jusque là, par mesure de sécurité, mais la question se pose toujours pour les quelques familles avec qui on a du mal à garder contact

Les blagues sexistes sur le confinement ne sont pas drôles !

Bonjour ! 

Il y a encore quelques heures, je me faisais la réflexion que je n’avais pas écrit d’article à propos d’un sujet sexiste depuis bien longtemps… Heureusement facebook s’est chargé de me rappeler que le sexisme ordinaire n’avait pas encore été infecté par le covid-19 et qu’il vivait pleinement sa vie ! 

Ma petite vidéo si vous n’avez pas envie de lire l’article mais que vous préférez écouter :p

L’épidémie et le confinement sont actuellement des prétextes pour faire toutes sortes de blagues. Il s’agit bien d’une des rares choses que je trouve chouette sur les réseaux sociaux en ce moment : les petites blagues qui font rire, qui détendent l’atmosphère assez pesante du moment. Cependant, autant certaines plaisanteries sont drôles et bien pensées : par exemple j’apprécie particulièrement celles concernant des parents désespérés de garder leurs enfants H24 (ça faire ressortir mon côté sadique d’enseignante), autant d’autres ne sont pas drôles elles sont juste sexistes. 

Donc je me baladais à minuit sur ce merveilleux réseaux social qu’est facebook (on dit partout qu’il ne faut pas traîner sur les réseaux avant d’aller se coucher et c’est vrai, on risquerait de tomber sur une publication énervante et frôler l’insomnie). Je regardais les dernières publications un peu rigolotes, jusqu’à ce que je tombe sur celle-ci ! 

La première chose que j’ai pensé c’est : ce n’est pas drôle, c’est sexiste ! 

Pour commencer nous allons expliquer la soit disant blague : elle repose sur le principe que les femmes (ou les filles, si vous préférez un terme plus infantilisant) n’ayant plus accès aux services esthétiques du fait de leur fermeture pendant le confinement, vont voir leur apparence physique changer, et évidemment celui-ci ne sera pas à leur avantage : grosses racines car plus d’entretien chez le coiffeur, mono sourcil et moustache car plus d’épilation, vernis permanent non entretenu et les faux cils qui se cassent la gueule. 

Pourquoi est-ce que cette blague est sexiste (et accessoirement m’exaspère) :

Parce qu’elle s’attaque au physique des femmes, puisqu’elle repose sur l’idée que les femmes auront une apparence “négligée” sans toutes ces pseudo obligations esthétiques qui n’auront pas été suivies pendant plusieurs mois.

La blague part du principe que les diktats de beauté qui sont imposés aux femmes sont normaux et ne doivent pas être remis en question: si on ne les respecte pas, on n’est pas une vraie femme, et on est loin d’être une femme attirante. Et c’est là qu’il y a un problème. Aucune femme n’est obligée d’aller chez le coiffeur, ni même d’aller chez l’esthéticienne ou chez la manucure, aucune femme n’est obligée de se maquiller, et cela ne la rend pas moins féminine ! Le maquillage n’est pas indissociable de la féminité, les poils poussent aussi sur notre visage, nos ongles n’ont pas besoin d’être vernis et nos racines vont très bien merci !  

Attention, je ne dis pas là qu’il y a un problème  si une femme prend plaisir à se maquiller, à s’épiler, ou à aller chez le coiffeur. Je dis simplement qu’on ne devrait pas se moquer du physique de celles qui ne le font pas, parce qu’en fait on fait ce qu’on veut, quand on le veut avec ou sans confinement et ça ne nous rend pas moins ou plus belles…. Moi par exemple, j’aime bien me maquiller, mais quand j’en ai envie : y a des jours où ça m’amuse, je teste des trucs, et d’autres où je n’en ai pas envie, pour autant, je ne me sens pas moins jolie les jours où je ne suis pas maquillée, ou moins féminine, je suis juste “pas maquillée”, c’est tout ! Et soit dit en passant, je m’en balance totalement du coiffeur, ma pilosité ne concerne que moi et j’en fais ce que je veux ! 

Et même le concept de beauté m’exaspère, pourquoi une femme devrait-elle être toujours attirante ? On vaut plus qu’une apparence ! Je pourrais encore creuser le sujet mais je voudrais parler maintenant des commentaires qui étaient affichés sous cette publication ! 

Alors je n’ai pas pensé à faire un imprim écran des propos tenues, que j’aurai pu anonymer, je suis encore débutante, hein désolée,  donc je fais juste avec ma mémoire et je vais vous raconter ce que j’ai lu. 

