Les donneurs de leçons

Nous sommes dimanche, je ne suis pas démaquillée de la veille (aaaaah mais c’est pas bien, c’est pas bien du tout ça ! tu sais bien qu’il faut se démaquiller le visage tous les soirs sinon tu accélères le processus de vieillissement de la peau, en plus c’est pas très hygiénique, tu t’étonnes après d’avoir de vilains petits boutons ! Faut bien tout nettoyer, ensuite tu appliques de la crème hydratante et …)

Bref ! donc dimanche matin, j’avais fait du sport la veille, du coup j’ai plein de courbatures (mais ? tu avais fait des étirements après ton cardio et ton renforcement musculaire ? ah bah si tu les fais pas aussi… et de l’eau ? tu bois de l’eau au moins ? très important de s’hydrater… mais tu sais faut combattre le mal par le mal… le mieux là, ça serait que tu fasses une séance de sport maintenant, ça soulagerait les courbatures, mais bon faut avoir de la motivation quoi, ce que tu n’as pas…)

BREEF ! J’avais pas super faim, donc j’ai juste mangé quelques carrés de chocolat noir au petit dej, ça m’a fait plaisir (Nan mais ? Franchement ? T’as pas l’impression de manger n’importe quoi ? Alors déjà si t’as pas faim, tu ne manges pas du chocolat, tu manges… jsais pas moi… un fruit ? c’est quand même plus sain pour la santé… et puis le petit dej ça reste quand même le REPAS LE PLUS IMPORTANT DE LA JOURNEE, tu peux pas te permettre de manger aussi peu, tu ne vas JAMAIS tenir !)

BREEEEF ! et j’ai rien foutu de la journée, je me suis laissée vivre et j’ai pas la moindre idée de l’heure à laquelle je commence lundi matin (t’es sérieuse ? mais tu te rends compte que tu es une étudiante vraiment pas organisée ? tu manques complètement de rigueur, est-ce que tu réalises un peu que l’année prochaine, tu seras instit’, tu auras des responsabilités et que tu ne pourras pas te permettre d’être aussi peu organisée ? Va vraiment falloir te prendre en mains, car ça craint à mort là et tu ne pourras pas toujours t’en sortir comme ça… )

ET TON TROU DU CUL, JTE DEMANDE SI TU LE NETTOIES CORRECTEMENT ?

Qu’on se mette d’accord, peut-être que ça éclatent certains de se mêler de ce qui ne les regardent pas et de donner des leçons sur tout et n’importe quoi (une fois on m’a même fait la leçon sur mes goûts musicaux, considérés comme trop « vintage » pour notre époque, « jsais pas t’es en 2017, meuf, écoute des trucs à la mode !!! »)

A tous ces fameux « amis », collègues, camarades ou autres connaissances qui se veulent soit disant « bienveillants ». Je suis une grande fille, je me débrouille toute seule et je n’ai pas besoin de commentaires à deux balles, merci de bien vouloir en tenir compte dans nos prochaines interactions.

pouet

Eh bah ouai, on voit ma culotte et mon bide, qu’est-ce tu vas faire, hein? qu’est-ce tu vas faire ???

Ps : sinon bonne année, mes petits chats !

Ps 2 : mais nan jsuis pas vraiment énervée, susceptibilité quand tu nous prends…

La gazelle et le croco – Harcèlement de rue

Dame gazelle, dans sa savane sauvage,
S’abreuvait près d’une source isolée
Monsieur Croco , à la vue de cette beauté,
Lui tint à peu près ce langage :
« Et bonjour, mademoiselle la gazelle
Que vous êtes charmante ! que vous me semblez craquante!
Sans mentir, votre arrière train
Se rapporte si bien à vos petits airs coquins
Que je pourrai bien vous prendre de gré ou de force, ne vous déplaise ! »
A ces mots, la gazelle est loin d’être en joie
Fière, mais fort contrariée,
Elle s’éloigne du croco en faisant mine de l’ignorer
Frustrée, le croco ne resta pas sans voix
Il rattrapa sa victime et reprit de plus belle
« Vous êtes fort malpolie
Votre Maman ne vous a-t-elle pas appris à dire merci ?
Ignorez-vous à qui vous parlez ?
Vous devriez être reconnaissante que je daigne vous regarder ! »
Le croco bouscule alors violemment la gazelle
Qui tombe à la renverse, sidérée devant tant d’agressivité
Le monstre ouvre un large bec prêt à dévorer la belle

