Bonjour, je suis féministe

Lorsque je veux cerner rapidement et efficacement une personne que je viens de rencontrer, souvent je lui glisse le plus subtilement possible que je suis féministe et j’attends de voir sa réaction.

Pourquoi je fais ça ?

Avant je n’osais pas trop partager mes convictions rapidement, mais finalement il m’est très souvent arrivé de réaliser que je ne connaissais pas du tout les personnes que je côtoyais, même depuis plusieurs mois. Il valait donc mieux être authentique dès le début.

Et je me suis également rendu compte que le féminisme était pour moi une valeur trop forte pour que je la garde cachée au chaud et protégée des remarques et réflexions : en effet cela me demande toujours un effort de partager mes principes, en sachant que l’opinion populaire diabolise les féministes, voire les ridiculise. Par exemple, je ne supporte plus le terme féminazie, je le trouve très blessant et agressif. C’est très ironique d’ailleurs, car souvent je me le prends en pleine face lorsque j’ai le malheur d’apporter des arguments qui tiennent la route et que mon interlocuteur sent qu’il perd pied. Il me balance alors son joker, pas moins ridicule que violent « Eh là, la féminazies, faut se calmer, hein ! ». En général après ça il n’y a plus de dialogue possible.

Pour revenir au sujet de l’article, désormais je me débrouille pour caser dans la conversation rapidement que je suis féministe. Et le fait est que les réactions en disent long.

J’ai remarqué que les personnes confrontées répondaient de trois manières différentes :

  1. Elles étaient aussi en accord avec les valeurs du féminisme, voire se revendiquaient déjà féministes et dans ce cas il n’y avait rien de spécial à dire à part que c’est toujours cool de se comprendre.
  2. Elles ne se considéraient pas spécialement féministes mais faisaient preuve d’intérêt pour le sujet. Elles étaient à l’écoute, avaient envie d’échanger, ne s’opposaient pas à tous les arguments sous prétexte qu’elles ne se sentaient pas forcément concernées. Par exemple, j’ai rencontré pas mal d’hommes, qui ne s’étaient jamais positionnés, ou même jamais posé la question du féminisme, mais qui, lorsqu’on leur parlait de ce sujet avait l’esprit ouvert, interrogeaient pour comprendre notre positionnement, reconnaissaient nos arguments, donnaient leur point de vue en toute bienveillance etc. C’est particulièrement agréable d’échanger avec des personnes comme ça car on a l’impression qu’on peut faire vraiment évoluer les mentalités, que tout n’est pas figé entre les gens qui approuvent ceux qui n’approuvent pas.
  3. Et enfin nous allons parler de la troisième catégorie de personnes , celles avec qui on a l’impression que la discussion n’a aucun intérêt, qu’argumenter ne servira qu’à nous faire perdre de l’énergie, voire pire, pourrait avoir un impact négatif sur notre mental. Ce sont des personnes pour qui l’opinion a déjà été toute faite, qui ne veulent certainement pas la remettre en question ou y réfléchir.

Souvent quand je me retrouve confrontée à cette troisième catégorie de personne je perds littéralement tous mes moyens. Ça n’est pas trop mon truc de débattre, j’aime écrire simplement par le fait que j’ai le temps de bien poser mes arguments et surtout parce que personne ne va me couper la parole en plein milieu de mes propos pour me lancer que je ne suis qu’une féminazie et que je suis ridicule. Et là encore quand on me traite de féminazie, je pense que je pourrais presque choisir d’en rire, car l’insulte n’est plus vraiment originale et qu’elle n’apporte absolument rien au débat si ce n’est de le clore.

Mais je ressens parfois une véritable perversion de la part de certaines de ces personnes qui prennent un malin plaisir à démonter tous les arguments un à un, plus ou moins habilement et de manière très malsaine. Je pense qu’elles profitent là du fait que moi-même je n’ai pas assez confiance en moi pour m’imposer, et que j’ai facilement tendance à pleurer lorsque je m’énerve. J’ai vraiment du mal à comprendre ce qui motive ces personnes-là à vouloir systématiquement être rabaissants avec les gens qui ont des convictions divergentes des leurs : moi je ne fais pas ça, je pourrais pourtant, être cinglante, couper la parole, rire des arguments de l’autre comme s’il s’agissait de la plus grosse connerie entendue… Mais je ne le fais pas, parce que je n’ai pas envie d’être méchante et parce que je suis aussi convaincue que pour donner envie aux personnes de réfléchir à mes propos il faut être dans l’éducation et non pas dans l’humiliation.

Bref, je diverge certainement un peu, la conclusion de tout ça c’est : partager ses convictions rapidement ça peut potentiellement faire très mal, mais ça a l’avantage de savoir qui on a exactement en face de soi,et de pouvoir s’éloigner des personnes qui pourraient être malveillantes à notre égard.

Féminisme, écologie, c’est la même chose : il y aura toujours quelqu’un pour nous dire qu’on brasse de l’air, qu’il n’y a rien à faire, qu’on n’est pas si mal lotie et je ne sais quelles autres c……..

Et je voudrais terminer avec un message d’epoir très simple : on n’est pas seul.e.s à vouloir d’un monde meilleur, plus juste et plus sain. On est pas tout.e.s seul.e.s et on peut se serrer les coudes !

Et vous quelles sont les remarques humiliantes ou contre-productives auxquelles vous avez été confronté.e.s ?

Ecologie, la prise de conscience #01 : bilan de décembre

Bonjour si vous avez raté l’article d’introduction sur l’environnement, je vous invite à le lire ici !

