Essai bébé, PMA, non parentalité

En PMA et confinée

Bonjour ! 

Je souhaitais un peu vous mettre à jour de notre projet bébé et de l’avancée de la PMA. Je vais tâcher d’écrire en étant la plus optimiste possible mais… Voilà je ne devrais pas dire mais, et c’est vraiment difficile de lutter contre ma nature pessimiste et parallèlement à ça, je sais aussi que mes blessures commencent à peine à cicatriser et qu’elles sont fragiles. Depuis Novembre, on a vu tout notre monde et nos espoirs s’effondrer un à un et chaque mois on a appris des choses qui nous rendaient encore plus inquiets quant à la possibilité, un toujours de pouvoir porter notre enfant. 

Nous avons donc eu notre premier rendez-vous téléphonique, fin mars, avec le médecin qui nous suivra pour la PMA et elle nous a prescrit de nouveaux examens à effectuer (mais ouf pas d’examens douloureux pour moi ! ) Elle nous a dit qu’on ne se reverrait pas avant les deux prochains mois en supposant que le confinement ait pu être levé avant et qu’on ait eu le temps de faire tous les examens. Ce rendez-vous nous a quand même fait du bien, car elle nous a dit à la fin qu’avec une FIV, on avait toutes nos chances d’y arriver, en tenant compte des éléments qu’elle avait (évidemment on n’est pas à l’abri d’une autre surprise du genre “Ah bah en fait on vous a diagnostiqué ça aussi !” ) et qu’une grossesse naturelle n’était pas exclue : que nous étions jeunes, que nous n’en étions qu’à 1 ans et 3 mois (4 maintenant :D) d’essais, et que ça s’était déjà vu que des couples dans notre situation aient leur bébé naturellement. Elle a ajouté qu’en effet on tenait compte des soucis et obstacles qu’on rencontrait et que c’était pour ça qu’une FIV nous permettrait “d’aller plus vite”; 

Aller plus vite… C’est là la contradiction de mon cerveau, j’ai beau me dire, que grâce à notre prise en charge médicale on aura des chances d’avoir notre bébé plus vite, la mise en place de la PMA est tellement longue, que ça me paraît interminable. Je sais bien qu’en plus que le coronamachinquifaitch… bloque toutes possibilités d’avancer, de faire les examens, de commencer le moindre protocole et que ça, personne n’y est pour rien. Et je crois que je l’ai accepté directement. Je suis capable d’attendre, je sais que la PMA ne va pas s’annuler, elle est juste décalée pour être faite dans les meilleures conditions, je comprends et je suis en accord avec ça.

Mais je crois que ce que j’ai du mal à accepter, (et pourtant on ne me demande pas mon avis) c’est le fait que les autres, les gens en couple qui n’ont pas de problème d’infertilité et qui projettent de faire un enfant : ils vont continuer à faire leurs petits bébés, confinement ou non. Et nous, on ne peut pas, on doit juste attendre et on ne sait même pas quand le confinement sera levé et ça c’est tellement frustrant ! Là j’ai encore des amies et collègues qui ont accouché, je suis contente pour elles, et en même temps je me dis : mais PUTAIN (oups) c’est pas juste (je sais il n’y a aucune injustice là-dedans, c’est juste pas de bol) Moi aussi j’ai envie d’être maman, je serais même une super maman !  Je sais déjà comment m’occuper d’un nourrisson, je sais changer une couche, faire une mise au sein, je prendrais soin de lui et je lui chanterai des berceuses et je lui raconterai des histoires tous les soirs et j’essaierai de faire en sorte qu’il ne manque de rien, qu’il soit toujours épanoui, qu’il sache qu’on l’aime inconditionnellement et moi aussi je peux être une super maman, je ne me plaindrai pas quand j’aurai envie de gerber et je ne dirai rien pendant l’accouchement (si en vrai je hurlerai sûrement sa mère XD) mais juste laissez moi la chance de pouvoir vivre tout ça… Et quand je dis “laissez moi la chance” je ne sais même pas à qui je m’adresse, et piou j’ai les larmes qui montent juste en écrivant tout ça. Mais ce ne sont plus vraiment des larmes de tristesse, de colère ou de frustration, je suis simplement très émotive (car j’ai mes règles à l’heure où j’écris XD)  car je déborde déjà totalement d’amour pour ce futur enfant. Et si jamais on arriverait jamais à avoir ce bout de chou, il faudrait bien que je trouve quoi faire de tout cet amour… 

Piou, j’ai un peu digressé hein ? 

