#04 Quête de l’écriture : Challenge camp nanowrimo d’avril – Semaine 1

Bonjour !

Petit point sur cette première semaine nanowrimo : j’étais censée enregistrer des podcasts tous les jours pour rendre compte de mon état d’esprit et mon avancée et j’ai… complètement oublié !

Donc voici un petit article résumé de ma semaine, en ce qui concerne le challenge camp nanowrimo :

Je rappelle que mon objectif à la fin du mois est d’atteindre les 20 000 mots, je dois donc faire environ 667 mots par jours pour réussir le challenge. Les quatre premiers jours se sont super bien passés : j’ai systématiquement rédigé le nombre de mots requis et ça n’a pas du tout été difficile pour moi. Les mots me venaient naturellement et ça a boosté ma motivation car chaque jour je me sentais encore plus capable.

Un petit détail qui m’a légèrement contrariée : dans le camp nanowrimo il n’y a pas de compteur de mots directement intégré au site comme dans le nanowrimo de Novembre. Je pense que c’est dû au fait qu’on peut changer la nature de son objectif : ligne, temps, mots etc. Et j’ai donc du chercher un compter de mots sur internet (lien du site) car je n’en avais pas non plus sur mon logiciel de traitement de texte (ou alors je ne l’ai pas trouvé).

Vendredi les choses se sont un peu compliquée car je suis revenue du travail en me sentant un peu malade, mon état a évolué en nausée et en migraine. De plus, j’ai fait l’erreur de me poser devant la télévison plutôt que d’écrire directement. En définitif, je me suis retrouvée avec un état de fatigue et un mal de tête tellement important que je suis allée me coucher super tôt et sans écrire…

Le lendemain, j’ai relativisé : je me suis dit que j’avais toute la journée pour écrire, sauf que… certains événements imprévus ont survenus je n’ai pas pu écrire non plus (comme quoi, il faut vraiment écrire dès qu’on en a l’occasion plutôt que de laisser traîner car on ne sait pas de quoi son avenir est fait!)

Pour rattraper mon retard, il aurait fallu que Dimanche je réussisse à écrire au moins 2000 mots. Mais je n’en ai fait que 200 de plus, et c’est tout de même pas mal. Mais ça signifie que je vais devoir écrire plus que l’objectif quotidien de base, d’ici les prochains jours si je veux rattraper entièrement mon retard. Et surtout je dois impérativement écrire tous les jours.

Et déjà, je me rends compte que je n’ai pas choisi un challenge si facile que ça, car les journées sont assez courtes et pour maintenir le rythme ça nécessite vraiment que je prenne le temps de me poser pour écrire en rentrant du travail, et ce n’est pas toujours possible. Par exemple, mardi prochain, j’enchaîne avec un rendez-vous personnel jusqu’à au moins 19h00. Le temps de rentrer chez moi il sera sûrement 20H, il faudra manger, préparer la journée du lendemain… Je ne sais vraiment pas si j’aurais le temps en plus d’écrire.

S’ajoute à ça le fait que j’espère garder ma fréquence de publication d’article (une fois par semaine) et que je n’ai pas d’articles en stock dans le cas où je n’ai pas la tête à rédiger. J’ai pas mal réfléchi à la question et tant que je ne serai pas en vacances scolaires, je ne publierai que des articles quête de l’écriture car je n’aurai pas le temps de réfléchir à d’autres sujet pour le blog. Dans deux semaines, j’aurai plus de temps libre, donc j’en profiterai pour reprendre des sujets féministes ou culturels, pour de changer un peu.

Bref, donc cette première semaine n’était pas entièrement satisfaisante mais je suis tout de même assez contente d’avoir autant avancé. Je vous dis à la semaine prochaine pour parler de la suite du challenge nanowrimo !

#03 Quête de l’écriture : Les aventures sexistes de Lily et Nanowrimo challenge

Bonjour,

La mini-série Les aventures sexistes de Lily s’est achevée la semaine dernière et j’en profite pour rédiger un article « quête de l’écriture » et faire un point sur mon avancée dans ce domaine ces derniers mois : mes réussites, mes difficultés, les exercices que j’ai mis en place et ceux qui ont été bénéfiques pour moi.

En Novembre, j’ai participé au challenge Nanowrimo : cela consistait à écrire en l’espace de 31 jours (donc pendant tout le mois de novembre) au moins 50 000 mots. Ce challenge a pour objectif de booster les écrivains à finir le plus vite possible leur roman (même si on peut officieusement faire autre chose qu’un roman) en privilégiant la quantité plutôt que la qualité. C’est une technique plutôt pratique et intéressante du fait que ça peut permettre de braver le syndrome de la page blanche et d’oser se sortir les doigts du c..

Je me suis préparée au challenge seulement trois jours avant, j’ai juste eu le temps d’écrire les différents sujets que je souhaitais aborder dans mon projet d’écriture et le format que j’allais utiliser et c’était parti ! J’ai commencé donc à rédigé une sorte de mini-série qui abordait différent thèmes sur le sexisme ordinaire en m’inspirant d’expériences vécues ou qu’on m’avait racontées. J’ai écrit presque tous les jours (sauf la dernière semaine de Novembre, par manque de motivation… ) mais je n’ai évidemment pas atteint mon objectif des 50 000 mots. J’ai réussi à en faire un peu moins de 10 000 et c’était un peu normal que je ne fasse pas mieux. En effet, j’étais passée d’une période où je n’écrivais quasiment plus, ou très peu à une période où je devais rédiger au moins 1600 mots si je voulais garder un rythme d’écriture qui me permette d’atteindre mon but.