J’ai donc bien conscience que la chose primordiale à faire afin de m’engager efficacement dans l’écologie, c’est d’abord de me renseigner. Mais nous conviendrons tous, qu’il ne s’agit pas non plus d’attendre avant de changer certaines habitudes dans ma vie simples, sous prétexte qu’on n’est pas à 100% informée des enjeux écologiques. Donc je commence par m’occuper de quelque chose de facile, à savoir : les déchets !

L’équation est simple : déchets = des trucs dont on ne sait que faire et dont on n’a plus l’utilité et qui peuvent potentiellement finir dans la nature et déranger son équilibre.

On n’a pas trop besoin d’être intelligent pour comprendre que diminuer sa production de déchets ne peux être que bénéfique pour notre environnement. Pendant le mois de décembre j’ai donc déjà fait un petit travail d’introspection chez moi, et j’ai évalué combien de poubelles je remplissais en un mois. Il s’agit de sac poubelle d’environ 40 L et j’entends par là que ce sont des déchets qui ne sont pas recyclés. Nous sommes deux personnes dans notre foyer, et nous nous sommes débarassés de neuf poubelles en tout. Alors j’ai voulu comparer avec la moyenne de déchets ménagers par habitant en France, mais en fait il aurait fallu que je pèse mes poubelles et ça je n’y ai clairement pas pensé avant. Et en soit ça n’est pas bien grave car mon objectif n’est pas nécessairement de me comparer aux autres, mais de remettre en question ma propre production de déchets. Et je me remets donc à nouveau à compter pour janvier, l’objectif étant d’avoir diminué le nombre de poubelles d’ici la fin du mois.

Le gaspillage…

La seconde chose que j’ai surveillée pendant tout décembre ce sont tous les aliments gâchés que nous avons achetés et que nous n’avons pas consommés à temps. Car on parle beaucoup du gaspillage alimentaire notamment dans la grande distribution, et j’estime qu’il est judicieux d’apprendre à être plus regardant dans son propre foyer à ce propos et de se remettre en question. Il y a aussi un aspet économique à ne pas négliger : tous ces aliments jetés, ce sont des aliments qui ont été payés, donc il s’agit d’argent qui a été dépensé pour rien. J’ai donc noté, tout ce qu’on avait jeté bêtement à la poubelle, et je ne suis pas vraiment fière. Il s’agissait majoritairement de légumes et de fruits qu’on a laissé pourrir, des briques de lait quasiment pleines qu’on a à peine consommées, des restes de plats… et tout ça c’est majoritairement causé par le fait, qu’on a tendance à acheter beaucoup de courses d’un coup, à remplir nos frigos et racheter derrière alors qu’on a encore plein de choses à manger… Il y a aussi une énorme part de flemme. Par exemple, il est arrivé qu’on ait pas envie de cuisiner, et on a choisit la facilité : acheter à l’extérieur ou réchauffer un plat surgelé plutôt que d’éplucher trois carottes ou laver le reste de salade. J’ai vraiment honte de partager tout ça sur mon propre blog, mais j’estime aussi que je dois assumer et me responsabiliser par rapport à ça : il faut clairement qu’on apprenne à nous organiser dans nos courses alimentaires et à mieux connaître la conservation des aliments. Voilà, je ne pense pas que tout ça sera réglé en l’espace d’un mois. Mais déjà si on arrive à diminuer le nombre d’aliments jetés pour fin janvier, je serai super contente !

Mais quelle implication !

J’ai donc réfléchi à quelques solutions à envisager et à tester pour diminuer notre gaspillage :

– Prévoir nos repas à l’avance

– Faire des petites courses plutôt de grosses courses qui encombrent le réfrigérateur.

– Congeler les choses qu’on a pas consommées pour les manger plus tard.

– Refaire des plats avec les restes : exemple, utiliser le pain rassi pour faire du pain perdu.

Il ne reste donc plus qu’à mettre en application.

Pour compléter l’article voici une petite vidéo tournée par mes soins dans laquelle je complète le bilan du mois de décembre

Environnement, 2020 n’aura pas ta fin.

Les scientifiques sont formels. Si on continue à vivre sans changer drastiquement nos habitudes, nous courons à notre perte d’ici les prochaines années. Réchauffement climatique, fonte des glaces, animaux en voix d’extinction, eau en pénurie. Cela ne présage rien de bon pour notre avenir. Quand j’étais petite, j’entendais parler déjà de la pollution et je me souviens me sentir très concernée par les déchets jetés dans la nature, les animaux blessés ou tués par nos actes inconscients, les produits toxiques que nous respirions dans l’air, etc. J’avais pour ambition de fonder une association pour sauver notre planète. Avec les années, j’ai arrêté mes grands projets pour l’avenir, tandis que l’état de la Terre était de plus en plus alarmant.

Les consciences se sont pourtant éveillées petit à petit, mais on se demande aujourd’hui s’il n’est pas déjà trop tard et si notre bien-aimée planète bleue n’a pas déjà atteint un état de non-retour. Pouvons-nous encore agir ? Et qui sommes-nous, pauvres petits moustiques, face à l’impact d’une population de plusieurs milliards d’individus ? Face à certaines entreprises internationales qui n’en ont que faire des conséquences de leurs actes ? Face aux politiciens pour qui le pouvoir est bien plus important que notre environnement ? Tout ça a de quoi en démoraliser plus d’un… Et est-il donc vraiment utile de se donner corps et âme à une cause qui semble déjà perdue d’avance ?

Petite, je croyais aussi en un bel avenir pour moi : des enfants, une belle maison avec un jardin, on aurait un potager et plein de fleurs chez nous. Aujourd’hui, je sais que l’avenir de ma progéniture sera beaucoup moins fleuri que je ne le pensais, et je ne suis d’ailleurs même pas certaine de pouvoir un jour avoir des enfants.

