Échange ordinaire sur le sexisme ordinaire

Cette année je n’ai pas pu m’investir autant que je le souhaitais dans la cause féministe : j’ai du partir de l’association Stop Harcèlement De Rue car je n’avais plus le temps de m’investir comme je le souhaitais à cause de mon travail et des études. Mais ça ne m’a pas empêchée de vivre à fond le féminisme, de continuer à défendre l’égalité et de critiquer les absurdités que j’ai pu capter au cours de conversations.


Comme cette fois où un collègue a affirmé que les femmes et les hommes n’avaient pas les mêmes capacités physiques et intellectuelles, et que c’était pour cela que les hommes étaient mieux payés que les femmes : car ils étaient plus compétents ! Autant vous dire que ce jour-là, j’étais tellement abasourdie d’entendre une telle bêtise que j’ai failli m’arracher les cheveux. (Et quand je parle de collègue, je parle là d’un homme qui est actuellement professeur des Écoles, c’est-à-dire qu’il enseigne les bases intellectuelles auprès des enfants et qu’il a entre autres pour rôle de transmettre les valeurs de la République, donc celle d’égalité et notamment d’égalité des sexes – Cf le programme d’enseignement moral et civique )


Je souhaite également vous faire part d’une conversation que j’ai eu avec un homme sur facebook. Pour comprendre le contexte, je dois préciser que je suis sur  Shapr, une application de rencontres professionnelles, dans le but d’élargir mon réseau sur internet. J’y ai fait des rencontres très intéressantes et j’espère continuer d’en faire. Sur mon profil, dans les mots clés, apparait donc le mot « féminisme ». J’ai ainsi fait via ce réseau social la rencontre d’un homme que, par respect d’anonymat, j’appellerai Jean-Paul. Il a voulu qu’on échange sur Facebook car il souhaitait me montrer des photos en lien avec son projet professionnel.

Un jour, alors qu’on parlait des victimes de viol en Inde, Jean-Paul m’a dit : « tu sais autant je suis contre toute forme de féminisme, mais quand même c’est vrai que là, c’est grave ce qu’il se passe »

Évidemment, je lui ai demandé de bien vouloir être plus explicite et précis dans ses propos. Jean-Paul a donc ajouté « C’est toujours trop quand je vois les féministes, toujours à vouloir être égale à… Alors que chacun a ses nuances… »

Autant vous dire que l’argument du « On est biologiquement différent » m’a blasée, mais c’est normal à force de l’entendre, j’ai fini par me lasser de devoir contre-argumenter. Mais j’ai quand même répondu « Qu’on soit différents c’est une chose, mais attendre d’être traité de la  même façon, c’est simplement normal »

Il a alors répliqué : « Oui pour un traitement égal, en tenant compte de toutes les nuances, ne pas dire : on a le droit juste pour avoir le droit »

Jean-Paul a répété plusieurs fois que ce qu’il souhaitait c’était un bien être et des actes de bienveillance pour les hommes et les femmes qui devaient vivre en se complétant et en permettant un certain « équilibre ». Et qu’en gros, d’après lui, les féministes étaient dans une exigence excessive et ne prenaient pas en compte le fait que les femmes et les hommes étaient différents et n’avaient donc pas les mêmes besoins.

Il est donc temps de faire une petite pause : Jean-Paul (qui est dans une position avantageuse dans notre société du fait de son sexe masculin) pense pouvoir estimer ce dont les femmes ont besoin et sont en droit de « réclamer ». Donc si on doit imager grossièrement ses propos ou donner un exemple, cela reviendrait à dire :

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(Petite parenthèse, comme ça m’a fait beaucoup rire de faire ce montage sur Paint, je me suis amusée à en faire d’autre dans le genre !)

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Revenons aux choses sérieuses : on avait donc là de la part de Jean-Paul un discours paternaliste : il pensait sincèrement bien dire et il n’avait aucune haine contre les femmes. Il n’a juste pas compris qu’il ne pouvait pas décider de ce qui était bon ou non pour le genre féminin, tout simplement parce qu’il n’est pas une femme ! Il ne subit pas les inégalités dont les femmes sont prioritairement victimes du fait de leur sexe.