A la fin du mois, j’ai donc constaté que j’avais une quinzaine de chapitres sur mon sujet, et j’ai relativisé : certes je n’avais pas atteint les 50 000 mots, mais j’avais tout de même assez de matière pour mettre en place quelque chose sur le blog. J’ai donc relu les articles, préparé les photos pour les illustrer et j’ai commencé à publier en Janvier les premiers chapitres de la mini-série Les aventures sexistes de Lily. J’en profite pour expliquer le titre : je cherchais quelque chose d’un peu niais et ironique. Je me suis inspirée des noms d’histoires ou de dessins animés pour enfants comme Les aventures de Tintin. J’ai trouvé ça ironique car toutes les choses que le personnage principal de ma série subit sont loin d’être des aventures. Mais en même temps, pour vivre et s’épanouir dans une société patriarcale il faut être une aventurière, pousser des coudes et s’imposer.

J’ai donc commencé à poster mes chapitres à hauteur d’une publication par semaine et cela m’a permis de reprendre de manière beaucoup plus intense. J’ai obtenu une fréquence de publication stable pendant plusieurs mois d’affilé : c’était beaucoup moins stressant que de chercher systématiquement le prochain article que je souhaitais rédiger et si j’allais trouver un sujet intéressant. Ça m’a permis de prendre confiance en moi en ce qui concerne la gestion du blog et de réaliser que j’étais capable d’être régulière et de lui donner vraiment vie.

Ne pas avoir à me soucier de mes articles m’a aussi laissé du temps pour écrire plus sans me sentir limitée par le temps et sans me sentir obliger de produire quelque chose d’utile pour le blog. J’ai donc pris une nouvelle habitude et cela fait donc deux que j’écris tous les jours (ou presque, j’ai raté une journée à cause d’une grippe qui m’a décalquée). Je suis super fière de moi même si souvent j’écris mon flot de pensée (un concept dont j’avais déjà parlé dans un podcast sur l’écriture et que j’avais découvert par la podcasteuse, youtubeuse et coach de vie Esther Taillifet). D’autres fois, j’ai rédigé pour le blog ou pour d’autres projets. En ce qui concerne le temps que j’y consacrais, il pouvait s’agir de cinq ou dix, mais parfois il m’est arrivé d’écrire pendant plus d’une heure donc on peut dire que j’ai vaincu le syndrome de la page blanche même si je dois encore faire face au syndrome de l’imposteur (qui sont finalement tous les deux intimement liés).

Il est désormais temps d’évoquer mes projets présents : je vais maintenir mes habitudes d’écriture quotidiennes en les intensifiant un peu. En effet, le camp Nanowrimo commence ce jour et j’y participe. Le principe est très similaire au Nanowrimo sauf qu’il est plus adapté aux besoins spécifiques de l’écrivain : on peut choisir le nombre de mots qu’on veut atteindre, ou même le nombre de lignes ou de temps qu’on veut y consacrer dans le mois. Il y a aussi un système de Cabins qui permet de se motiver en groupe (si j’ai bien compris car l’anglais n’est pas mon fort).

Pour ma part, je veux atteindre les 20 000 mots à la fin du mois d’avril et mon projet n’a rien à voir avec le blog, donc je devrais aussi prévoir de rédiger des articles en parallèle. Pour être sûre de maintenir ma motivation, écrire sera la première chose que je ferai dans mon temps libre (donc dès que je rentrerai du travail) et pour garder un rythme régulier je devrais produire 667 mots tous les jours.

Je ferai un bref débriefing à chaque fois en podcast que je publierai toutes les semaines pour vous tenir informés en cas de difficultés, pour donner des astuces si j’en ai.

Voilà je pense que j’en ai fini pour cet article. A très vite !

Les aventures sexistes de Lily – 12# Lily 20 ans plus tard ?

Je vous présente la mini-série “Les aventures sexistes de Lily” qui regroupe divers témoignages scénarisés portant sur le sexisme ordinaire. Par soucis d’anonymat, les récits mettront en scène le personnage de Lily, une jeune femme dans la vingtaine. Lily est donc un personnage fictif mais les expériences qu’elle vit sont très loin de l’être et constituent le recueil de nombreux témoignages d’amis, de collègues, de connaissances, et de quelques expériences personnelles.  Le but de ce projet est de sensibiliser les lectrices et lecteurs au sexisme omniprésent dans la vie des femmes, en espérant que celui-ci ne soit plus ignoré ou justifié. Cette semaine, voici le douzième chapitre : Lily 20 ans plus tard ? Bonne et heureuse lecture !

Vous pouvez trouver le dernier article ici !

Afin de clôturer cette mini-série en beauté, nous pourrions peut-être imaginer le personnage de Lily dans 20 ans ?

J’ai 45 ans, j’ai deux filles à peine majeur, et un fils encore adolescent. J’ai tenté durant leur enfance de leur apporter la meilleure éducation possible et de leur transmettre des valeurs qui me sont chères.