Et j’entends les actualités, j’écoute mes collègues, mes amis, ma famille, les connaissances et leurs avis plus ou moins tranchés. Le réchauffement climatique, les niches écologiques qui ne sont plus adaptées, la pollution des océans… Ces bébés qui naissent avec des malformations, les engrais, les produits chimiques, les aliments génétiquement modifiés, les accusations plus ou moins assumées, de tous ces ingrédients, aux noms étranges qu’on connaît à peine… Et qui à défaut de nous rendre service nous empoisonnent. Et toutes ces informations, et toutes ces alertes à la pollution, les scientifiques, les directives, ces gens qui disent que tout ça ne sert à rien, les condamnations sans retour, c’est à y perdre la tête, et à ne plus rien y comprendre.

Petite, je croyais que tout était simple, qu’il suffisait de ramasser les déchets dans la nature, de sauver les animaux blessés, de gronder les adultes qui jetaient leurs mégots de cigarette dans la rue. Sauf que j’ai grandi, et que j’ai compris que je ne comprenais rien, que je manquais de connaissances à ce sujet ; mais que pourtant, celui-ci me tenait encore plus à cœur. Alors je fais quoi ? Je reste paralysée par mon manque de connaissance ou par ma peur ? J’attends, que la planète se dégrade et moisisse tel le vieux reste de pâtes oublié au fond de mon frigo ? Ou je prends mon courage à deux mains pour contribuer à d’autres nombreux lendemains ?

Je ne sais pas vraiment par où commencer, ni même vraiment pourquoi agir, ou si mes actions auront un impact positif. Je sais juste que je ne peux pas rester sans rien faire, alors je me lance maintenant ! J’espère que vous serez nombreux à me suivre dans cette aventure !

Une banale histoire d’endométriose… #02

Bonjour, si vous n’avez pas lu l’article précédent qui explique comment on m’a diagnostiqué un nodule d’endométriose, je vous invite à cliquer ici, pour y jeter un œil.

Aujourd’hui, je vais donc vous raconter rapidement l’hospitalisation en ambulatoire pour me retirer le nodule endométriosique et surtout comment j’ai cicatrisé à la suite de l’opération.

L’opération était assez rapide et consistait à me faire une petite incision pour retirer le nodule qui était sous-cutané. Elle ne présentait pas spécialement de risques, donc j’ai été hospitalisée en ambulatoire, c’est-à-dire que je ne suis pas restée plus de quelques heures à l’hôpital et je n’y ai pas dormi. Je me suis rendue au centre hospitalier à 8H00 du matin, et à 14H00 je rentrais chez moi. À peine arrivée dans le service de chirurgie ambulatoire, je n’ai pas eu le temps de réfléchir, je me suis directement préparée pour aller au bloc car il y avait un désistement au niveau des patients prévus avant moi : au lieu de passer au bloc à 11H00 j’y suis allée pour 9H00. J’ai été certes prise au dépourvu, mais ça a eu l’avantage de m’éviter de trop penser et de stresser en attendant mon tour. Tout est allé très vite, on a posé ma perfusion, je suis allée au bloc, on m’a dit de penser à quelque chose qui me rendait heureuse, et ensuite je ne me souviens plus de rien. J’ai ouvert les yeux en salle de réveil, totalement à l’ouest à cause de l’anesthésie. On a vérifié mes constantes et je suis remontée dans ma chambre. Ma mère est arrivée, on a discuté en attendant l’anesthésiste qui devait évaluer mon état. Ensuite, l’infirmière m’a expliqué les soins pour le pansement et je suis rentrée chez moi. J’avais des fils internes, qui se résorberaient tous seuls, donc il n’y avait pas de gros soins, je devais simplement nettoyer la plaie avec de l’eau, du savon et bien sécher.

Il a bien fallu deux jours pour que je me sente en meilleure forme, car l’anesthésie générale m’a quand même énormément fatiguée. Et j’étais bien contente d’avoir des antalgiques car même si la douleur était tout à fait supportable, elle était bien présente. Le premier jour, après l’opération, j’étais persuadée que je pouvais faire les courses toute seule et j’ai été assez surprise et stoppée par la douleur qui m’empêchait de marcher sur des moyennes distances (heureusement que mon appartement ne fait que 30 m² !) À propos de l’aspect de la cicatrice : elle était très enflée et elle a pris vraiment beaucoup de temps pour diminuer de volume.

J’étais arrêtée cinq jours, le temps que cela soit moins douloureux, mais avec du recul je réalise que je n’aurais pas du reprendre le travail aussi tôt. Ces jours d’arrêt n’étaient pas du tout reposants, et j’étais sûrement bien trop douloureuse pour reprendre mon métier nécessitant d’être constamment en mouvement, d’aller d’une table à une autre, de me lever, et m’asseoir à répétition sur du mobilier beaucoup trop petit (pour rappel, j’enseignais en école maternelle). J’ai donc très vite regretté, d’autant que deux jours après la reprise, deux enfants maladroits et/ou colériques m’ont mis des coups dans le bas du ventre et ça a suffit à ouvrir complètement la plaie et à en faire sortir les fils internes.

J’ai un peu paniqué en constatant ça, et j’ai appelé l’hôpital mais je n’ai pas pu parler avec le chirurgien, je n’avais franchement pas envie de passer le reste de ma journée aux urgences pour quelque chose qui n’était pas vital. Donc, j’ai décidé de parler à ma pharmacienne qui m’a conseillée un savon antiseptique, et des strippes pour refermer la plaie. Et ça a super bien fonctionné, petit à petit la plaie s’est refermée, et est devenue moins douloureuse. Moi de mon côté je me suis un peu plus ménagée.