Je peux comprendre que pour lui tout ça soit flou, car il est né favorisé par rapport aux femmes. Les inégalités, parce qu’il ne les vit pas, il aura toujours plus de mal à les voir,  et c’est compréhensible. Mais rien ne l’empêche pourtant de se renseigner et de remettre ses croyances en question, ou peut-être d’apprendre à se mettre à la place d’une femme et de réaliser que tout n’est pas aussi simple qu’une question d’équilibre entre une femme et un homme. D’autant que cette notion d’équilibre est totalement arbitraire (j’aimerais revenir sur ce sujet dans un prochain article).

Pour revenir aux besoins des hommes et des femmes, en effet ils n’ont pas les mêmes besoins. Et c’est bien justement là le problème : la société dans laquelle nous vivons a été conçue pour privilégier les hommes. De ce fait,  les femmes sont défavorisées dans de nombreuses situations.

Exemple au hasard : difficile pour une femme de mener à bien un allaitement lorsqu’elle travaille dans une entreprise, malgré le fait que des lois ont été mise en place à cet effet.

Autre exemple : les femmes et les hommes ne sont pas égaux en matière de contraception, il en va majoritairement de la responsabilité de la femme puisque les moyens de contraceptions proposés sont majoritairement féminins (hormis le préservatif et la stérilisation). Il s’agit là d’une contrainte pour les femmes qui a été acceptée et normalisée dans notre société.


J’aimerais illustrer mes propos avec une série de vidéos Youtube : Martin, sexe faible,  qui m’a beaucoup parlé et qui permet justement de comprendre un sexisme qu’on ne voit pas nécessairement  à première vue (sexisme ordinaire) et qui est pourtant évident. Le principe de cette série c’est de voir comment vit un homme qui évolue dans une société où ce sont les femmes qui ont le pouvoir. De cette façon, sont mis en évidence les inégalités de manière parfois absurde (car on n’a pas l’habitude de les voir du côté masculin) et donc de réaliser qu’elles n’ont pas lieu d’être chez les femmes.

Cette vidéo en particulier aborde la question de la charge mentale mais aussi le fameux discours moralisateur niant le sexisme ordinaire (un peu comme dans ma conversation avec Jean-Paul)

Voilà, je vous remercie d’avoir lu cet article, j’espère qu’il ouvrira autant les esprits que les débats !

Parole de femmes.

En tant qu’enseignante, je me suis inscrite à de nombreux groupes pour les professeurs des Écoles sur lesquels on échange nos astuces, conseils, supports d’enseignement et où on plaisante plus ou moins sur notre boulot et nos élèves.

Il y a quelques jours, en regardant mon fil d’actualité, je suis tombée sur la publication suivante, provenant d’un de ces fameux groupes d’enseignants :

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Sous cette publication, le commentaire d’une collègue : « C’est sexiste, comme blague ». Et en réponse à celui-ci : « Mais n’importe quoi, c’est juste une petite blague » « Celui qui a publié ça est un mec adorable et rigolo, si tu le connaissais, tu saurais qu’il n’est pas macho pour un sous » « Je suis une femme et je ne suis pas choquée par cette blague » « C’est juste pour rire, faut arrêter de tout prendre au sérieux, c’est juste du second degré ». D’autres commentaires suggéraient que c’était un peu « foutre la merde » de dire que la publication était sexiste, et que dans ce groupe on était là pour s’amuser et qu’il s’agissait d’une ambiance bonne enfant…

J’ai évidemment eu un avis très tranché : il s’agissait pour moi d’une publication pas très fine utilisant un cliché franchement sexiste qui ne me faisait pas rire du tout. Alors pourquoi cette publication m’a-t-elle dérangée tandis qu’une majorité de gens l’ont trouvée mignonne et tout à fait innocente ?

Tout d’abord, je suppose qu’en tant que féministe, je suis bien plus sensibilisée à la question du sexisme ordinaire et plus attentive aux clichés qui flottent autour de nous. Cette publication m’est apparue comme une énième plaisanterie sexiste de mauvais goût. Et à force d’en entendre (et d’en lire, merci les réseaux sociaux), je dois bien dire que je suis lassée et que je n’ai plus envie d’ignorer ou de prendre les choses « à la légère ».