Un jeune lionceau passant par là, découvre la scène avec effroi,
Il se précipite vers le prédateur affamé
Et lui coince un bâton dans le gosier
Paniqué, le croco laisse enfin tomber sa proie
Après quelques instants et face à la foule qui s’était formée

img_20160920_195441La gazelle se ressaisit et dit : Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout harceleur n’a pas sa place ici
Gazelle, singe, hippo, éléphant, girafe…
Aussi nombreux et différents que nous sommes
N’avons-nous donc pas le droit de vivre en liberté ?
Ne pouvons-nous pas nous balader sans être agressés ?
Ne méritons-nous pas tous d’être traités avec respect ? »

Honteux et confus
Le croco se retira
Mais on ne sait
Si la leçon fut retenue…

4 astuces pour ressortir de chez le coiffeur avec la coupe que vous souhaitiez

Kikou kikou (faudra vous y faire, je vais commencer tous les articles avec une expression de ce genre !)

Pour moi, l’année 2016 avait commencé par un gros fail capillaire (cheveux zébrés, décoloration pourrie ayant bien tout abîmé et le prix de la prestation qui avait fini de m’achever). Moi qui allais souvent chez le coiffeur à reculons, autant vous dire que cette expérience m’a littéralement traumatisée (j’ai même eu besoin d’alcool et d’antidépresseur pour oublier ma peine !)

Depuis, j’ai fait plusieurs colorations et de nombreux soins pour rattraper les dégâts, et j’ai fini par retourner dans un autre salon pour avoir une tête décente (d’ailleurs big up à la coiffeuse qui a en grande partie rattrapé tout ça). Mes cheveux se portent beaucoup mieux mais la rentrée approche. Ma tête va sûrement bientôt refaire l’objet de réductions pileuses et il n’est pas question que je me fasse encore une fois marcher sur les pieds par une coiffeuse qui n’en fait qu’à sa tête (et c’est le cas de le dire !)

C’est pourquoi j’ai listé et décidé de partager avec vous 4 trucs et astuces pour ressortir de chez le coiffeur la tête haute (faut vraiment que j’arrête avec les jeux de mots pourris, hein)

1- La technique bienveillante de l’explication

Rien de plus facile, il vous suffit de venir calmement à votre rendez-vous et d’expliquer à la coiffeuse exactement ce que vous cherchez, au détail près ! Vous pouvez même lui montrer quelques photos, histoire qu’elle ait une idée précise de ce que vous attendez. Et ainsi vous ne risquez plus qu’elle ne vous rate.

… Bon ok, on se l’accorde, si cette technique était aussi efficace, je n’aurai même pas besoin d’écrire un article.

Mieux vaut donc ne pas hésiter à coupler cette technique avec une des deux autres méthodes que je vais citer ci-dessous :

2- La personne d’influence

Là encore, rien de bien compliqué surtout si vous savez mentir : vous n’avez qu’à faire croire à votre coiffeuse que vous êtes une personne de grande influence et que vous avez beaucoup de contacts (notamment des contacts très célèbres qui seraient justement à la recherche d’un coiffeur !)  N’hésitez pas à y aller dans le mensonge, les coiffeuses sont souvent des personnes très naïves et vous ne devriez pas avoir de mal à leur faire croire n’importe quoi. Le but de cette technique étant d’intéresser la coiffeuse (c’est bien connu, les coiffeuses sont des opportunistes) par vos fausses promesses afin qu’elle se donne corps et âme pour que vous sortiez satisfaits du salon.