J’ai eu un rendez-vous post opératoire quelques semaines après et le médecin m’a dit que la cicatrice était parfaite et que d’ici quelques temps, elle ne serait plus visible. La biopsie a confirmé qu’il s’agissait bien d’un nodule d’endométriose et je suis aussi contente de pouvoir enfin comprendre la cause de la douleur, mais aussi un peu inquiète que l’endométriose ait été confirmée. Ce qui me rassure un peu c’est qu’au dernier IRM, il n’avait pas été détecté d’autres traces d’endométriose ailleurs qu’à la symphyse pubienne. Et en même temps, j’hallucine de me dire que le cas d’un nodule sous cutané d’endométriose soit si peu courant, au point que j’ai été obligée de consulter sept médecins au total pour confirmer le diagnostique. Après avoir pris du recul et en avoir discuté avec mes sœurs, on a réalisé que sûrement le femmes qui ont des nodules du même type que le mien se fient peut-être à l’avis de leur médecin si celui-ci n’estime pas cela dangereux et digne d’être approfondi, et elles apprennent à vivre avec la douleur… Ça confirme une fois de plus le fait qu’on ne prend pas la douleur physique de la femme au sérieux, surtout lorsque ça concerne sa santé féminine et qu’on ne parle pas assez de l’endométriose. Il faut quand même garder à l’esprit que l’endométriose à des stades avancés peut avoir des conséquences sur la fertilité et que c’est une maladie qui touche une femme sur dix ! Pourtant, il y a encore des gens qui n’en ont jamais entendu parler, et il y a certainement trop de femmes qui n’ont pas conscience que leur douleur durant les règles n’est pas normale ! Je pense que ça vaut vraiment la peine de faire de la prévention à ce sujet auprès des jeunes filles dès le début de la puberté, ne serait-ce que pour éviter des souffrances inutiles

En ce qui concerne la cicatrice, actuellement elle est encore palpable et très brune, parfois (mais vraiment très rarement) elle me pique très légèrement, surtout quand les règles arrivent. Mais je n’arrive pas à savoir s’il s’agit de la cicatrisation, d’une hallucination de ma part, ou s’il est possible qu’il reste peut-être encore des cellules d’endométriose. Donc je verrai bien comment elle évolue avec le temps, mais quoiqu’il en soit cette opération ne m’a apporté que du positif car je n’ai plus mal en continue, je ne crains plus de faire certains mouvements et c’est un confort que je suis contente d’avoir retrouvé !

Une banale histoire d’endométriose… #01

Bonjour !

Je me suis faite opérée il y a quelques mois d’un nodule d’endométriose et je vais donc vous raconter un peu comment ça s’est déroulé, quand et comment on l’a diagnostiqué et quel a été mon état d’esprit par rapport à cela.

Tout d’abord, il y a 6 ans, j’ai arrêté la pilule pendant deux mois : je ne sais pas si en aussi peu de temps ça a pu avoir une incidence quelconque sur ma santé, mais j’ai commencé à avoir une toute petite douleur au niveau de la symphyse pubienne. J’ai constaté très vite que cette douleur était associée à une petite boule d’à peine quelques millimètres de diamètre et que ça n’avait pas l’air très profond.

J’en ai très rapidement parlé avec mon médecin traitant qui ne voyait pas non plus ce que cela pouvait être. Elle m’a donc prescrit une échographie au niveau de cette zone pour qu’on en sache un peu plus. À la suite du rendez-vous d’échographie, le médecin qui a pratiqué l’examen m’a vite rassurée en m’expliquant qu’il s’agissait simplement d’une petite inflammation suite à un déchirement de fibres musculaires autour de cette zone. Ça n’était donc absolument rien de grave, c’était juste un peu douloureux mais ça allait se soigner tout seul d’ici de nombreux mois.

Je ne me suis donc pas inquiétée en voyant les mois et les années défiler et en ayant toujours cette même douleur. Je m’y suis même habituée, d’autant que j’avais entre temps repris la pilule et que je n’avais plus si mal que ça, à part peut-être légèrement pendant les règles.

Il s’est déroulé environ quatre ans, durant lesquels je n’ai plus trop prêté attention à cette zone de mon corps, jusqu’à ce que je prenne la décision d’arrêter entièrement la pilule : ce moyen de contraception devenait difficile à gérer avec mes horaires de travail et j’ai aussi réalisé j’avais été sous traitement hormonal toute mon adolescence et que j’en avais assez d’être toujours dépendante d’un médicament. Arrêter la pilule a été sûrement une de mes meilleures décisions car j’ai réalisé à quel point la prise hormonale avait une influence sûr mon corps, ma libido, mon moral etc.

Mais au bout de quelques mois, mon corps s’est sûrement débarrassé de toutes les hormones de synthèses et mes douleurs au niveau de la symphyse pubienne sont devenues beaucoup plus fortes, moins supportables, et j’ai réalisé que la fameuse boule avait triplé de volume.

J’en ai à nouveau reparlé à un médecin mais cette fois-ci à ma gynécologue, car j’avais réalisé que les douleurs étaient d’autant plus intenses pendant les règles et que la boule semblait même gonfler. Tout de suite, elle a pensé à de l’endométriose, mais lorsqu’elle m’a auscultée, elle a changé d’avis car l’endroit où se situait la boule ne semblait pas du tout approprié pour être un nodule d’endométriose. Elle envisageait plutôt qu’il s’agisse d’une hernie inguinale. J’ai donc été à nouveau subir une échographie pour confirmer ou infirmer le diagnostique d’une hernie.