 

Pourquoi cette bague n’est-elle pas si innocente que ça ? 

Le cliché de la fille ou femme bavarde, est présent en permanence dans notre société : dans les publicités, les séries, les films… La « pipelette » est en général incarnée par une jeune femme souvent insupportable, plutôt jolie et pourquoi pas blonde (soyons dans les clichés jusqu’au bout). Elle parle évidemment pour ne rien dire, a un débit de parole insensé, au point qu’on se demande comment elle fait pour respirer. Elle a souvent un petit ami qui fait semblant de l’écouter et qui lui répond par quelques soupirs réguliers. Lorsque les « pipelettes » se retrouvent entre elles, on observe un amas de filles en train de piailler (comme nos petits oisillons de l’image) et on entend un bruit désagréable, impossible à décrypter, et donc souvent sans intérêt.

 

Quelle place donnons-nous à la parole des femmes ?

Un des clichés qui va donc de paire à celui de la femme « bavarde », c’est celui de la femme qui n’a rien de bien intéressant à dire. On est là dans un stéréotype qui nous fait énormément de tort, car il ne s’agit plus d’une plaisanterie. La parole d’une femme est très souvent décrédibilisée de par son sexe, dans tous les domaines. On observe également un autre stéréotype qui questionne une fois de plus la légitimité des femmes à prendre la parole : la femme est une commère qui parle de manière insidieuse dans le but de causer du tord, colporter des ragots et des rumeurs. À quoi bon la laisser donc parler si c’est pour l’entendre « cracher son venin » ?

Quelques exemples relatant du peu d’importance que l’on donne à la parole d’une femme : la députée Aurore Bergé a été récemment vivement critiquée et ridiculisée car selon certains, sa robe était bien trop courte pour que ses arguments politiques aient le moindre intérêt. En politique, les femmes sont d’ailleurs très souvent tournées au ridicule et leur parole remise en question, à travers des arguments liés à leur sexe et ça n’est pas un hasard. Un autre exemple très parlant qu’il n’est pas rare d’observer à en voir la quantité de témoignages, ce sont les victimes de violences sexuelles dont on ne prend pas la plainte au sérieux ou qu’on accuse parfois d’être des menteuses. Sans parler des femmes féministes que l’on traite généralement de « grandes gueules » qui se plaignent pour des choses « pas si graves » : cela a pour conséquence que leur discours est beaucoup moins pris au sérieux et a donc moins d’impact.

 

L’éducation et l’école, dans tout ça ?

Malheureusement dans notre société, dès la naissance, les enfants entendent les adultes plaisanter et répéter combien les filles sont de vraies moulins à parole. Ces clichés sexistes sont donc intégrés dès l’enfance et ne sont jamais remis en question. On brime aussi les petites filles qui doivent répondre à de nombreux impératifs : être sages, se tenir tranquilles, être appliquées et respectueuses… On juge souvent les gamines un peu trop dynamiques, tandis qu’on dit qu’un petit garçon agité a besoin de se dépenser et que c’est « normal ». Je n’ai pas énormément de recul sur la question, mais déjà en quelques mois d’enseignement en élémentaire, j’ai pu observer ceci : en classe, une majorité de garçons  interviennent sans lever la main, parlent fort, parfois crient et coupent la parole (souvent celle des filles, par ailleurs). Les jeunes filles souvent très discrètes, attendent leur tour pour parler et n’osent parfois pas participer. Lorsque l’on met en place des groupes de travail, ce ne sont pas les filles qu’on entend le plus, mais les petits garçons. De plus, j’ai souvent du intervenir car certains refusaient d’écouter les arguments de leur camarades féminines. On pourrait donc envisager que dès leur plus jeune âge,  les enfants, selon leur genre, intègrent plus ou moins une légitimité à la parole.