Nous sommes tous à table en train de manger, mon compagnon, mes filles et mon fils. Je lance un sujet de discussion : « J’ai lu dans un article que les animaux femelles avaient tendance à nourrir en plus grande quantité leur petits de sexe masculin que leur petits de sexe féminin. Elles le font par instinct de survie : les mâles sont plus robustes que les femelles et ont donc plus de chance de survivre et de procréer. Et une psychologue disait qu’inconsciemment, nous les mères ont avaient tendance à faire ça aussi avec nos propres enfants. C’est curieux car je ne pense pas être comme ça avec vous… »

Mes deux filles se regardent et sourient : « Bah, bien sur que si Maman tu as tendance à plus nourrir le frangin que nous… »

Je rétorque : « Non je vous nourris à part égale. »

« Peut-être mais tu as quand même souvent tendance à nous dire à nous de faire attention, tandis que tu laisseras Paul se resservir plusieurs fois. »

« Mais c’est normal, il est en pleine croissance ! »

Mon aînée s’esclaffe : « Mais nous aussi, on a été pré-adolescentes et en pleine croissance et pourtant tu n’avais pas du tout cette logique et tu commençais déjà à nous avertir qu’on risquait de prendre du poids si on mangeait trop. Regarde Paul : il a fini le reste de paella, il se prend deux desserts et ça ne pose problème à personne. Si jamais il y a des restes et qu’on doit choisir qui les finit, ça sera souvent lui qui sera servi »

Je suis un un peu vexée,et il faut me comprendre : mes filles ont quand même fortement sous-entendu que je les traitais de manière inégale et que je privilégiais mon fils plutôt que mes propres filles.

Une de mes filles se rend compte du malaise et vient me réconforter : « Ne t’en fais pas, on ne te reproche rien : comme tu l’as dit c’est dans la nature animale de procéder de manière à avantager un maximum les plus forts car ils ont une probabilité plus importante de vivre. Aujourd’hui, nous avons des moyens, une avancée technologique et scientifique qui nous permet d’avoir sensiblement la même égalité de chance de vivre, de grandir et de nous développer que nous soyons des femmes ou des hommes. Le sexe n’entre plus en ligne de compte et tant mieux. Mais l’instinct animal peut parfois prendre le dessus et ça n’est pas une fatalité. Le plus important c’est d’admettre ses tords quand on les réalise et de rester vigilant quant à de possibles comportements inconsciemment sexistes »

C’est désormais la blogueuse de 27 ans qui intervient :

Est-ce que plus tard je serai une mère qui nourrira plus ses fils que ses filles ? Est-ce que j’aurai une attitude parfois sexiste avec mes enfants et que je leur donnerai sans le vouloir une éducation genrée ? Peut-être que oui, je ferais sûrement des erreurs d’autant que je dois moi-même apprendre à déconstruire de nombreux clichés sexistes et que certains sont très tenaces. Le but n’est pas de se culpabiliser constamment mais de toujours se remettre en question pour offrir à nos enfants les meilleures chances de s’épanouir dans notre monde.

Les aventures sexistes de Lily – 11# La nympho

Je vous présente la mini-série “Les aventures sexistes de Lily” qui regroupe divers témoignages scénarisés portant sur le sexisme ordinaire. Par soucis d’anonymat, les récits mettront en scène le personnage de Lily, une jeune femme dans la vingtaine. Lily est donc un personnage fictif mais les expériences qu’elle vit sont très loin de l’être et constituent le recueil de nombreux témoignages d’amis, de collègues, de connaissances, et de quelques expériences personnelles.  Le but de ce projet est de sensibiliser les lectrices et lecteurs au sexisme omniprésent dans la vie des femmes, en espérant que celui-ci ne soit plus ignoré ou justifié. Cette semaine, voici le onzième chapitre : la nympho. Bonne et heureuse lecture !

(Et si vous n’avez pas lu le dernier chapitre, cliquez ici !)

Je fréquente un nouveau garçon, il est gentil et il a l’air très attentionné et nous entamons une relation un peu plus intime. On passe plusieurs semaines ensemble mais très rapidement je m’ennuie sur le plan sexuel. Il est peu entreprenant, j’ai le sentiment d’être la seule à le solliciter pour une relation sexuelle et souvent je le sens très réticent à faire l’amour. Je me rends compte qu’il n’en a absolument jamais envie.

Un jour, alors que je tente une énième approche, il me repousse à nouveau, se met en colère et me traite de nymphomane. Il me dit que j’ai un vrai problème avec le sexe et que je ne devrais pas en avoir autant envie.

Je suis très tentée de lui faire remarquer que c’est plutôt lui qui a un problème. Je me retiens de toutes remarques blessantes car je suis bien consciente que ni l’un ni l’autre ne sommes fautifs face à cette situation et que nous n’avons simplement pas la même libido. Mais je suis très vexée de l’entendre me reprocher mes envies. Je n’y suis pourtant pour rien si ma libido est largement supérieure à la sienne. Il rejette la responsabilité sur moi en sous-entendant que j’ai quelque chose d’anormal, alors qu’il pourrait aussi se remettre en question quant à .son manque de désir flagrant !

Je discute avec des amies et je réalise que nous sommes nombreuses à avoir des envies plus importantes que celles de nos partenaires masculins et que souvent ceux-ci se justifient en nous accusant d’être anormales, obsédées ou nymphomanes.