Évidemment à l’examen, l’échographe a affirmé que ça n’était ni une hernie inguinale ni un nodule d’endométriose, pour lui il y avait juste une belle inflammation et c’est tout. Durant ce rendez-vous, j’étais vraiment contrariée qu’on me reparle d’une inflammation et j’ai donc insisté pour avoir plus d’informations. Je lui ai expliqué que cela faisait quatre ans que j’avais cette boule et qu’en toute logique au bout de quatre ans ça aurait dû être guéri, que je voulais en connaître la cause, que ça me faisait mal et que j’aimerais m’en débarrasser. À ça, il m’a répondu que cette inflammation n’était pas à un endroit spécialement dangereux, que ça n’était pas une tumeur maligne et que je n’avais qu’à m’habituer à la douleur.

Autant dire que lorsque je suis retournée chez ma gynécologue pour lui dire ce qu’il en était, et j’étais vraiment très agacée : les douleurs commençaient à me gêner dans mes déplacements, mes séances de sport etc. Lorsque j’avais mes règles, il arrivait régulièrement que la douleur au niveau de la symphyse me réveille en pleine nuit. Heureusement, la gynécologue a été très compréhensive et m’a donc dit que si on avait écarté la possibilité d’une hernie, cela ne pouvait être qu’une endométriose. Étant donné son emplacement, c’était donc un cas plutôt rare, mais elle n’en était pas spécialement étonnée car elle avait eu des patientes avec de l’endométriose dans le nez, et même dans les poumons !

Elle m’a ainsi prescrit une IRM pour confirmer son diagnostique et qui a en effet été dans la sens d’un nodule d’endométriose. Avoir ce premier diagnostique m’a soulagée car je savais qu’on allait donc pouvoir commencer à chercher un traitement pour régler le problème.

Sauf que… ma gynécologue a pris brusquement sa retraite quelques semaines plus tard et j’ai été contrainte d’en trouver une nouvelle ! Après quelques recherches, on m’a recommandé une soit gynéco soit disant géniale et j’ai donc rapidement pris rendez-vous avec elle (on l’appellera la gynéco numéro 2).

J’ai donc une fois de plus expliqué ma situation en lui montrant mes résultats d’IRM allant dans le sens d’une endométriose.

La gynécologue numéro 2, m’a quasiment ri au nez en lisant à peine les résultats de l’IRM. Elle a insisté sur l’impossibilité d’une endométriose, et elle a même critiqué le laboratoire d’imagerie ayant exécuté les examens, car ils avaient selon elle la réputation d’être incompétents. Elle m’a auscultée en appuyant bien sur le nodule et en me faisant donc très mal et a ensuite affirmé que ce n’est pas de l’endométriose. Elle a également rappelé qu’elle était gynécologue et que donc la zone où se situait le nodule ne la concernait pas. Elle m’a aussi fait remarquer que c’était trop petit pour être opéré (sachant qu’évidemment là le nodule n’était pas gonflé vu que je n’avais plus mes règles mais qu’il était tout de même très douloureux). Elle m’a dit mot pour mot que je devais « faire avec la douleur ».

Comme j’ai insisté, elle m’a prescrit des examens, toujours les mêmes, que je n’ai d’ailleurs pas refaits.

Il m’a fallut quelques mois pour digérer ce rendez-vous laborieux, durant lesquels mon nodule a encore grossi et la douleur s’est accroît. Ma mère m’a conseillée de voir sa propre gynécologue et j’y suis allée en étant franchement blasée et sans grand espoir qu’on me dise enfin quel était mon problème. Quand j’ai exposé la situation au médecin et qu’elle a lu mes examens, ça a été comme une évidence pour elle : « Bah si, c’est sûrement de l’endométriose si l’IRM va dans ce sens… » Elle m’a auscultée et a eu un discours littéralement opposé à celui de la gynéco numéro 2 : elle trouvait que le nodule était quand même assez gros, elle m’a dit que c’était super simple à opérer et que même si ça n’était peut-être pas de l’endométriose, s’il me faisait mal, il fallait me l’enlever ! Ça a été un vrai soulagement d’entendre ça. J’en ai pleuré à l’idée que j’allais enfin en être débarrassé, car mine de rien, même si c’était un tout petit machin de rien du tout, ça faisait quand même bien mal et c’était pénible de vivre tous les jours avec la même douleur en marchant, en me levant, en faisant du sport, ou même en me retournant dans mon lit…

Après les choses se sont déroulées rapidement, j’ai pris rendez-vous avec le médecin qui allait m’opérer, lui aussi en m’auscultant m’a dit qu’il était très probable que ça soit de l’endométriose et j’hallucinais d’entendre que les avis de médecins ayant la même spécialité médicale soient aussi différents.

Je me suis faite opérée deux mois plus tard (donc mi-mai).

Je vous raconterai la suite dans le prochain article, l’opération et la cicatrisation dans le prochain article !

Réécriture de fable – La louve et le héron : le nice guy


Les louves, lorsqu’elles sont de sortie,

Sont souvent exposées à certains harcèlements.

Une louve, donc, par un croco, se trouvant assaillie,

Ce dernier insistant dit-on tellement, qu’elle eut peur pour sa vie.

La main de l’agresseur serra alors près de son gosier,

A tel point qu’elle ne pouvait respirer.

De bonheur, pour cette louve, qui ne pouvait crier,

Près de la passe un héron,

Elle lui fait signe, il accourt.

Voilà le sauveur aussitôt à son secours,

Il effraya et fit fuir le croco,

Puis pour un si bon tour, lui demanda son salaire.

« Votre salaire ? Dit la louve »

« Oui un baiser, pour me récompenser de vous avoir sauvée ! »

Elle eut un sourire gêné et refusa poliment de l’embrasser.