Bref, j’ai ces pensées au moins une fois par jour, je me laisse envahir au moins une fois par jour, parfois un peu plus, surtout pendant les jours de mon cycle où je suis en syndrome prémenstruel. Mais ça va quand même mieux, je suis beaucoup plus zen, plus apaisée, je pleure moins et quand ça arrive, je l’accepte, je prends le temps de souffler, de respirer, j’arrête de me culpabiliser d’être mal et je m’accroche au fait que ces obstacles ne conditionnent pas ma vie : ils ne m’empêchent pas de profiter de l’instant présent, ils ne m’empêchent pas d’être heureuse même si parfois ils me submergent et me rendent triste. Ils ne sont rien d’autres que ce qu’ils sont déjà : des obstacles, que nous allons traverser comme nous avons toujours fait. 

Si je vous écris tout ça c’est parce que ça me fait du bien. Mais c’est aussi parce que je sais que je ne suis pas la seule dans cette situation, et que je connais cette souffrance et le sentiment de solitude est un des plus douloureux. 

Voilà j’ai laissé un peu mon article décanter, j’ai réfléchi durant ces derniers jours, et j‘ai décrété que je ferai mieux d’anticiper le décalage du rendez-vous, donc j’ai appelé le service de gynécologie dans lequel je suis suivie et j’ai demandé à changer la date pour avoir le temps de faire tous les examens demandés. La secrétaire médicale était super agréable et ça m’a fait un bien fou d’entendre quelqu’un d’aussi gentil et aimable au téléphone, ça m’a beaucoup rassurée. C’est tout con, et pourtant j’ai moi-même été soignante donc je le sais, mais avoir quelqu’un dans le médical qui est agréable, qui nous parle avec douceur et empathie, ça peut vraiment faire toute la différence. Avant je pensais que les premières personnes dans la prise en charge des patients étaient les infirmières, et depuis que je suis moi-même patiente, je réalise qu’il s’agit des secrétaires médicales. Et elles ont vraiment une influence sur la prise en charge énorme selon la façon dont elles accueillent le patient. 

Bref j’ai ENCORE digressé, mais donc j’ai décalé mon rendez-vous du 25 mai au 10 juin, et très franchement, je ne sais pas si je ne vais pas devoir encore le décaler. J’essaye vraiment de garder mon côté rationnel et de me souvenir que si j’étais enceinte maintenant, je serais certainement très angoissée à cause de l’épidémie et j’aurais sûrement peur d’être malade et qu’il arrive quelque chose au bébé.

J'ai 28 ans, je suis enseignante et j'adore écrire. A travers mes articles j'aborde des notions qui me tiennent beaucoup à cœur telles que le féminisme, les relations sociales, l'environnement, le travail... Je vous raconte aussi quelques petites expériences de ma vie personnelle, tout en essayant d'apporter une petite touche d'humour même quand cela ne s'y prête pas toujours ! Actuellement prise en charge en PMA, je vous partage également mon vécu et les montagnes russes émotionnelles que je traverse.

4 Comments

  • Laure

    Aïe… Les règles…
    Ce mélange de désillusion et de désespoir. Je suis tellement souvent dans le déni, que j’arrive à me les bloquer. Par la force de mon esprit qui se dit “non je ne veux pas les avoir ! Je veux y croire ! Je suis enceinte ! J’ai même mal aux seins et le ventre qui gonfle !” j’arrive à me les décaller de presque 10 jours. Il suffit que je fasse un test et que je vois le négatif, pour qu’1h après *bim* mes règles se déclenchent. Et violemment évidemment sinon le délire ne serait pas drôle jusqu’au bout !

    J’ai déjà eu un bébé pourtant. Mais comme j’ai mis 5 ans à le faire, là je n’en suis qu’à 2 ans d’essai je me retrouve dans le même désespoir que pour le 1er “J’y arriverais jamais !” Comme si j’avais oublié que mon corps en était capable. Par contre si je me souviens bien d’une chose, c’est que mes douleurs de règles aussi intenses que j’ai chaque mois ressemblent fortement à des contractions. Quand j’ai accouché de ma fille et qu’on m’a dit “oui c’est ça des contractions, elles sont fortes, regardez le monito ! La courbe dépasse de l’écran !”. J’étais tellement soulagée “ouf ! En fait je connais cette douleur !” Et tellement en colère ! “En fait j’accouche tous les mois quoi !”. Autant dire que quand je les ai, il ne faut pas me parler…

    Le 1er jour d’annonce du confinement mon homme a été me chercher un stock de spasfon. La pharmacienne s’est étonnée “déjà elle en a acheté la semaine dernière ?” Oui, la semaine d’avant j’ovulais (ou un kyste explosait, c’est parfois la même douleur, je n’arrive pas à la reconnaître), mais dans le temps du confinement j’allais avoir mes règles… et personne pour m’aider ! Pas de gynéco à appeler pour le prochain kyste ! La pharmacienne a blindé en boîte, c’est elle qui a conseillé le stock.