On a trop longtemps pensé que le plaisir de la femme dans la relation sexuelle était secondaire tout comme ses envies. On imagine ainsi que c’est l’homme qui initie les rapports et que la femme se contente de les accepter. Il semble inenvisageable pour certains hommes que les femmes aient plus envie de sexe qu’eux. Autrement, c’est qu’elles ont un problème psychiatrique justifiant un excès de libido : c’est une accusation blessante et humiliante.

Les garçons n’ont donc pas le monopole du sexe, il n’y a rien d’humiliant à avoir moins de désir que sa partenaire féminine et il est inutile et très mesquin de rejeter la faute sur elle et de la faire culpabiliser.

Les aventure sexistes de Lily – 10# Paternamédicalisme ou Médicapaternalisme ?

Je vous présente la mini-série “Les aventures sexistes de Lily” qui regroupe divers témoignages scénarisés portant sur le sexisme ordinaire. Par soucis d’anonymat, les récits mettront en scène le personnage de Lily, une jeune femme dans la vingtaine. Lily est donc un personnage fictif mais les expériences qu’elle vit sont très loin de l’être et constituent le recueil de nombreux témoignages d’amis, de collègues, de connaissances, et de quelques expériences personnelles.  Le but de ce projet est de sensibiliser les lectrices et lecteurs au sexisme omniprésent dans la vie des femmes, en espérant que celui-ci ne soit plus ignoré ou justifié. Cette semaine, voici le dixième chapitre : Paternamédicalisme ou Médicapaternalisme ? Bonne lecture !

Je ne prends plus la pilule car les effets secondaires sur la dernière en date ont été dévastateurs. J’ai aussi testé le stérilet, mais celui-ci a causé d’énormes douleurs et des règles hémorragiques. Je décide de ne plus utiliser d’autres moyens de contraception que les préservatifs avec le garçon que je fréquente.

Je ne saurais expliquer ce qu’il s’est passé, je suppose qu’il y a eu un accident de capote et qu’elle s’est déchirée, mais je comprends après un retard de règles de plusieurs jours que je suis enceinte.

Très angoissée, j’en parle à mes parents qui sont heureusement là pour me soutenir et on prend rapidement rendez-vous dans la clinique d’un gynécologue qu’on nous a conseillé et qui pratique l’avortement.

Tout se passe très bien, le médecin est très gentil et rassurant, le personnel soignant également. J’aurai la méthode d’avortement par aspiration, je vais donc être mise sous anesthésie générale. Au réveil, on m’explique que l’intervention s’est bien déroulée, et que je pourrais rentrée chez moi après une nuit d’hospitalisation.

Le lendemain matin, le gynécologue me présente mon ordonnance pour les soins post-opératoires. Je suis très surprise de voir qu’une pilule est prescrite. Je lui explique je ne souhaite pas la reprendre du fait des mes antécédents d’effets secondaires. Il me répond que c’est obligatoire, après un avortement, pour ma santé de prendre la pilule.

En sortant de la clinique, j’appelle mon médecin de famille en qui j’ai confiance et je lui répète les paroles du gynécologue. Mon médecin traitant me répond que c’est complètement faux, qu’il n’y a aucune raison de santé qui justifierait que je suive un traitement hormonal et que si je le désire, je n’ai pas à le prendre.

Je comprends alors que ce gynécologue m’a prise pour une idiote et a cru bon de m’imposer une contraception en essayant de me duper.

Une femme est libre de son corps, elle est aussi intelligente qu’un homme et elle peut donc choisir de prendre la contraception de son choix et personne n’a à juger ses décisions. La pilule est loin d’être la plus efficace, d’autant qu’elle nécessite une rigueur dans la prise qui ne coïncide pas forcément avec le rythme de vie de toutes les femmes. Et il est pourtant certain qu’il s’agit du moyen de contraception ayant le plus d’effets secondaires. Il faut donc arrêter de vouloir l’imposer de manière systématique comme le remède à tout ! (Cf le précédent article : vous reprendriez bien un peu d’hormones ? )

On voit ici très bien ce qui a du se passer dans la tête de ce médecin : il a cru cerner une patiente assez jeune, bien que majeure et très informée sur sa santé. Il l’a jugée comme étant inconsciente et immature et il a donc estimé pouvoir lui imposer contre son gré la pilule, « pour qu’elle ne se ramène pas 5 mois plus tard pour avorter à nouveau ». Pour commencer, s’il avait pris le temps de réellement discuter avec cette femme, et de lui donner un avis médicale (même si très subjectif et paternaliste), il aurait pu aussi entendre la réponse de sa patiente lui expliquant pourquoi elle ne voulait pas reprendre la pilule et aussi quels étaient les moyens de contraception qu’elle allait utiliser.

Petit aparté sur l’avortement :

L’avortement n’est certes pas un moyen de contraception, mais il faut arrêter de crier à l’abus à chaque fois qu’une femme décide d’y avoir recours : c’est un droit et une liberté qui ne devrait même pas être remis en question ! Pas besoin d’avoir été violée ou d’être mineur pour se sentir légitime d’avorter : un accident peut arriver à n’importe qui et on n’a pas à se justifier ni à se sentir coupable.

Être active(-f) le 8 mars


Nous sommes le 8 mars et c’est la journée internationale pour les droits des femmes.