Le héron se mot alors en colère

« Vous riez petite effrontée,

Quoi ! Ce n’est donc pas assez de vous avoir aidée ?

Moi qui suis un gentil héron, vous osez me repousser ?

Allez, vous êtes une ingrate : ne tombez jamais sous ma patte

Ou je risquerais de terminer ce que le croco avait commencé ! »

Sur ces menaces, le héron s’envola frustré.

Chers sauveurs, gentils hérons, victimes de vos faux actes de bienveillance,

Il ne s’agit pas là des contes de notre enfance.

Les jeunes filles éplorées ne tombent jamais amoureuses de leur protecteur,

Agissez pour défendre les opprimés et ravalez votre rancœur,

Où vous risqueriez de vous changer en croco !

Les aventures sexistes de Lily – 12# Lily 20 ans plus tard ?

Je vous présente la mini-série “Les aventures sexistes de Lily” qui regroupe divers témoignages scénarisés portant sur le sexisme ordinaire. Par soucis d’anonymat, les récits mettront en scène le personnage de Lily, une jeune femme dans la vingtaine. Lily est donc un personnage fictif mais les expériences qu’elle vit sont très loin de l’être et constituent le recueil de nombreux témoignages d’amis, de collègues, de connaissances, et de quelques expériences personnelles.  Le but de ce projet est de sensibiliser les lectrices et lecteurs au sexisme omniprésent dans la vie des femmes, en espérant que celui-ci ne soit plus ignoré ou justifié. Cette semaine, voici le douzième chapitre : Lily 20 ans plus tard ? Bonne et heureuse lecture !

Vous pouvez trouver le dernier article ici !

Afin de clôturer cette mini-série en beauté, nous pourrions peut-être imaginer le personnage de Lily dans 20 ans ?

J’ai 45 ans, j’ai deux filles à peine majeur, et un fils encore adolescent. J’ai tenté durant leur enfance de leur apporter la meilleure éducation possible et de leur transmettre des valeurs qui me sont chères.

Nous sommes tous à table en train de manger, mon compagnon, mes filles et mon fils. Je lance un sujet de discussion : « J’ai lu dans un article que les animaux femelles avaient tendance à nourrir en plus grande quantité leur petits de sexe masculin que leur petits de sexe féminin. Elles le font par instinct de survie : les mâles sont plus robustes que les femelles et ont donc plus de chance de survivre et de procréer. Et une psychologue disait qu’inconsciemment, nous les mères ont avaient tendance à faire ça aussi avec nos propres enfants. C’est curieux car je ne pense pas être comme ça avec vous… »

Mes deux filles se regardent et sourient : « Bah, bien sur que si Maman tu as tendance à plus nourrir le frangin que nous… »

Je rétorque : « Non je vous nourris à part égale. »

« Peut-être mais tu as quand même souvent tendance à nous dire à nous de faire attention, tandis que tu laisseras Paul se resservir plusieurs fois. »

« Mais c’est normal, il est en pleine croissance ! »

Mon aînée s’esclaffe : « Mais nous aussi, on a été pré-adolescentes et en pleine croissance et pourtant tu n’avais pas du tout cette logique et tu commençais déjà à nous avertir qu’on risquait de prendre du poids si on mangeait trop. Regarde Paul : il a fini le reste de paella, il se prend deux desserts et ça ne pose problème à personne. Si jamais il y a des restes et qu’on doit choisir qui les finit, ça sera souvent lui qui sera servi »

Je suis un un peu vexée,et il faut me comprendre : mes filles ont quand même fortement sous-entendu que je les traitais de manière inégale et que je privilégiais mon fils plutôt que mes propres filles.

Une de mes filles se rend compte du malaise et vient me réconforter : « Ne t’en fais pas, on ne te reproche rien : comme tu l’as dit c’est dans la nature animale de procéder de manière à avantager un maximum les plus forts car ils ont une probabilité plus importante de vivre. Aujourd’hui, nous avons des moyens, une avancée technologique et scientifique qui nous permet d’avoir sensiblement la même égalité de chance de vivre, de grandir et de nous développer que nous soyons des femmes ou des hommes. Le sexe n’entre plus en ligne de compte et tant mieux. Mais l’instinct animal peut parfois prendre le dessus et ça n’est pas une fatalité. Le plus important c’est d’admettre ses tords quand on les réalise et de rester vigilant quant à de possibles comportements inconsciemment sexistes »

C’est désormais la blogueuse de 27 ans qui intervient :

Est-ce que plus tard je serai une mère qui nourrira plus ses fils que ses filles ? Est-ce que j’aurai une attitude parfois sexiste avec mes enfants et que je leur donnerai sans le vouloir une éducation genrée ? Peut-être que oui, je ferais sûrement des erreurs d’autant que je dois moi-même apprendre à déconstruire de nombreux clichés sexistes et que certains sont très tenaces. Le but n’est pas de se culpabiliser constamment mais de toujours se remettre en question pour offrir à nos enfants les meilleures chances de s’épanouir dans notre monde.

Les aventures sexistes de Lily – 11# La nympho

Je vous présente la mini-série “Les aventures sexistes de Lily” qui regroupe divers témoignages scénarisés portant sur le sexisme ordinaire. Par soucis d’anonymat, les récits mettront en scène le personnage de Lily, une jeune femme dans la vingtaine. Lily est donc un personnage fictif mais les expériences qu’elle vit sont très loin de l’être et constituent le recueil de nombreux témoignages d’amis, de collègues, de connaissances, et de quelques expériences personnelles.  Le but de ce projet est de sensibiliser les lectrices et lecteurs au sexisme omniprésent dans la vie des femmes, en espérant que celui-ci ne soit plus ignoré ou justifié. Cette semaine, voici le onzième chapitre : la nympho. Bonne et heureuse lecture !

