La série Supergirl : mise en évidence du sexisme au travail

J’ai débuté la série Supergirl, malgré les avis négatifs que j’ai pu lire et j’ai été surprise de constater qu’elle était en réalité pas si mal, un peu dans le même genre que la série The flash

J’avais entendu des critiques sur le costume de Supergirl considéré comme un peu cucul et je ne suis absolument pas d’accord : elle porte les mêmes couleurs que Superman et sa robe reste toujours plus classe que le slip moule bite de Superman.

Ce qui m’a particulièrement intriguée dans cette série ne sont pas les actions de Kara en tant que Supergirl mais plutôt son vécu au travail en tant qu’assistante. La série dénonce énormément les différences homme-femme au travail et les exigences démesurées et illégitimes imposées aux femmes.

Comme l’explique la patronne de Kara : une femme n’a pas le droit d’être en colère, n’a pas le droit de s’énerver sinon elle passera pour une hystérique et risquera de compromettre sa carrière. Tandis qu’un homme, avec le même comportement, passera inaperçu, voire sera considéré comme ayant un vrai caractère. La tenue est de rigueur pour une femme qui veut garder son job : rester calme et souriante, en toutes circonstances.

A travers Superman, on constate aussi l’intransigeance qu’a la population envers Supergirl, celle-ci étant constamment comparée à son cousin. Cela fait référence au fait qu’on estimera toujours plus les compétences d’un homme à celles d’une femme, même si les deux fournissent exactement le même travail avec un résultat de qualité égale.

On aborde également l’animosité évidente que certains hommes ont vis à vis des femmes ayant du pouvoir, certainement par crainte qu’on remette en question leurs propres compétences.

Enfin, j’aime beaucoup le fait qu’on puisse complètement s’identifier au personnage de Supergirl (bien qu’elle soit kryptonienne ! ) : elle incarne la jeune femme douce, rigolote, combattante mais aussi pleine d’indécisions et de doutes et vous savez combien j’aime ce genre de personnage !

Et vous que pensez-vous de Supergirl ?

Quand la société impose ses diktats de la beauté.

Entre les critères de beauté absurdes, les contradictions qui ne choquent personne et surtout les contraintes toujours plus importantes, on peut dire que les femmes dans notre société sont gâtées ! Voici donc quelques diktats (mes préférés) que l’on nous impose lorsqu’on est une femme.

« Ne sois pas grosse mais garde ton anorexie !
– Tu pourrais faire un effort : quelques rondeurs ça s’envisage, mais l’obésité morbide, ça n’est pas un peu exagéré ? Mange « healthy », fais toi des boissons drainantes : c’est à la mode !
– On veut une fille en vie : des bonnes fesses qu’on peut attraper, sans cellulite et pas trop molles si possible… Oui un peu de fitness ne te ferait pas de mal, mais par pitié pas de muscu, faudrait pas que tu sois trop sèche non plus…
– Argh ton IMC ne dépasse pas la vingtaine ? Tu nous la jouerais pas anorexique quand même ? Tu connais le juste milieu ? Mais mange !

Si tu pouvais être aussi banale que jolie…
– Pas d’excès, pas d’extrême, ne laisse pas trop pousser ton nez et ne te teins pas les cheveux en rouge : on ne te reprochera jamais d’être jolie, à condition de ne pas trop te faire remarquer…

 


Sape toi convenablement.
– On n’est ni en boite ni à la plage, donc la petite jupette ras les fesses, tu oublies ! Et puis ça fait un peu salope sur les bords qu’on se le dise…
– Pareil pour le jogging : le dimanche matin quand tu fais du sport,pourquoi pas, mais sinon tu laisses dans le placard.
– C’est pourtant pas compliqué de savoir s’habiller : reste féminine sans être trop sexy, ni trop couverte. Tu ne comprends donc rien ? Faut être mystérieuse un peu !

Allons-y pour le makeup :
– Tu es une femme, tu te dois d’être féminine, donc tu te dois de passer par le maquillage ! C’est pourtant logique ! Un peu de blush, un peu de mascara, un peu de … oula qu’est-ce que tu fais avec ce rouge-à-lèvre pétant ?
– Oui tu es belle maquillée comme ça, très jolie dégradé sur tes paupières, mais tu serais pas un peu un fake ? Il faut se méfier des filles maquillées ainsi : qui sait ce qui se cache vraiment sous cette épaisse couche de maquillage ? On veut des filles belles naturellement et qui prennent soin d’elles ! »

 

Je conclurais bien cette article par un discours un peu moralisateur relatant de la tolérance et de la confiance en soi. Mais je me contenterai de citer la devise d’une entreprise de fast food très connue: « Venez comme vous êtes !»
Et vous quels critères de beauté vous sortent par les yeux ? 

Infirmiers : nique les stéréotypes…

Lorsque j’étais infirmière, j’ai eu le droit à de nombreuses réflexions et blagues sexistes en lien avec mon métier. Il y a beaucoup de clichés autour de cette profession. C’est dommage car le métier d’infirmier est très épanouissant et enrichissant, et pas aussi accessible qu’on ne le croit. Aujourd’hui nous allons parler des clichés les plus fréquents et les plus navrants…

1/ Elle est comment l’infirmière ?