    Je suis à J20. Je les compte encore. Après des mois de vitamines, de rituels vaudou en tout genre, on essaye encore de croire qu’on peut y arriver naturellement ! Évidemment j’ai des symptômes. Plus les symptômes de grossesse nerveuses sont forts, plus grande est la déception !
    Je parle très très peu de mon essai bébé 2 à mon entourage car au 1er ils disaient que c’était ma faute. Mon infertilité était psychologique parce que j’y pensais trop. Je suis tombée enceinte LE mois où j’y ai le plus pensé ! Avec une insémination intra-utérine soit disant loupée, j’avais la date de la prochaine déjà fixée. C’était l’été, j’étais TRÈS angoissée par le contexte familial de l’époque. Pourtant mon miracle s’est accroché !
    Alors NON ce n’est pas parce que tu y penses trop et NON ce n’est pas parce que tu es stressée ! Ma psy disait pour me déculpabiliser ” si le stress rendait infertile, il n’y aurait pas eu de femme enceinte pendant la guerre”. Heureusement sa phrase raisonne encore aujourd’hui.

    J’ai tout de même parlé à ma voisine de mon projet. Je lui ai dit il y a 2 ans que j’enlevais mon stérilet. Et régulièrement je lui dis mon désespoir de ne pas tomber enceinte.
    Hier par jardin interposé elle me montre un bébé “regarde la petite copine de mon fils a un petit bébé ! Je sais que t’aimes les bébés alors je te les montre” sauf que les bébés issus de déni chez des gamines de 17 ans ne me font pas du bien au moral. Elle me le fait tout le temps. Je ne sais pas si c’est de la maladresse ou de la méchanceté. Je ne sais pas. Mais ça fait mal.

    Heureusement j’ai déjà réussi une fois. Je me dis du coup que je suis mal placée pour me plaindre, j’ai déjà de la chance ! Je suis déjà maman !
    Mais ma maladie m’a enlevé mes rêves, ma carrière, et là elle me prive de mes rêves de famille nombreuse. Alors si. Je prends ce droit de me plaindre. Si ça déplaît à quelqu’un, alors qu’il passe son chemin !

  • Laurane

    Merci de te confier comme ça, cela te fait d’une du bien et cela va en plus rassurer plus d’une 🙂
    J’imagine comme cela doit être compliqué, mais tu as bien fait de prendre les devants et de décaler ton rdv en juin. Ce virus ralenti malheureusement beaucoup de projets mais je croise fort les doigts pour que cela ne soit que l’histoire de quelques semaines !!

  • unechancesurquatre

    je partage tellement ce que tu vis! je suis suivie depuis septembre, en stimulation simple depuis décembre, on était passé à un traitement par injection en mars et je répondais bien, j’avais bon espoir pour le printemps…et tout est reporté à une date inconnue! foutu covid19 qui nous met des bâtons dans les roues…je me rassure avec la même logique que toi, si j’étais enceinte tout de suite je serais en panique. courage à toi, juin arrivera bientôt

  • filleapaillette

    Hello ma belle,

    Je comprends tellement ton article. J’ai aussi été en parcours PMA ces dernières années. Maintenant que tout est derrière moi je te dirais bien que ça sera plus facile à vivre pour toi si tu arrives à prendre un petit peu de recul, à te recentrer sur ta vie en dehors de la PMA, de méditer pour lacher prise et d’investir ton énergie à autre chose en attendant pour ne pas devenir folle. Mais je sais aussi que si on m’avait dit tout ça il y a quelques années j’aurais pensé “mais ta gu*** je suis incapable de faire ça!”. Je sais à quel point ça prend au tripes, je sais à quel point ça prend toute la place. Je connais trop bien le rôle des hormones dans tout ça qui rend difficile le fait d’être rationnel.
    J’ai deux amies qui sont sur le point d’accoucher et qui sont mortes de trouille. D’autres qui sont en début de grossesse et le papa ne peut pas assister aux échographies et entendre le coeur du bébé. Finalement c’est peut être mieux d’attendre un tout petit peu et de vivre pleinement cette grossesse que je vous souhaite du fond du coeur !
    Je croise fort les doigts pour vous !!! Soyez forts!

    Des bisous

    Morgane ✨

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