3- La récompense

Vous connaissez la méthode Pavlov ? Il s’agit de conditionner la personne en lui donnant une récompense lorsqu’elle a fait l’action attendue. Ainsi, la personne récompensée finira pas enregistrer inconsciemment qu’elle bénéficie d’avantages lorsqu’elle effectue un tel acte et intégrer celui-ci comme un réflexe Vous pouvez par exemple donner un bonbon à votre coiffeuse à chaque fois qu’elle aura réussi votre coupe !

(Attention, cette méthode n’a pas le meilleur taux de réussite et s’effectue sur du long terme. De plus, elle sera bien plus efficace si votre coiffeuse est un enfant ou un chien ! Autrement, elle se demandera sûrement pourquoi vous lui donner un haribo à chaque fin de séance…)

4- La menace

C’est la plus radicale mais également la plus efficace. Comme je le dis souvent : “on est toujours mieux servi par quelqu’un d’effrayé !” Alors pourquoi se priver ? Là encore, laissez déborder votre imagination ! Dans les classiques, vous pouvez la menacer de brûler son salon et elle avec. Mais vous pouvez vous laisser tenter par des menaces plus créatives : “rate pas ma coupe sinon je te fais avaler tes ciseaux” ou encore “si tu me rates, je te fais une boule à zéro”.

Voilà avec ça, vous êtes prêts pour affronter ce terrible endroit qu’est le salon de coiffure et en ressortir vainqueur !

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Surtout n’hésitez pas à me faire par de vos déboires capillaires, je me sentirai moins seule !

Ps : Dans cet article, j’ai dit “coiffeuse” alors que j’aurai pu dire “coiffeur” mais c’est pas de ma faute, c’est à cause de la société qui donne un genre aux métiers ! (elle a bon dos la société, elle a bon dos !)

Ps 2 : J’ai entendu parlé d’un truc…  comment ça s’appelait déjà ? Ah oui ! Le second degré ! Quelqu’un peut m’expliquer ce que c’est au juste que ce machin-là ?

Journée de la femme : luttons contre le harcèlement de rue !

Bonjour,

Demain, comme vous savez sûrement déjà tous et toutes, sera la journée de la femme. Il y a encore quelques années, je ne comprenais pas l’intérêt d’une journée spéciale pour la femme, je ne percevais pas ses enjeux et j’avais même tendance à me moquer un peu. Ce n’est que plus tard que je me suis intéressée véritablement à la place des femmes dans notre société, dans le monde, le sexisme qu’elles subissent quotidiennement dans tous les secteurs : travail, famille, amis, espace public… Et après, quelques petites expériences très désagréables qui m’ont ouvert les yeux, je me suis finalement sentie concernée !

Alors, je ne vais pas m’amuser à lister toutes les injustices que subissent les femmes dans le monde, bien qu’elles soient toutes légitimes, mais je préfère m’intéresser à une cause en particulier : le harcèlement de rue.

Ce phénomène qui n’avait encore pas de nom il y a quelques années est presque devenu une banalité de notre quotidien.
Et pourtant ces phrases qu’on entend dans les transports, dans la rue, dans les bars, n’ont rien de banales et choquent par leur violence verbale : “Sale pute”, “Je vais te trouer le cul, salope”, “Vas-y fais ta belle”, “Pourquoi tu réponds pas? “, “J’ai envie de te violer tellement t’es bonne”etc. Des insultes qui nous est impossible d’ignorer tant elles attaquent directement notre personne et ce que nous sommes.

Voici un petit listing des sentiments par lesquels on peut éventuellement passer lorsqu’on est victime pour la première fois de harcèlement sexiste (verbal et/ou physique) :

De la colère: “Quelle connard, pourquoi il vient m’emmerder ce gars ? “
De la peur “Est-ce qu’il pourrait aller plus loin dans ses paroles ? Est-ce que je suis en danger ?”
Des doutes : “Et si c’était moi ? Est-ce que je ne me mettrais pas moi-même en danger en sortant dans la rue aussi tard ?”
De la culpabilité : ” Il a raison, je n’aurai jamais du mettre cette jupe, elle est bien trop courte…”
De la honte : “Je suis ridicule, j’aimerai me cacher, cacher mes jambes, cacher mes fesses”

Et à plus long terme, on devient blasée et résignée : “Je ne mettrai pas de jupe, parce qu’on va ENCORE m’emmerder, je ne prendrai pas les transport parce qu’on va ENCORE me faire chier” et paranoïaque “Pourquoi cet homme, s’assoit-il à côté de moi ? Qu’est-ce qu’il me veut ? Qu’est-ce qu’il cherche ?”