Une femme a osé commenter qu’elle ne trouvait pas ça drôle et que c’était sexiste, une seconde femme a confirmé  les propos de la première et j’étais soulagée de voir que je n’étais toute seule à penser ça. Sauf que, ces deux femmes se sont pris une déferlante de commentaires désagréables leur disant qu’elles étaient rabat-joie et qu’il fallait apprendre l’auto-dérision (comme je l’ai expliqué précédemment il n’y a pas d’auto-dérision à avoir étant donné que toutes ces pratiques ne devraient pas constituer une norme féminine) D’ailleurs ça a été très justement argumenté dans les commentaires, une femme a dit  “Pourquoi il faut toujours que ce genre de plaisanterie ne concerne que les femmes?” Parce qu’évidemment on pourrait faire des blagues sur les mecs qui n’iront plus chez le coiffeur ou chez le barbier, ou même sur ceux qui vont arrêter de s’épiler le torse, mais ça n’est pas pareil, parce que dans notre société, un mec à barbe ne va pas être critiqué s’il en porte une, on ne va pas juger la pilosité d’un mec qui laisse ses poils au torse, aux jambes, ou ailleurs ; ou même s’il ne va chez le coiffeur, alors qu’une femme, si ! 

Alors j’ai aussi vu l’argument suivant : “Je suis une femme et je trouve ça drôle, donc ça n’est pas sexiste”. Et moi j’ai eu envie de répondre : tant mieux si ça  t’as fait rire, mais ça n’est pas parce que toi en tant que femme tu trouves que la blague est drôle que celle-ci doit être validée par celles qui se sentent offensées. Et soit dit en passant, les femmes sexistes, ça existe ! Sinon nous serions toutes féministes et tout irait bien dans le meilleure des mondes ! Et à titre personnel, je trouve ça triste qu’il y ait encore des femmes qui ne soient offensées par ce genre de blague…

Bref, j’étais quand même assez contente parce qu’il y avait bien une bonne dizaine de femmes qui confirmaient la dimension sexiste de la publication, et j’ai l’impression qu’on est de plus en plus nombreuses à s’exprimer, comparé à il y a quelques années, où il y en aurait certainement eu moitié moins. Mais je trouve quand même assez triste, que les gens ne se rendent pas compte que c’est important de ne pas laisser passer ce genre de plaisanteries de mauvais goût. Alors là encore on pourrait se poser la question de la censure, qu’il faut savoir rire de tout, mais pour ma part, je n’ai pas envie de rire quand les blagues portent sur des oppressions et des inégalités. 

Ce qui m’amène à la suite : il y a aussi eu beaucoup de commentaires disant, “ça suffit maintenant, il y a plus grave dans la vie que ça, faut arrêter de se vexer pour des conneries alors qu’en ce moment on a dépassé le millier de morts à cause de l’épidémie.” Alors ces personnes là qui n’ont pas été originales car elles étaient plusieurs à dire la même chose,j’ai envie de dire que je ne vois pas le rapport avec le fait que la blague soit sexiste. Et ça n’est pas parce qu’on combat actuellement une épidémie qui est grave et urgente, qu’on doit laisser tomber tous les autres combats. Je ne vais pas arrêter d’être féministe parce qu’il y a une épidémie. Et c’est avec ce genre de raisonnement qu’on prend le risque de perdre nos droits : car c’est comme ça qu’on peut se retrouver à remettre en question par exemple notre droit à l’avortement, notre droit à l’accès aux produits de nécessité telles que les protections hygiéniques, ou notre accès à la protection en cas de violences conjugales! Et d’ailleurs ces droits, je ne les ai pas choisis au hasard car on en a parlé très vite dès le début du confinement du fait qu’ils étaient potentiellement fragilisés cette situation exceptionnelle. (Je vous mettrais plusieurs liens en barre d’information de la vidéo qui en parlent bien mieux que moi). 

Voilà, je vais m’arrêter là, comme je l’ai dit plusieurs fois, il y a plein de choses qu’on pourrait détailler, j’ai fait le choix de ne le faire, mais n’hésitez pas à partager votre opinion dans les commentaires (avec bienveillance et cordialité bien évidemment !) 

A très bientôt !