 

Je n’ai pas pour prétention de m’y connaître beaucoup sur le sujet et je donne simplement mon avis. Je souhaiterais conclure que selon moi, toutes ces « petites » plaisanteries sexistes véhiculées durant notre enfance sont responsables en partie de clichés bien plus graves qui nous décrédibilisent une fois adultes.  On pourrait donc peut-être éviter d’enfermer les enfants dans des cases, valoriser les petites filles pour qu’elles aient plus confiance en elles, les inciter à s’exprimer, et favoriser la communication et l’écoute entre eux.

 

 

Écrire, c’est une façon de parler sans être interrompu.

Jules Renard.

La Cigale et la Fourmi – Slut-shaming

La cigale, ayant dansé toute la nuit,
Se trouva fort dépourvue,
Lorsqu’elle trouva dans son lit,
La présence d’un intrus.
Pas un seul petit souvenir,
De la soirée, ne put lui parvenir
Mais une douleur sanglante et aiguë
Indiqua ce que durant cette soirée, elle avait vécu.
Elle courut chez sa voisine fourmi,
Confier sa mésaventure de la nuit,
La priant de l’écouter,
Et de partager sa peine :
« Il m’a abusée, lui dit-elle »
La fourmi n’est pas bienveillante,
C’est là un de ses plus grands défauts :
« Où étiez-vous, minuit sonné ? »
Lui demanda-t-elle.
« En ville, je m’amusais et je dansais,
Ne vous déplaise »
« Vous dansiez ? Dans cette tenue ? J’en suis fort aise !
Récoltez ce que vous semez, maintenant ! »
Et elle lui claqua la porte au nez.
En se disant qu’elle l’avait bien cherché.
La fourmi, partit à ses occupations,
Sans remarquer l’intrusion d’un malotru.
Celui-ci l’attrapa par les antennes,
Lui prit sa vertu,
Sans lui demander la permission.
La fourmi choquée et apeurée,
Courut chez la cigale pour s’excuser.

 

Mesdames, Messieurs,
Cessez de juger les victimes :
Exister n’est pas un crime,
Pointez plutôt du doigt les responsables,
Ceux qui guettent dans le noir,
Le moment opportun pour attaquer leur proie,
Choisissant les plus fragiles et isolées,
Sans se soucier des souffrances infligées.

Question de pâtisseries

” Bonjour je voudrais un éclair au café s’il vous plaît.
– Et moi une tarte au citron.
– Ah, je ne savais pas que tu aimais les tartes au citron !
– Désormais tu sais ahah, tu t’en doutais même pas un peu ?
– Maintenant que j’y pense, peut-être qu’en effet, certains signes auraient du m’alerter.
– Mais ça te pose un problème que je n’aime pas les éclairs au café et que je préfère les tartes au citron ?
– Non pas du tout, t’inquiète pas, je suis très tolérante et j’accepte que les gens soient différents et n’aiment pas tous les mêmes pâtisseries ! Les gens ont le droit d’aimer la pâtisserie qu’ils veulent et personne ne devrait les en empêcher !
– Tu as l’air contrariée pourtant…
– Nan mais ça me pose question…
– A propos ?
– A propos de mon propre rapport aux pâtisseries…
– Comment ça ?
– Bah tu vois, moi j’aime vraiment beaucoup les éclairs au café, j’aime leur saveur, l’amertume du café délicieusement mélangé à la crème pâtissière, le glaçage sucré qui fond dans la bouche… Mais parfois, il m’arrive de penser à une crème au citron et d’avoir très envie d’y goûter.
– Et pourquoi tu n’essayes pas ?
– Bah, j’aime déjà les éclairs au café ! Alors d’accord, c’est vrai que parfois, j’ai quelques déceptions et j’en suis pas entièrement satisfaite, notamment je suis pas une grande fan de la pâte à chou… Mais quand même, je ne pourrais me passer d’éclairs au café !
– Rien ne t’oblige à arrêter de manger des éclairs au café, mais pourquoi t’empêcher d’essayer les tartes au citron ?
– Oui mais quand même, c’est déjà pas bien vu de montrer qu’on aime les tartes au citron, tu imagines si les gens apprenaient que j’aime en réalité les éclairs au café ET les tartes au citron ?
– De quoi as-tu peur exactement ?
– Bah ça me fait passer pour quelqu’un d’instable, non ? Qui aime manger à tous les râteliers…
– Mais non ! Ça prouve juste que tu aimes les pâtisseries ! Y a pas de mal à être gourmand que je sache, et en plus tu n’as même pas essayé ! Ça se trouve en y goûtant, tu découvriras que ça n’est pas du tout ta tasse de thé et que tu es bel et bien une adepte de l’éclair au café !
– Oui c’est vrai, mais c’est justement ça qui me fait peur, de goûter un jour à la tarte au citron et de réaliser que je la préfère bien plus à l’éclair au café… Ou pire, que je n’ai jamais aimé les éclairs au café et que je m’étais trompée pendant toutes ces années…
– En quoi serait-ce si grave ?
– Ça remettrait en question toute mon identité…
– Tu préférerais rester toute ta vie à manger quelque chose que tu penses aimer, tout en ayant très envie de goûter à autre chose ?
– N’empêche, je ne sais pas si j’oserais passer le cap de la crème acidulée.
– Rien ne t’oblige à te précipiter : écoute ton cœur et tes envies, et si un jour dans la vitrine, une tarte au citron te donne trop envie et que tu te sens prête, lance-toi !”