(Et si vous n’avez pas lu le dernier chapitre, cliquez ici !)

Je fréquente un nouveau garçon, il est gentil et il a l’air très attentionné et nous entamons une relation un peu plus intime. On passe plusieurs semaines ensemble mais très rapidement je m’ennuie sur le plan sexuel. Il est peu entreprenant, j’ai le sentiment d’être la seule à le solliciter pour une relation sexuelle et souvent je le sens très réticent à faire l’amour. Je me rends compte qu’il n’en a absolument jamais envie.

Un jour, alors que je tente une énième approche, il me repousse à nouveau, se met en colère et me traite de nymphomane. Il me dit que j’ai un vrai problème avec le sexe et que je ne devrais pas en avoir autant envie.

Je suis très tentée de lui faire remarquer que c’est plutôt lui qui a un problème. Je me retiens de toutes remarques blessantes car je suis bien consciente que ni l’un ni l’autre ne sommes fautifs face à cette situation et que nous n’avons simplement pas la même libido. Mais je suis très vexée de l’entendre me reprocher mes envies. Je n’y suis pourtant pour rien si ma libido est largement supérieure à la sienne. Il rejette la responsabilité sur moi en sous-entendant que j’ai quelque chose d’anormal, alors qu’il pourrait aussi se remettre en question quant à .son manque de désir flagrant !

Je discute avec des amies et je réalise que nous sommes nombreuses à avoir des envies plus importantes que celles de nos partenaires masculins et que souvent ceux-ci se justifient en nous accusant d’être anormales, obsédées ou nymphomanes.

On a trop longtemps pensé que le plaisir de la femme dans la relation sexuelle était secondaire tout comme ses envies. On imagine ainsi que c’est l’homme qui initie les rapports et que la femme se contente de les accepter. Il semble inenvisageable pour certains hommes que les femmes aient plus envie de sexe qu’eux. Autrement, c’est qu’elles ont un problème psychiatrique justifiant un excès de libido : c’est une accusation blessante et humiliante.

Les garçons n’ont donc pas le monopole du sexe, il n’y a rien d’humiliant à avoir moins de désir que sa partenaire féminine et il est inutile et très mesquin de rejeter la faute sur elle et de la faire culpabiliser.

Les aventure sexistes de Lily – 10# Paternamédicalisme ou Médicapaternalisme ?

Je vous présente la mini-série “Les aventures sexistes de Lily” qui regroupe divers témoignages scénarisés portant sur le sexisme ordinaire. Par soucis d’anonymat, les récits mettront en scène le personnage de Lily, une jeune femme dans la vingtaine. Lily est donc un personnage fictif mais les expériences qu’elle vit sont très loin de l’être et constituent le recueil de nombreux témoignages d’amis, de collègues, de connaissances, et de quelques expériences personnelles.  Le but de ce projet est de sensibiliser les lectrices et lecteurs au sexisme omniprésent dans la vie des femmes, en espérant que celui-ci ne soit plus ignoré ou justifié. Cette semaine, voici le dixième chapitre : Paternamédicalisme ou Médicapaternalisme ? Bonne lecture !

Je ne prends plus la pilule car les effets secondaires sur la dernière en date ont été dévastateurs. J’ai aussi testé le stérilet, mais celui-ci a causé d’énormes douleurs et des règles hémorragiques. Je décide de ne plus utiliser d’autres moyens de contraception que les préservatifs avec le garçon que je fréquente.

Je ne saurais expliquer ce qu’il s’est passé, je suppose qu’il y a eu un accident de capote et qu’elle s’est déchirée, mais je comprends après un retard de règles de plusieurs jours que je suis enceinte.

Très angoissée, j’en parle à mes parents qui sont heureusement là pour me soutenir et on prend rapidement rendez-vous dans la clinique d’un gynécologue qu’on nous a conseillé et qui pratique l’avortement.

Tout se passe très bien, le médecin est très gentil et rassurant, le personnel soignant également. J’aurai la méthode d’avortement par aspiration, je vais donc être mise sous anesthésie générale. Au réveil, on m’explique que l’intervention s’est bien déroulée, et que je pourrais rentrée chez moi après une nuit d’hospitalisation.

Le lendemain matin, le gynécologue me présente mon ordonnance pour les soins post-opératoires. Je suis très surprise de voir qu’une pilule est prescrite. Je lui explique je ne souhaite pas la reprendre du fait des mes antécédents d’effets secondaires. Il me répond que c’est obligatoire, après un avortement, pour ma santé de prendre la pilule.

En sortant de la clinique, j’appelle mon médecin de famille en qui j’ai confiance et je lui répète les paroles du gynécologue. Mon médecin traitant me répond que c’est complètement faux, qu’il n’y a aucune raison de santé qui justifierait que je suive un traitement hormonal et que si je le désire, je n’ai pas à le prendre.

Je comprends alors que ce gynécologue m’a prise pour une idiote et a cru bon de m’imposer une contraception en essayant de me duper.

Une femme est libre de son corps, elle est aussi intelligente qu’un homme et elle peut donc choisir de prendre la contraception de son choix et personne n’a à juger ses décisions. La pilule est loin d’être la plus efficace, d’autant qu’elle nécessite une rigueur dans la prise qui ne coïncide pas forcément avec le rythme de vie de toutes les femmes. Et il est pourtant certain qu’il s’agit du moyen de contraception ayant le plus d’effets secondaires. Il faut donc arrêter de vouloir l’imposer de manière systématique comme le remède à tout ! (Cf le précédent article : vous reprendriez bien un peu d’hormones ? )

On voit ici très bien ce qui a du se passer dans la tête de ce médecin : il a cru cerner une patiente assez jeune, bien que majeure et très informée sur sa santé. Il l’a jugée comme étant inconsciente et immature et il a donc estimé pouvoir lui imposer contre son gré la pilule, « pour qu’elle ne se ramène pas 5 mois plus tard pour avorter à nouveau ». Pour commencer, s’il avait pris le temps de réellement discuter avec cette femme, et de lui donner un avis médicale (même si très subjectif et paternaliste), il aurait pu aussi entendre la réponse de sa patiente lui expliquant pourquoi elle ne voulait pas reprendre la pilule et aussi quels étaient les moyens de contraception qu’elle allait utiliser.