Pour expliquer brièvement les origines de cette journée, elle a été reconnue officiellement en 1977 (bien que proposée une petite soixantaine d’années avant) par les Nations Unies, et avait pour objectifs à l’époque de promouvoir les droits des femmes, notamment le droit de vote, le droit au travail etc. En France, cette journée n’est pas fériée mais elle le devient de plus en plus dans d’autres pays. Elle est souvent confondue avec une journée de fête. Il ne s’agit pourtant pas d’un Noël pour les femmes ou d’une seconde fête des mères ou Saint-Valentin…

Le 8 mars a une importance capitale car cette date est un prétexte pour ouvrir la discussion et le débat autour des femmes et de leurs droits : on rend ainsi compte des changements positifs et on dénonce les inégalités sexuelles encore trop tenaces dans le monde. Il ne s’agit donc pas que d’un jour historique et symbolique mais bien d’une occasion de penser l’avenir autrement, d’encourager le changement pour améliorer les libertés.

De nombreuses actions sont mises en place à cette occasion, notamment avec l’organisation de conférences importantes et des rassemblements dans de nombreux pays du monde. Bien que les médias transmettent des informations autour de cette journée, il y a encore beaucoup de confusions et il peut être difficile d’oser s’impliquer au cours de cet événement, par manque de connaissances sur le sujet.

Quoi, comment, pourquoi, le 8 mars ?

Si vous cherchez plus d’informations à propos du 8 mars ou si vous souhaitez vous investir durant cette journée, je vous inviterai dans un premier temps à vous rendre sur internet qui regorge de renseignements. Par exemple, le site http://8mars.info renseigne sur les événements phares de cette journée et les actions individuelles possibles.

Mais autrement, comment peut-on s’investir en faveur des droits des femmes ?

On n’est pas obligé d’adhérer à une association féministe ou de manifester dans la rue pour s’engager et soutenir l’égalité homme-femme. On a tous accès à une chose qu’on peut enrichir et partager : c’est notre connaissance. Je vous propose donc quelques actions faciles à appliquer.

Pour commencer, renseignez-vous ! C’est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur notre histoire, à propos des femmes importantes qui ont eu un impact positif sur nos libertés et nos droits, et de mieux comprendre les notions et les concepts féministes, ainsi que les enjeux actuels auxquels nous devons faire face : harcèlement de rue, violence faites aux femmes, sexisme ordinaire…

C’est aussi le moment de partager vos valeurs et vos connaissances en matière de féminisme auprès vos proches. Par exemple vous pouvez expliquer les véritables objectifs de la journée internationales pour les droits des femmes, qui n’est pas « une fête de la femme » et peut-être même définir certaines notions de féminisme. Il faudra parfois s’armer de patience, même si les incompréhensions et les possibles jugements ou moqueries de vos interlocuteurs vous déclenchent des sentiments de frustration très intenses.

Pour vous aider à partager ces valeurs, vous pouvez utiliser plusieurs supports d’informations plus ou moins ludiques qui permettront à vos proches d’avoir accès à différents points de vue et peut-être de déconstruire quelques stéréotypes sexistes.

Quelques supports intéressants :

  • Stop harcèlement de rue : une association qui démarche de manière pacifiste et éducative pour lutter contre le harcèlement sexiste dans les lieux publiques.
  • Madmoizelle.com et Rockiemag des webzines sur les femmes qui ont une forte influence féministe
  • Parlons peu mais parlons une chaîne youtube qui informe sur la sexualité, les relations amoureuses, la santé des femmes de manière décomplexée
  • Pépite sexiste sur twitter qui rend compte des clichés sexistes omniprésents dans les pubs, les médias, les supermarchés etc.
  • Quoi de meuf : un podcast féministe qui aborde des sujets d’actualité et de pop culture

Ensuite, l’éducation est la meilleure arme pour lutter contre le sexisme, donc si vous êtes en contact avec des enfants ou des adolescents, vous pouvez aussi en profiter pour leur transmettre des valeurs d’égalité, leur apprendre et leur faire réaliser qu”historiquement on n’a pas toujours tous été égaux en matière de droit et que cette égalité est encore très fragile voire inexistante dans certains domaines.

Enfin, il faut avoir conscience que cette journée est un prétexte pour soulever les problèmes et pour changer les choses mais qu’elle doit avoir un impact sur l’année entière. Les actions que j’ai présentées ci-dessus sont à la portée de tous et peuvent être appliquées à tout moment de l’année, pas que le 8 mars.

Les aventures sexistes de Lily – 09# Vous reprendriez bien un peu d’hormones ?

Je vous présente la mini-série “Les aventures sexistes de Lily” qui regroupe divers témoignages scénarisés portant sur le sexisme ordinaire. Par soucis d’anonymat, les récits mettront en scène le personnage de Lily, une jeune femme dans la vingtaine. Lily est donc un personnage fictif mais les expériences qu’elle vit sont très loin de l’être et constituent le recueil de nombreux témoignages d’amis, de collègues, de connaissances, et de quelques expériences personnelles.  Le but de ce projet est de sensibiliser les lectrices et lecteurs au sexisme omniprésent dans la vie des femmes, en espérant que celui-ci ne soit plus ignoré ou justifié. Cette semaine, voici le neuvième chapitre : Vous reprendriez bien un peu d’hormones ? Bonne lecture !