citron café

 

La gazelle et le croco – Harcèlement de rue

Dame gazelle, dans sa savane sauvage,
S’abreuvait près d’une source isolée
Monsieur Croco , à la vue de cette beauté,
Lui tint à peu près ce langage :
« Et bonjour, mademoiselle la gazelle
Que vous êtes charmante ! que vous me semblez craquante !
Sans mentir, votre arrière train
Se rapporte si bien à vos petits airs coquins
Que je pourrais bien vous prendre de gré ou de force, ne vous déplaise ! »
A ces mots, la gazelle est loin d’être en joie
Fière, mais fort contrariée,
Elle s’éloigne du croco en faisant mine de l’ignorer
Frustrée, le croco ne resta pas sans voix
Il rattrapa sa victime et reprit de plus belle
« Vous êtes fort malpolie
Votre Maman ne vous a-t-elle pas appris à dire merci ?
Ignorez-vous à qui vous parlez ?
Vous devriez être reconnaissante que je daigne vous regarder ! »
Le croco bouscule alors violemment la gazelle
Qui tombe à la renverse, sidérée devant tant d’agressivité
Le monstre ouvre un large bec prêt à dévorer la belle

Un jeune lionceau passant par là, découvre la scène avec effroi,
Il se précipite vers le prédateur affamé
Et lui coince un bâton dans le gosier
Paniqué, le croco laisse enfin tomber sa proie
Après quelques instants et face à la foule qui s’était formée,

img_20160920_195441La gazelle se ressaisit et dit : Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout harceleur n’a pas sa place ici
Gazelle, singe, hippo, éléphant, girafe…
Aussi nombreux et différents que nous sommes
N’avons-nous donc pas le droit de vivre en liberté ?
Ne pouvons-nous pas nous balader sans être agressés ?
Ne méritons-nous pas tous d’être traités avec respect ? »

Honteux et confus
Le croco se retira
Mais on ne sait
Si la leçon fut retenue…

Journée internationale des droits de la femme : luttons contre le harcèlement de rue !

Bonjour,

Demain, ce sera la journée internationale des droits de la femme. Il y a encore quelques années, je ne comprenais pas l’intérêt d’une journée spéciale pour la femme, je ne percevais pas ses enjeux et j’avais même tendance à me moquer un peu. Ce n’est que plus tard que je me suis intéressée véritablement à la place des femmes dans notre société, dans le monde, notamment le sexisme qu’elles subissent quotidiennement dans tous les secteurs : travail, famille, amis, espace public… Et après, quelques petites expériences très désagréables qui m’ont ouvert les yeux, je me suis finalement sentie concernée !

Alors, je ne vais pas m’amuser à lister toutes les injustices que subissent les femmes dans le monde, bien qu’elles soient toutes légitimes, mais je préfère m’intéresser à une cause en particulier : le harcèlement de rue.