Petit aparté sur l’avortement :

L’avortement n’est certes pas un moyen de contraception, mais il faut arrêter de crier à l’abus à chaque fois qu’une femme décide d’y avoir recours : c’est un droit et une liberté qui ne devrait même pas être remis en question ! Pas besoin d’avoir été violée ou d’être mineur pour se sentir légitime d’avorter : un accident peut arriver à n’importe qui et on n’a pas à se justifier ni à se sentir coupable.

Être active(-f) le 8 mars


Nous sommes le 8 mars et c’est la journée internationale pour les droits des femmes.

Pour expliquer brièvement les origines de cette journée, elle a été reconnue officiellement en 1977 (bien que proposée une petite soixantaine d’années avant) par les Nations Unies, et avait pour objectifs à l’époque de promouvoir les droits des femmes, notamment le droit de vote, le droit au travail etc. En France, cette journée n’est pas fériée mais elle le devient de plus en plus dans d’autres pays. Elle est souvent confondue avec une journée de fête. Il ne s’agit pourtant pas d’un Noël pour les femmes ou d’une seconde fête des mères ou Saint-Valentin…

Le 8 mars a une importance capitale car cette date est un prétexte pour ouvrir la discussion et le débat autour des femmes et de leurs droits : on rend ainsi compte des changements positifs et on dénonce les inégalités sexuelles encore trop tenaces dans le monde. Il ne s’agit donc pas que d’un jour historique et symbolique mais bien d’une occasion de penser l’avenir autrement, d’encourager le changement pour améliorer les libertés.

De nombreuses actions sont mises en place à cette occasion, notamment avec l’organisation de conférences importantes et des rassemblements dans de nombreux pays du monde. Bien que les médias transmettent des informations autour de cette journée, il y a encore beaucoup de confusions et il peut être difficile d’oser s’impliquer au cours de cet événement, par manque de connaissances sur le sujet.

Quoi, comment, pourquoi, le 8 mars ?

Si vous cherchez plus d’informations à propos du 8 mars ou si vous souhaitez vous investir durant cette journée, je vous inviterai dans un premier temps à vous rendre sur internet qui regorge de renseignements. Par exemple, le site http://8mars.info renseigne sur les événements phares de cette journée et les actions individuelles possibles.

Mais autrement, comment peut-on s’investir en faveur des droits des femmes ?

On n’est pas obligé d’adhérer à une association féministe ou de manifester dans la rue pour s’engager et soutenir l’égalité homme-femme. On a tous accès à une chose qu’on peut enrichir et partager : c’est notre connaissance. Je vous propose donc quelques actions faciles à appliquer.

Pour commencer, renseignez-vous ! C’est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur notre histoire, à propos des femmes importantes qui ont eu un impact positif sur nos libertés et nos droits, et de mieux comprendre les notions et les concepts féministes, ainsi que les enjeux actuels auxquels nous devons faire face : harcèlement de rue, violence faites aux femmes, sexisme ordinaire…

C’est aussi le moment de partager vos valeurs et vos connaissances en matière de féminisme auprès vos proches. Par exemple vous pouvez expliquer les véritables objectifs de la journée internationales pour les droits des femmes, qui n’est pas « une fête de la femme » et peut-être même définir certaines notions de féminisme. Il faudra parfois s’armer de patience, même si les incompréhensions et les possibles jugements ou moqueries de vos interlocuteurs vous déclenchent des sentiments de frustration très intenses.

Pour vous aider à partager ces valeurs, vous pouvez utiliser plusieurs supports d’informations plus ou moins ludiques qui permettront à vos proches d’avoir accès à différents points de vue et peut-être de déconstruire quelques stéréotypes sexistes.

Quelques supports intéressants :

  • Stop harcèlement de rue : une association qui démarche de manière pacifiste et éducative pour lutter contre le harcèlement sexiste dans les lieux publiques.
  • Madmoizelle.com et Rockiemag des webzines sur les femmes qui ont une forte influence féministe
  • Parlons peu mais parlons une chaîne youtube qui informe sur la sexualité, les relations amoureuses, la santé des femmes de manière décomplexée
  • Pépite sexiste sur twitter qui rend compte des clichés sexistes omniprésents dans les pubs, les médias, les supermarchés etc.
  • Quoi de meuf : un podcast féministe qui aborde des sujets d’actualité et de pop culture

Ensuite, l’éducation est la meilleure arme pour lutter contre le sexisme, donc si vous êtes en contact avec des enfants ou des adolescents, vous pouvez aussi en profiter pour leur transmettre des valeurs d’égalité, leur apprendre et leur faire réaliser qu”historiquement on n’a pas toujours tous été égaux en matière de droit et que cette égalité est encore très fragile voire inexistante dans certains domaines.

Enfin, il faut avoir conscience que cette journée est un prétexte pour soulever les problèmes et pour changer les choses mais qu’elle doit avoir un impact sur l’année entière. Les actions que j’ai présentées ci-dessus sont à la portée de tous et peuvent être appliquées à tout moment de l’année, pas que le 8 mars.