Écologie, la prise de conscience #04 : bilan de mars


Bonjour ! C’est le moment de faire le bilan d’écolo du mois de mars et on est loin d’avoir atteint nos objectifs, il se pourrait même qu’on ait quelque peu régressé…

Niveau déchet :

On a fait cinq poubelles et demi pour ce mois (je rappelle que je ne compte que les déchets qui ne sont pas recyclables ou compostables). Donc je suis très déçue car c’est moins bien que les deux mois précédents, mais il y a plusieurs circonstances qui expliquent le pourquoi du comment. 

Au début du mois, c’était mon anniversaire et le chéri m’a organisé une petite fête (j’en parle justement dans cette vidéo :p)  Et c’est donc aussi lui qui s’est occupé des courses, j’ai reçu des cadeaux d’anniversaires (qui m’ont fait très plaisir) et tout ça, ça fait quand même bien plus de déchets que d’habitude. J’ai pourtant récupéré tout ce qui pourrait être réutilisé (comme les emballages de papier cadeau) mais il y a quand même des choses que j’ai dû jeter, notamment beaucoup d’emballages de produits qu’habituellement j’évite d’acheter, ou que je prends en vrac. Attention, je tiens à insister sur le fait que je ne me plains en aucun cas de la situation très franchement, j’étais gâtée, j’adore les cadeaux, et tant pis s’il y a des choses à jeter parmi les emballages, il s’agissait d’un événement exceptionnel dans l’année et ça n’est selon moi pas la fin du monde si exceptionnellement il y a plus de déchets que d’habitude (on est humain, on ne peut pas tout le temps être parfait). Mais j’estime aussi qu’il est nécessaire de souligner dans quels domaines on peut s’améliorer.

Et pour continuer dans les imperfections, j’ai moi-même été contraintes de faire bien plus souvent d’achats de produits emballées qu’habituellement j’achète en vrac dans des magasins bio. Cela s’explique tout simplement par le fait qu’avec le confinement, je limite mes allers et retours et j’achète ce que je trouve à l’endroit où je le trouve. Pour être plus précise, lorsque je vais faire les courses, je me débrouille pour que ça soit dans le supermarché où le chéri travaille, pour lui permettre de rentrer en même temps que moi et lui éviter les transports qui sont quand même plus à risque que la voiture. Et par conséquent, j’achète tous les produits dans le supermarché : ils ne font malheureusement pas de vrac, la majorité des légumes et fruits bio sont vendus emballés, donc je prends quand même… Et puis, sans jouer la paranoïaque, j’admets que ça m’arrange bien de prendre emballé en ce moment car je n’aime pas l’idée que je ne sais qui à pu tripoter les fruits avant moi. Donc voilà, je ne suis pas super fière, je n’essaye de me chercher d’excuses (même si un peu quand même ahah) et je tâche tout de même de me rappeler que ce n’est qu’un petit pas en arrière car de toutes façons certaines habitudes sont acquises : par exemple, plus d’éponge jetable à la maison, pas de rachat de produits ménagers “cracra”, on continue d’acheter majoritairement bio… 

Le gaspillage alimentaire

Pour ce qui est des aliments gâchés, cette fois on peut dire que le confinement n’a pas que du mauvais car : qui dit moins de déplacements, dit aussi faire preuve d’une meilleure organisation pour éviter de jeter des aliments qu’on n’ira pas racheter avant plusieurs jours… Alors ça n’est pas non plus la grande folie, on est juste passé de 23 aliments jetés en février à 18 en mars. Mais comme j’aime le répéter : c’est toujours mieux que rien (même si dans le contexte, le rien serait toujours mieux !) Et là encore, loin de moi le désir d’accuser le chéri, (mais je vais le faire quand même) mais il y a plusieurs aliments qui n’ont pas été consommés à temps et c’était de sa responsabilité ! Par exemple, je ne consomme pas de lait de vache, et lui il en consomme un tout petit peu… Très souvent il ouvre une bouteille pour faire une omelette puis la laisse dans le frigo plusieurs semaines sans y toucher. Et moi, je n’ai pas nécessairement le réflexe d’utiliser la bouteille ouverte pour faire des gâteaux ou des cakes et éviter le gâchis… Alors après moi-même j’ai ma part de responsabilité, car j’ai tendance à faire la même chose avec la crème de soja : je l’ouvre, et ensuite je l’oublie dans le frigo. Et c’est tellement dommage… 

Les objectifs

Pour les objectifs que j’avais définis pour mars (voir l’article en question) : et bien, je pense que j’ai vu un peu trop grand. Je n’en ai entamé qu’un seul sur les quatre, à savoir, préparer notre potager : ça n’est que le début, donc on va le continuer pendant tout le mois d’avril et on est super contents de ce qu’on a commencé ! Pour le moment, nous avions gardé sous le coude des pommes de terres qui avaient germés (oups, l’oubli des patates au fond d’un placard…) et nous les avons plantées, le week-end dernier, nous avons aussi planté des oignons et des pieds de framboisiers (provenant du jardin de mes parents). On espère que la récolte sera fructueuse !