Ce phénomène qui n’avait encore pas de nom il y a quelques années est presque devenu une banalité de notre quotidien.
Et pourtant ces phrases qu’on entend dans les transports, dans la rue, dans les bars, n’ont rien de banales et choquent par leur violence verbale : “Sale pute”, “Je vais te trouer le cul, salope”, “Vas-y fais ta belle”, “Pourquoi tu réponds pas? “, “J’ai envie de te violer tellement t’es bonne”etc. Des insultes qui nous est impossible d’ignorer tant elles attaquent directement notre personne et ce que nous sommes.

Victime de harcèlement de rue de manière régulière, j’ai pourtant eu de mal à identifier ce que je subissais comme du harcèlement, et j’ai traversé de nombreuses étapes émotionnelles :

De la colère: “Quelle connard, pourquoi il vient m’emmerder ce gars ? ”
De la peur “Est-ce qu’il pourrait aller plus loin dans ses paroles ? Est-ce que je suis en danger ?”
Des doutes : “Et si c’était moi ? Est-ce que je ne prendrais pas moi-même un risque en sortant dans la rue aussi tard ?”
De la culpabilité : ” Il a raison, je n’aurai jamais du mettre cette jupe, elle est bien trop courte…”
De la honte : “Je suis ridicule, j’aimerai me cacher, cacher mes jambes, cacher mes fesses”

Et à plus long terme, je suis devenue blasée et résignée : “Je ne mettrai pas de jupe, parce qu’on va ENCORE m’emmerder, je ne prendrai pas les transport parce qu’on va ENCORE me faire chier”

… Et paranoïaque “Pourquoi cet homme, s’assoit-il à côté de moi ? Qu’est-ce qu’il me veut ? Qu’est-ce qu’il cherche ?”

Mais pourquoi je vous parle de tout ça ? Parce que depuis quelques mois, j’ai décidé que je n’allais plus laisser faire et que je refusais de conditionner ma vie par peur et par crainte de me faire agresser. J’ai découvert une association qui se nomme Stop Harcèlement de Rue et je suis devenue adhérente !
Encore novice, je participe pour la première fois à un événement “Zone sans relou” organisé par l’association demain soir à la rue de Lappe !

Si vous passez dans le coin, ou que vous avez tout simplement en vie de nous voir, voici toutes les infos sur l’événement : ici!

 

La série Supergirl : mise en évidence du sexisme au travail

J’ai débuté la série Supergirl, malgré les avis négatifs que j’ai pu lire et j’ai été surprise de constater qu’elle était en réalité pas si mal, un peu dans le même genre que la série The flash

J’avais entendu des critiques sur le costume de Supergirl considéré comme un peu cucul et je ne suis absolument pas d’accord : elle porte les mêmes couleurs que Superman et sa robe reste toujours plus classe que le slip moule bite de Superman.

Ce qui m’a particulièrement intriguée dans cette série ne sont pas les actions de Kara en tant que Supergirl mais plutôt son vécu au travail en tant qu’assistante. La série dénonce énormément les différences homme-femme au travail et les exigences démesurées et illégitimes imposées aux femmes.

Comme l’explique la patronne de Kara : une femme n’a pas le droit d’être en colère, n’a pas le droit de s’énerver sinon elle passera pour une hystérique et risquera de compromettre sa carrière. Tandis qu’un homme, avec le même comportement, passera inaperçu, voire sera considéré comme ayant un vrai caractère. La tenue est de rigueur pour une femme qui veut garder son job : rester calme et souriante, en toutes circonstances.

A travers Superman, on constate aussi l’intransigeance qu’a la population envers Supergirl, celle-ci étant constamment comparée à son cousin. Cela fait référence au fait qu’on estimera toujours plus les compétences d’un homme à celles d’une femme, même si les deux fournissent exactement le même travail avec un résultat de qualité égale.

On aborde également l’animosité évidente que certains hommes ont vis à vis des femmes ayant du pouvoir, certainement par crainte qu’on remette en question leurs propres compétences.

Enfin, j’aime beaucoup le fait qu’on puisse complètement s’identifier au personnage de Supergirl (bien qu’elle soit kryptonienne ! ) : elle incarne la jeune femme douce, rigolote, combattante mais aussi pleine d’indécisions et de doutes et vous savez combien j’aime ce genre de personnage !