“UNE InfirmièrE ?”

Et les infirmiers alors ? Ce métier n’est pas exclusivement féminin : il y a des hommes, qui ne sont certes pas en majorité, mais de plus en plus nombreux et tant mieux !

“L’infirmière ne porte rien sous sa blouse !

Ah ? Ça vous plairait messieurs, qu’on se promène toutes nues sous notre blouse en vous regardant avec un regard aguicheur et en nous penchant un peu trop ? Désolée de vous décevoir, nous allons revenir à la réalité. Nous portons des sous-vêtements ! Une blouse ? Nous sommes en France et au 21ème siècle : il y a bien longtemps que nous sommes passés au pantalon blanc très large et à la tunique d’autant plus large qui ne laisse même pas de place à l’imagination !
J’en profite pour rappeler que “le stéréotype de l’infirmière sexy” est tout simplement impossible.  Durant l’exercice de nos fonctions, le maquillage doit être léger, voire inexistant, pas de vernis, les cheveux sont attachés et les bijoux enlevés. Pourquoi ? L’hôpital est un lieu à risque infectieux et les règles d’hygiène sont de mises : les bijoux et les vernis sont des nids à microbes !

Continuons dans les stéréotypes sexistes avec mon préféré :

“L’infirmière couche avec le chirurgien !”

 

On n’est pas dans Dr House ou Greys anatomie ou n’importe quelle série pseudo médicale absolument pas crédible (bien que très sympa à regarder). Les infirmières font leur job et c’est tout !

Ce stéréotype va évidemment de paire avec “L’infirmière est une grosse cochonne très généreuse de sa personne avec les patients !” (On peut nous traiter de prostituées pendant qu’on y est ?)

Et les hommes dans tout ça ?

“L’évidence étant : les infirmiers sont tous gays, voyons !” Ai-je vraiment besoin de justifier cette affirmation on ne peut plus cliché ?

Allez, arrêtons de chercher qui se cache derrière la blouse (pantalon et tunique ! ) et entrons dans le cœur du métier :

 

2/ Mais elle fait quoi l’infirmière ? 


“L’infirmière, elle fait les piqûres.”
Et souvent dans les fesses qui plus est ! “
Oui l’infirmière est tout à fait comparable à un moustique, s’abreuvant de sang ou à une mouche tsé tsé injectant toutes sortes de mélanges rendant les patients euphoriques et comateux. L’infirmière est un insecte dangereux particulièrement prévalent dans les milieux hospitaliers. Prédatrice redoutable, elle surprend sa victime au petit matin, le réveil faisant du patient une proie facile.”

“L’infirmière fait les pansements…

… Et un bisou pour que le bobo guérisse plus vite !”

Oui ! Les infirmières font les pansements ! Sauf que dans la tête des gens ça ressemble souvent à de jolis petits pansement tout mignons, alors qu’en réalité cela ressemble plutôt à un plat de sauce tomate dégoulinant de gruyère avec les odeurs en prime ! 

 

“Les infirmières se contentent d’obéir aux ordres du médecin”.

Et puis pourquoi ne pas engager des robots à leur place aussi ? Qu’on ne se méprenne pas, les infirmières exécutent bien les prescriptions des médecins, c’est ce qu’on appelle “le rôle sur prescription”. Heureusement elles ont aussi un cerveau et ne sont pas réduites à appliquer bêtement les prescriptions médicales : elles connaissent chaque traitement, son intérêt, ses effets secondaires et sont capables de reconnaître les erreurs de prescription ; autrement dit quand le médecin a fait une boulette ! (les erreurs peuvent arriver à tout le monde).

Arrêtons les clichés, et parlons réellement de ce que cela implique d’être infirmi(è)r(e)

Les infirmières doivent être capables d’assurer en cas d’urgences vitales ou non.

Leur lien relationnel avec le patient est très important et permet souvent d’établir une relation de confiance ; celle-ci étant indispensable dans le cadre d’une hospitalisation. Cela nous amène à parler du rôle propre, qui est l’essence même du métier d’infirmier. Le rôle propre est effectué par l’infirmière en toute autonomie : il consiste à observer le patient, évaluer ses besoins, poser des diagnostics infirmiers et mettre en œuvre les actions adéquates.

Le métier d’infirmier est une très belle profession bien qu’elle soit parfois difficile aussi bien physiquement que moralement et c’est souvent pour cela qu’on parle de vocation. Heureusement les moments de joies, de rires voire de fou rires, les anecdotes rigolotes et parfois complètement absurdes nous font aimer ce métier et nous aide à surpasser les événements tristes et éprouvants.

J’espère que cet article vous fera (re)découvrir ce métier souvent victime du sexisme et de l’ignorance.

Infirmier ou non, le respect de ce que nous sommes, de nos choix, de nos opinions, de nos actes ne devrait pas être quelque chose que nous réclamons mais auquel nous avons tous le droit.