A propos des autres objectifs, j’hésite énormément à les reformuler pour le mois d’avril, car toujours pour les mêmes raisons (il a bon dos le confinement) je ne suis pas certaine de pouvoir tout appliquer : par exemple, je ne vois pas comment revoir la recette de mon produit vaisselle si je n’ai pas accès aux produits dont j’ai besoin pour le confectionner. Pareil pour les coton-tiges (en même temps, avec le confinement, se laver est-il vraiment une nécessité ? Mais je plaisante bien sûr, roh ou pas…) 

Je crois que je vais seulement réitérer l’objectif ‘conservation des légumes’ car on a quand même eu quelques pertes un peu bêtes ce mois-ci et je pense que ce problème pourrait être réglé facilement si on décide vraiment d’y accorder du temps ! 

Voilà, j’espère que cet article vous a plus, n’hésitez pas à partager vos victoires, vos astuces et vos conseils en matières d’écologie ! A bientôt !



Lettre à mon utérus

Avant de commencer : oui c’est bizarre d’écrire à un organe de son corps. Et non, ça n’aura pas de sens pour tout le monde. On a tous des reproches à faire à son corps, comme s’il était responsable de notre mal être. Pour moi, ma relation avec celui-ci a toujours été très compliquée et laborieuse. Elle l’est d’autant plus, depuis qu’on n’arrive pas à faire un enfant. J’ai pendant des mois ressenti énormément de colère, j’ai aussi été très triste, et je suis arrivé à un stade où je suis lassée d’en vouloir à la terre entière. J’ai du temps devant moi, avant de commencer le processus de procréation médicalement assistée, et ainsi assez de temps pour faire la paix.

Cher utérus, 

Cela faisait des années que j’étais en colère contre toi, et bien un an que je te détestais : j’ai passé des mois à ressasser les mêmes questions et les mêmes reproches à ton égard. Pourquoi est-ce que tu me fais mal ? Pourquoi me causes-tu autant de soucis ? Pourquoi est-tu toujours au cœur de mes contrariétés ? Que t’ai-je donc fait pour que tu ne m’offres pas le bonheur de porter un bébé ?  

J’ai attendu longtemps avant de t’écrire cette lettre et encore maintenant j’ai peur de ne pas t’avoir totalement pardonné.

Mais pardonné quoi ? Est-ce bien à toi de te sentir coupable ? Qu’ai-je fait si ce n’est éprouver de la honte et du mépris pour toi ? T’ai-je simplement un jour remercier d’exister ? 

Il est donc certainement temps, de faire table de rase du passé, de vivre le présent et de regarder l’avenir. 

D’abord, je souhaiterais m’excuser auprès de toi, d’avoir été en colère, alors que tu n’y es pour rien. Je m’en veux de me rendre compte seulement maintenant que tu es mon allié dans cette quête, et non pas un ennemi. Je m’en veux de t’avoir rendu coupable de tes petites imperfections. Je suis désolée de ne pas t’avoir écouter lorsque tu essayais de me parler, de ne pas avoir compris que la douleur que tu me transmettais, constituait un message que je refusais de décrypter. 

Je voudrais également te remercier : parce que tu es là, que tu es fonctionnel, et que ce ne sont pas tes défauts qui pourraient contredire tout cela. Tu es fort, tu supportes tout, et tu ne cèdes pas devant l’adversité. 

Enfin, j’aimerais te transmettre un message d’avenir et d’espoir : je sais qu’avec toi à mes côtés nous pouvons tout accomplir, même dans l’adversité. Je sais que je peux compter sur toi, et je te promets que je ne te renierai plus jamais, je prendrais soin de toi et je serais attentive à tes appels. Je ne te rejetterai plus lorsque nous ferons face à un échec car je sais que tu n’y es pour rien. Tu essayes autant que moi d’être à la hauteur de tes fonctions et je sais que tu es prêt à les remplir aussi bien qu’il en est possible pour toi. 

Je t’aime.