Et vous que pensez-vous de Supergirl ?

Quand la société impose ses diktats de la beauté.

Entre les critères de beauté absurdes, les contradictions qui ne choquent personne et surtout les contraintes toujours plus importantes, on peut dire que les femmes dans notre société sont gâtées ! Voici donc quelques diktats (mes préférés) que l’on nous impose lorsqu’on est une femme.

« Ne sois pas grosse mais garde ton anorexie !
– Tu pourrais faire un effort : quelques rondeurs ça s’envisage, mais l’obésité morbide, ça n’est pas un peu exagéré ? Mange « healthy », fais toi des boissons drainantes : c’est à la mode !
– On veut une fille en vie : des bonnes fesses qu’on peut attraper, sans cellulite et pas trop molles si possible… Oui un peu de fitness ne te ferait pas de mal, mais par pitié pas de muscu, faudrait pas que tu sois trop sèche non plus…
– Argh ton IMC ne dépasse pas la vingtaine ? Tu nous la jouerais pas anorexique quand même ? Tu connais le juste milieu ? Mais mange !

Si tu pouvais être aussi banale que jolie…
– Pas d’excès, pas d’extrême, ne laisse pas trop pousser ton nez et ne te teins pas les cheveux en rouge : on ne te reprochera jamais d’être jolie, à condition de ne pas trop te faire remarquer…

 


Sape toi convenablement.
– On n’est ni en boite ni à la plage, donc la petite jupette ras les fesses, tu oublies ! Et puis ça fait un peu salope sur les bords qu’on se le dise…
– Pareil pour le jogging : le dimanche matin quand tu fais du sport,pourquoi pas, mais sinon tu laisses dans le placard.
– C’est pourtant pas compliqué de savoir s’habiller : reste féminine sans être trop sexy, ni trop couverte. Tu ne comprends donc rien ? Faut être mystérieuse un peu !

Allons-y pour le makeup :
– Tu es une femme, tu te dois d’être féminine, donc tu te dois de passer par le maquillage ! C’est pourtant logique ! Un peu de blush, un peu de mascara, un peu de … oula qu’est-ce que tu fais avec ce rouge-à-lèvre pétant ?
– Oui tu es belle maquillée comme ça, très jolie dégradé sur tes paupières, mais tu serais pas un peu un fake ? Il faut se méfier des filles maquillées ainsi : qui sait ce qui se cache vraiment sous cette épaisse couche de maquillage ? On veut des filles belles naturellement et qui prennent soin d’elles ! »

 

Je conclurais bien cette article par un discours un peu moralisateur relatant de la tolérance et de la confiance en soi. Mais je me contenterai de citer la devise d’une entreprise de fast food très connue: « Venez comme vous êtes !»
Et vous quels critères de beauté vous sortent par les yeux ? 

Infirmiers : nique les stéréotypes…

Lorsque j’étais infirmière, j’ai eu le droit à de nombreuses réflexions et blagues sexistes en lien avec mon métier. Il y a beaucoup de clichés autour de cette profession. C’est dommage car le métier d’infirmier est très épanouissant et enrichissant, et pas aussi accessible qu’on ne le croit. Aujourd’hui nous allons parler des clichés les plus fréquents et les plus navrants…

1/ Elle est comment l’infirmière ?

“UNE InfirmièrE ?”

Et les infirmiers alors ? Ce métier n’est pas exclusivement féminin : il y a des hommes, qui ne sont certes pas en majorité, mais de plus en plus nombreux et tant mieux !

“L’infirmière ne porte rien sous sa blouse !

Ah ? Ça vous plairait messieurs, qu’on se promène toutes nues sous notre blouse en vous regardant avec un regard aguicheur et en nous penchant un peu trop ? Désolée de vous décevoir, nous allons revenir à la réalité. Nous portons des sous-vêtements ! Une blouse ? Nous sommes en France et au 21ème siècle : il y a bien longtemps que nous sommes passés au pantalon blanc très large et à la tunique d’autant plus large qui ne laisse même pas de place à l’imagination !
J’en profite pour rappeler que “le stéréotype de l’infirmière sexy” est tout simplement impossible.  Durant l’exercice de nos fonctions, le maquillage doit être léger, voire inexistant, pas de vernis, les cheveux sont attachés et les bijoux enlevés. Pourquoi ? L’hôpital est un lieu à risque infectieux et les règles d’hygiène sont de mises : les bijoux et les vernis sont des nids à microbes !