Si vous avez manqué le dernier chapitre, cliquez-ici : Éducation à l’égalité

Je prends une nouvelle pilule contraceptive, l’ancienne me causant de grosses migraines. Au bout de trois mois, je me rends compte que ma libido n’est plus aussi importante qu’avant, mais je ne m’en soucie pas. Je déplore tout de même les effets secondaires de la contraception hormonale, mais j’ai l’habitude et cela ne m’empêche pas d’avoir une vie sexuelle épanouie. Les mois passent et je constate que ma libido est de plus en plus faible, mon corps ne réagit plus aux stimulations sexuelles et j’en arrive même à avoir mal. Mon moral aussi est assez bas, je me sens très impuissante face à cette grosse baisse de libido et j’ai peur de ne jamais la retrouver.

Je vais voir une nouvelle gynécologue qu’on m’a conseillée. Je lui présente ma situation et les problèmes de libido. Elle me regarde et me répond de manière très expéditive : « Ah mais ça c’est la pilule. »

Je le sais déjà, et j’espère qu’elle va proposer une éventuelle solution pour régler ce soucis.

Je lui dis, alors qu’elle est en train de taper sur son ordinateur : « C’est très handicapant, je n’arrive plus à avoir de rapports sans que cela soit douloureux »

Elle me lance avec un ton conclusif : « Ah oui, mais cherchez pas, c’est la pilule ».

Je suis très déconcertée, car cette gynécologue semble avoir complètement cerner mon problème, mais elle ne cherche aucune alternative pour y remédier.

C’est finalement moi qui lui demande : « Mais je ne vais pas rester avec cette pilule alors ? J’aimerais l’arrêter, on ne pourrait pas essayer autre chose ? »

« Ah… ben on va changer de pilule, vous allez en essayer une autre, vous verrez si ça s’améliore pour vous et sinon, on changera encore de pilule.»

Après ce rendez-vous, je reste très dubitative : j’échange une contraception hormonale qui a d’énormes effets secondaires sur mon corps contre une autre contraception hormonale du même type. J’achète cette nouvelle pilule et je regarde la liste des effets secondaires : dans les plus fréquents il y a la baisse de libido et les sécheresses vaginales. Je risque donc d’être confrontée à la même problématique qu’avec l’ancienne pilule. J’ai l’impression que ce rendez-vous n’a servi à rien et qu’on n’a pas pris ma situation au sérieux.

La contraception est encore une préoccupation majoritairement féminine et la plupart des contraceptifs sont destinés aux femmes (hormis le préservatif masculin) . Parmi eux, les contraceptifs hormonaux comme la pilule qui a des effets secondaires très importants et souvent fréquents : prise de poids, acné, perte de libido, sécheresse vaginale, voire même dépression et autres réjouissances. C’est un fardeau de subir tous ça alors qu’on n’est même pas malade. La contraception devrait être partagée avec l’homme et pas exclusivement réservé à la femme.

Quand on va voir un médecin, c’est pour comprendre les causes de nos symptômes et améliorer notre santé et notre bien être. Mais lorsqu’on est une femme, on n’est pas égale en matière de santé, non plus, par rapport aux hommes. Les recherches médicales et pharmaceutiques notamment en ce qui concerne la contraception défavorisent les femmes au profit du confort des hommes.

Il serait peut-être temps de changer ça ?

Les aventures sexistes de Lily – 08# Éducation à l’égalité

Je vous présente la mini-série “Les aventures sexistes de Lily” qui regroupe divers témoignages scénarisés portant sur le sexisme ordinaire. Par soucis d’anonymat, les récits mettront en scène le personnage de Lily, une jeune femme dans la vingtaine. Lily est donc un personnage fictif mais les expériences qu’elle vit sont très loin de l’être et constituent le recueil de nombreux témoignages d’amis, de collègues, de connaissances, et de quelques expériences personnelles.  Le but de ce projet est de sensibiliser les lectrices et lecteurs au sexisme omniprésent dans la vie des femmes, en espérant que celui-ci ne soit plus ignoré ou justifié. Cette semaine, voici le huitième chapitre : Éducation à l’égalité. Bonne lecture !

Si vous avez manqué le dernier chapitre, cliquez-ici : histoires de poils

Je suis professeur des Écoles auprès d’une classe de CE2. Nous sommes le 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes. En cette occasion, j’ai préparé une fiche explicative à ce sujet qu’on lira en classe. Les élèves semblent très attentifs et intéressés pendant cette activité. Ils posent plein de questions et mettent en évidence les clichés sexistes qu’ils subissent. On fait un peu d’Histoire et j’explique notamment qu’il y a encore quelques années les femmes devaient rester au foyer pour s’occuper de la maison et des enfants et qu’elles n’avaient pas le droit de travailler. Un élève intervient : « Mais Maîtresse, les femmes elles travaillent pas ! Elles restent à la maison, ce sont les hommes qui travaillent ! »

Tout d’abord, je crois à une petite plaisanterie de l’élève. Lorsque je comprends qu’il est sincère, je creuse un peu :  « Ah non, les femmes ont toutes le droit de travailler : la preuve, moi je suis une femme et je travaille.. » Il me répond : « Oui mais quand tu auras des enfants, tu devras arrêter de travailler. C’est comme ça que ça se passe, une maman elle reste à la maison, elle fait la cuisine et nettoie. Et le papa, il va travailler et il ramène l’argent. »

Je lui demande alors :  « C’est comme ça que ça se passe chez toi ? » Il acquiesce. Je continue :  « Alors, oui tu vois chez toi, ta maman a fait ce choix là, de ne pas travailler pour rester à la maison. Mais ce n’est pas une obligation. Une mère peut tout à fait avoir des enfants et continuer à travailler » Il me questionne : « Oui mais qui fera le ménage et préparera à manger ? »

« Les papas aussi peuvent cuisiner et nettoyer, ce n’est pas le rôle unique d’une femme. » Je lui réponds.

