L’araignée

Il fait beau, c’est le moment idéal pour aller écrire tranquillement dehors, et profiter de l’air frais et de ce beau ciel bleu. Mes cheveux sont mouillés et ça me permettra de les laisser sécher plus vite ! Je m’installe tranquillement sur la table du jardin et je me brûle les cuisses sur le plastique de la chaise chauffé par le soleil. Quelle gourde, j’aurais pu y penser. Je prends un petit coussin pour me protéger les fesses et j’y retourne. Définitivement enthousiaste à l’idée d’écrire au soleil. Sauf que ce fameux soleil et décidément trop éblouissant et j’en serais presque agacée. N’est-ce donc pas un comble d’être mécontente  alors que des millions de gens n’ont pas cette chance de pouvoir se plaindre d’être “trop ébloui”. Ne fais pas ta chieuse et remercie la vie de t’apporter autant de confort et de liberté ! 

En plus, on a un parasol, il ne reste plus qu’à l’installer sur la table du jardin. Je l’ouvre tranquillement et je me retrouve face à face avec une araignée énorme, poilue et terrifiante. Je sursaute de frayeur et  referme le parasol. N’importe quoi ! Moi qui me vante auprès de qui veut bien m’entendre que je n’ai absolument pas peur des araignées, je ne vais quand même pas me laisser surprendre sous prétexte que celle-ci est plus grosse que  la normale ? Plus grosse que toutes celles que j’ai vues d’ailleurs. Ne pas se laisser impressionner : c’est mon parasol, il y a du soleil, j’ai décidé que je travaillerais dans mon jardin et ce n’est certainement pas une toute petite araignée qui va m’en empêcher. J’ouvre le parasol, l’araignée me regarde et me sourit. Non ça n’est pas vrai, mais je trouvais cela plutôt drôle à imaginer !

Hors de question que je la tue. Je suis contre la violence faite aux animaux, donc je ne vais certainement pas en exterminer un sous prétexte qu’il me fiche la trouille. La pauvre ne m’a rien fait de mal, donc je dois la laisser tranquille. Et d’ailleurs, preuve que les êtres humains peuvent cohabiter avec les autres espèces, je vais même laisser cette pauvre bête profiter du parasol. 

Je m’installe enfin à mon ordinateur. Mais le parasol ce met à tourner et l’araignée se rapproche dangereusement de moi. Elle est juste au-dessus de ma tête… Je tourne légèrement le parasol pour l’éloigner. Je ne peux pas m’empêcher de lever la tête régulièrement pour vérifier qu’elle n’a pas bougé. Cohabitation certes, mais on attendra pour la confiance !

Le chat arrive. Il aime bien chasser les insectes. Il ne faudrait pas qu’il attaque cette pauvre araignée sacrément terrifiante qui ne m’a rien fait de mal (mais dont je ne supporte pour autant pas la présence…) Quoique, qui suis-je pour empêcher le chaton d’attaquer cette bestiole ? Après tout, l’instinct animal est plus fort que tout et je ne vais tout de même pas aller contre celui-ci !

Le félin se pose sur la table et a repéré l’araignée. Je lève la tête vers le parasol et tout à coup je réalise qu’elle n’est plus dans mon champ de vision ! La pauvrette pendouille juste au dessus de ma tête, comme si elle avait senti qu’un danger imminent la guettait. Et quel danger, le chaton à l’affût se jette sur elle, sans prendre ma présence en compte et atterrit, griffes sorties, sur ma tête. L’araignée terrifiée s’est planquée et je ne comprends qu’au bout de quelque secondes qu’elle n’a pas trouvé meilleure cachette que mes cheveux. Je la voix grouiller sur une de mes mèches et là je hurle. Je me lève d’un bond et je commence à gigoter dans tous les sens pour la faire descendre. Les voisins alarmés par mes hurlements s’approchent de mon jardin et constatent la scène avec curiosité. Moi je n’ai pas le temps d’avoir honte, l’araignée est toujours dans ma chevelure et je commence sérieusement à me demander si je ne vais pas tout simplement tout couper pour me débarrasser de ce monstre à huit pattes.  Ai-je mentionné que j’étais une personne excessive ? 

Finalement la victime terrifiée, tombe enfin de ma tête et part se réfugier dans l’herbe. 

Moi, sous les yeux de mes voisins gênés, je reprends mon ordinateur, et ma fierté, et je rentre dans ma maison exaspérée en marmonnant qu’en plus, le temps n’était pas si beau ! 

Alors d’après vous, est-ce que cette anecdote est vraie ? Fausse ? Quand la fiction a-t-elle dépassé la réalité ?

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