Continuons dans les stéréotypes sexistes avec mon préféré :

“L’infirmière couche avec le chirurgien !”

 

On n’est pas dans Dr House ou Greys anatomie ou n’importe quelle série pseudo médicale absolument pas crédible (bien que très sympa à regarder). Les infirmières font leur job et c’est tout !

Ce stéréotype va évidemment de paire avec “L’infirmière est une grosse cochonne très généreuse de sa personne avec les patients !” (On peut nous traiter de prostituées pendant qu’on y est ?)

Et les hommes dans tout ça ?

“L’évidence étant : les infirmiers sont tous gays, voyons !” Ai-je vraiment besoin de justifier cette affirmation on ne peut plus cliché ?

Allez, arrêtons de chercher qui se cache derrière la blouse (pantalon et tunique ! ) et entrons dans le cœur du métier :

 

2/ Mais elle fait quoi l’infirmière ? 


“L’infirmière, elle fait les piqûres.”
Et souvent dans les fesses qui plus est ! “
Oui l’infirmière est tout à fait comparable à un moustique, s’abreuvant de sang ou à une mouche tsé tsé injectant toutes sortes de mélanges rendant les patients euphoriques et comateux. L’infirmière est un insecte dangereux particulièrement prévalent dans les milieux hospitaliers. Prédatrice redoutable, elle surprend sa victime au petit matin, le réveil faisant du patient une proie facile.”

“L’infirmière fait les pansements…

… Et un bisou pour que le bobo guérisse plus vite !”

Oui ! Les infirmières font les pansements ! Sauf que dans la tête des gens ça ressemble souvent à de jolis petits pansement tout mignons, alors qu’en réalité cela ressemble plutôt à un plat de sauce tomate dégoulinant de gruyère avec les odeurs en prime ! 

 

“Les infirmières se contentent d’obéir aux ordres du médecin”.

Et puis pourquoi ne pas engager des robots à leur place aussi ? Qu’on ne se méprenne pas, les infirmières exécutent bien les prescriptions des médecins, c’est ce qu’on appelle “le rôle sur prescription”. Heureusement elles ont aussi un cerveau et ne sont pas réduites à appliquer bêtement les prescriptions médicales : elles connaissent chaque traitement, son intérêt, ses effets secondaires et sont capables de reconnaître les erreurs de prescription ; autrement dit quand le médecin a fait une boulette ! (les erreurs peuvent arriver à tout le monde).

Arrêtons les clichés, et parlons réellement de ce que cela implique d’être infirmi(è)r(e)

Les infirmières doivent être capables d’assurer en cas d’urgences vitales ou non.

Leur lien relationnel avec le patient est très important et permet souvent d’établir une relation de confiance ; celle-ci étant indispensable dans le cadre d’une hospitalisation. Cela nous amène à parler du rôle propre, qui est l’essence même du métier d’infirmier. Le rôle propre est effectué par l’infirmière en toute autonomie : il consiste à observer le patient, évaluer ses besoins, poser des diagnostics infirmiers et mettre en œuvre les actions adéquates.

Le métier d’infirmier est une très belle profession bien qu’elle soit parfois difficile aussi bien physiquement que moralement et c’est souvent pour cela qu’on parle de vocation. Heureusement les moments de joies, de rires voire de fou rires, les anecdotes rigolotes et parfois complètement absurdes nous font aimer ce métier et nous aide à surpasser les événements tristes et éprouvants.

J’espère que cet article vous fera (re)découvrir ce métier souvent victime du sexisme et de l’ignorance.

Infirmier ou non, le respect de ce que nous sommes, de nos choix, de nos opinions, de nos actes ne devrait pas être quelque chose que nous réclamons mais auquel nous avons tous le droit.