Quelques élèves interviennent « Oui moi c’est mon Papa qui fait la vaisselle » « Moi mes deux parents travaillent »

L’élève concerné ne semble pas très convaincu par mes propos. Moi je suis étonnée de constater qu’encore à notre époque des stéréotypes de genres sont déjà très ancrés dans la tête de ces petits.

L’éducation à l’égalité des sexes doit se faire dès l’enfance. Les enfants interprètent et apprennent de nombreuses choses à partir du modèle familial qui leur est présenté. A l’école, on a la possibilité de leur proposer d’autres modèles qui véhiculent d’autres valeurs. Il n’est pas là question de forcer les enfants à intégrer un point de vue pré-construit, mais de leur donner les outils pour réfléchir, prendre du recul et être ouvert d’esprit. Éduquer les élèves à l’égalité des femmes et des hommes, c’est prévenir les comportements sexistes une fois qu’ils seront adultes. Il est primordial de faire usage de cet enseignement à l’école, car à la maison tous les enfants ne sont pas égaux face à l’éducation.

Les aventures sexistes de Lily – #07 histoires de poils

Je vous présente la mini-série “Les aventures sexistes de Lily” qui regroupe divers témoignages scénarisés portant sur le sexisme ordinaire. Par soucis d’anonymat, les récits mettront en scène le personnage de Lily, une jeune femme dans la vingtaine. Lily est donc un personnage fictif mais les expériences qu’elle vit sont très loin de l’être et constituent le recueil de nombreux témoignages d’amis, de collègues, de connaissances, et de quelques expériences personnelles.  Le but de ce projet est de sensibiliser les lectrices et lecteurs au sexisme omniprésent dans la vie des femmes, en espérant que celui-ci ne soit plus ignoré ou justifié. Cette semaine, voici le septième chapitre : histoires de poils. Bonne lecture !

Si vous avez manqué le dernier chapitre, cliquez ici : la capote “égarée”

J’ai onze ans, je commence tout juste à avoir mes premiers signes de puberté. Mes seins ont commencé à pousser et je les trouve horribles : j’ai l’impression de ressembler à une guenon. J’ai quelques poils très fins et clairs qui ont poussé sur mes jambes et trois d’entre eux se battent en duel au niveau de mes aisselles. Je dis à ma mère que je voudrais commencer à m’épiler. Elle me répond qu’elle n’est pas d’accord, que je suis encore trop jeune et que je n’ai pas une pilosité assez importante pour ça.

Je pars en colonie de vacances pendant l’été. On va dans la piscine avec les pré-adolescents de mon âge. Je m’amuse, je saute dans l’eau, je joue et je ne me soucis de rien, lorsque deux camarades féminines s’approchent de moi en rigolant : « Lily tu veux bien lever les bras ? »

« Pourquoi ? » Je leur réponds avec soupçon.

« Juste comme ça, t’inquiète, allez fais-le »

Je me doute de ce qu’il va se passer, mais je lève quand même les bras, gênée.

« Aaaah mais c’est dégueulasse tu as des poils ! On dirait un singe !»

Je baisse les bras. J’ai honte et je me sens responsable de ces moqueries.

J’ai complexée pendant des années à propos de ma pilosité : à toujours craindre lorsque je portais des jupes d’avoir mal épilé quelques centimètres carré de peau et qu’on le remarque. Je n’osais pas lever les bras car j’avais trop peur qu’on voit les traces de rasage et d’irritation au niveau de mes aisselles, je n’osais même pas me montrer en maillot de bain car souvent les culottes étaient trop échancrées et j’avais peur qu’on voit quelque chose dépasser.

Certains partenaires masculins m’ont clairement expliqué que pour eux une femme avait l’obligation de s’épiler et que le moindre poil les dégouttaient.


J’ai des cheveux très volumineux. Durant tout le collège et une bonne partie du lycée, on s’est moqué de moi car j’avais une « touffe » de cheveux sur la tête.

Je suis en première, je prends le bus pour rentrer chez moi. Deux garçons que je ne connais pas s’approchent et commencent à se moquer : « Eh mais t’as une de ces masse de cheveux toi ! Est-ce que tu as aussi une grosse touffe comme ça au niveau de la chatte ? » Ils explosent de rire.

Ce n’est pas la première vanne que j’entends sur ma chevelure, et je sais que ce ne sera pas la dernière. Je suis blasée et j’ai l’impression de toujours devoir me justifier sur mon physique.

J’ai donc aussi subi de nombreuses moqueries à propos de ma chevelure qui ne correspond pas forcément aux standards de beauté attendus. Ils sont très volumineux et ondulés-bouclés. De nombreuses fois, on m’a conseillé de les couper ou de les lisser. On m’a dit que je n’avais pas l’air d’une fille « sérieuse » avec mes cheveux, on m’a même dit que ça me rendait moins belle. On a associé mon refus de me conformer à ces normes à un manque d’hygiène. Pourtant, je les lave régulièrement, et je prends énormément soin d’eux, simplement je ne veux pas les coiffer ou les attacher et je les laisse vivre.


J’ai 26 ans, et j’ai rencontré un homme génial. Il m’aime telle que je suis, il se fiche totalement de ma pilosité et il adore ma tignasse. Épilée ou non peu lui importe et c’est un vrai soulagement de pouvoir me déshabiller sans craindre un regard de travers parce que j’ai oublié de raser mes jambes ou autre. Je ne me rase plus autant qu’avant et surtout, je ne le fais plus par obligation. Lorsque je passe un coup de rasoir, c’est parce que j’en ai envie et ça change tout ! Je me sens bien plus confiante, mais je regrette qu’il ait fallu que je rencontre un homme tolérant pour que j’ose enfin m’assumer et prendre du recul par rapport à mon système pileux.

On ne le répétera jamais assez : une femme n’a pas à se cantonner aux normes de beauté qu’on lui impose. Les poils ne sont pas sales, ils poussent naturellement sur certaines parties du corps, ils ne nous rendent pas moins féminines et il n’y a aucune honte à en avoir.

Les aventures sexistes de Lily – #06 La capote “égarée”

Je vous présente la mini-série “Les aventures sexistes de Lily” qui regroupe divers témoignages scénarisés portant sur le sexisme ordinaire. Par soucis d’anonymat, les récits mettront en scène le personnage de Lily, une jeune femme dans la vingtaine. Lily est donc un personnage fictif mais les expériences qu’elle vit sont très loin de l’être et constituent le recueil de nombreux témoignages d’amis, de collègues, de connaissances, et de quelques expériences personnelles.  Le but de ce projet est de sensibiliser les lectrices et lecteurs au sexisme omniprésent dans la vie des femmes, en espérant que celui-ci ne soit plus ignoré ou justifié. Cette semaine, voici le sixième chapitre : la capote “égarée”. Bonne lecture !

Si vous avez manqué le chapitre 5 : Male tears, cliquez ici !

Je fréquente un garçon depuis quelques mois, je l’aime bien, je ne sais pas encore si j’ai envie de m’engager mais je sais que je veux être un peu plus intime avec lui. On commence à se voir le soir et on a nos premières relations sexuelles : ça se passe bien et je suis très heureuse ! On discute de nos envies et préférences, très rapidement il m’explique qu’il n’aime pas le préservatif et qu’il voudrait ne pas avoir à en mettre. Je lui dis que ça pourrait s’envisager mais que pour le moment notre relation n’est pas encore sérieuse et que je n’enlèverai pas cette protection tant qu’on a pas tous les deux fait les tests de dépistage d’infections sexuellement transmissibles. Il accepte ma réponse sans protester.

Quelques jours plus tard, on se voit tard le soir, il fait noir dans sa chambre, on commence à se déshabiller je lui rappelle machinalement qu’il doit mettre une capote car je ne veux pas être trop lourde et je lui fais confiance. On fait l’amour.

Cela se termine vite et lorsqu’il s’éloigne un peu de moi, je sens quelque chose couler entre mes cuisses. Je lui demande s’il a bien mis un préservatif, il m’assure que oui mais qu’il a du le perdre pendant l’acte. On allume la lumière, on le cherche partout, sans succès : la capote a disparu. Je suis toute penaude, lui il se confond en excuses, l’air coupable. On se couche.

Le lendemain, je réalise qu’il s’est moqué de moi et qu’il n’a certainement jamais mis de préservatif. Il a sûrement inventé cette excuse de l’avoir perdue pour que je ne me mette pas en colère. J’appelle une amie et je lui raconte ce qu’il s’est passé. Elle confirme mes doutes et me demande si je prends un autre moyen de contraception : ça n’est pas le cas. Mon amie m’explique que je dois aller tout de suite à la pharmacie pour acheter la pilule du lendemain. Je suis très contrariée et j’ai peur.

Le garçon en question m’envoie un message et me parle comme si de rien n’était. Je ne réponds pas. Au bout de plusieurs heures, il finit par m’appeler et je décroche très en colère. Il se confond une nouvelle fois en excuses et admet avoir « oublié » de mettre un préservatif et avoir eu trop peur de me l’avouer. Comment aurait-il pu oublier alors que je lui avais demandé d’en mettre un ? Comment peut-on oublier une chose pareille sans se soucier des conséquences ?

Le consentement c’est s’assurer que sa ou son partenaire est d’accord pour effectuer un acte donné dans certaines conditions. Obtenir un consentement nécessite le fait que son partenaire ait donc pris connaissance de l’acte et des conditions. Dans le cas contraire, il s’agit ni plus ni moins d’un viol. La victime ne s’est certes pas débattue, elle n’a pas hurlé, mais elle a été dupée et elle a vécu une expérience non désirée. Cela peut générer des traumatismes psychologiques après coup tout aussi dévastateur et une grosse perte de confiance en l’autre.