Voilà, ces phases que je vous ai décrites ressemblent quelque peu aux phases de deuil et d’acceptation de Virginia Henderson, drôle de coïncidence n’est-ce pas ?

Mais pourquoi je vous parle de tout ça ? Parce que depuis quelques mois, j’ai décidé que je n’allais plus laisser faire et que je refusais de conditionner ma vie par peur et par crainte de me faire agresser. J’ai découvert une association qui se nomme Stop Harcèlement de Rue et je suis devenue adhérente !
Encore novice, je participe pour la première fois à un événement “Zone sans relou” organisé par l’asso demain soir à la rue de Lappe !

Si vous passez dans le coin, ou que vous avez tout simplement en vie de nous voir, voici toutes les infos sur l’événement : ici!

Vivre son premier échec


Edit : Cet article a été publié dans un premier dans mon ancien blog qui est actuellement en cours de destruction. Il me tenait à cœur donc, je l’ai légèrement remanié pour qu’il soit d’actualité et je le reposte ici ! )

Je suis actuellement étudiante en soins infirmiers. “Si tout va bien” je serai infirmière d’ici peu et je me trouve actuellement dans une période de ma vie où les choses se déroulent plutôt bien. Mais cela n’a pas toujours été le cas, j’ai notamment essuyé un premier échec en fac de Médecine avant d’entrer en Institut de Formation en Soins Infirmiers.

A l’école, j’ai toujours été une enfant studieuse, je faisais partie des meilleurs élèves sans pour autant effectuer un travail acharné. Les choses se sont compliquées au lycée, j’ai compris que si je voulais garder de bons résultats, je ne pourrais pas me permettre de me “reposer sur mes lauriers”. Mais j’avais tout de même de bons résultats, je suis passée en S (scientifique) et j’ai eu mon bac avec mention. On pouvait donc dire que j’avais eu une scolarité plutôt réussie et sans encombre! 

Puis je suis arrivée en médecine, c’est là que j’ai vécu mon premier échec. Et comme pour tout premier échec, je l’ai mal vécu. J’ai du accepter que cette voie n’était pas la mienne. J’ai fait face à la déception de mes parents. J’ai également fait face à mes amis qui eux réussissaient… Et j’ai du prendre une décision quant à mon avenir.

Heureusement, j’avais déjà d’autres projets pour mon avenir professionnel : je prévoyais de passer le concours infirmier.
Je vous remets dans le contexte/temps: On est en juin, je suis officiellement “virée” de la fac de médecine. Je me suis inscrite pour passer les concours infirmiers de la session de septembre et si tout se passe bien, j’entre en école début février. Six mois. Six mois avant de reprendre les études (en supposant que j’ai le concours du premier coup). 
 
Je n’ai pas été pas la seule dans cette situation. En effet chaque année a son lot de “P1” qui comme moi, après l’échec de la médecine se tournent vers le concours d’infirmier et se retrouvent avec un vide de 6 mois. Certains ne font rien (un bon break d’une demie année, ça ne peut pas faire de mal), certains vont à la fac en attendant d’entrer en école, et d’autres se trouvent un job.
Il n’étais pas question pour moi de rester sans rien faire. J’avais postulé en fac de Droit au cas où, et bien que j’ai été admise pour la rentrée de septembre, je savais que le Droit n’était pas fait pour moi et que j’allais perdre mon temps inutilement. Donc j’ai trouvé un boulot: hôtesse de caisse en supermarché.
Caissière ? C’est un boulot comme un autre ! “Faut bien gagner sa vie” “Il n’y a pas de sous métiers.” Je ne saurai compter le nombre de fois qu’on m’a dit ces phrases et je savais qu’elles étaient vraies. Mais les faits sont là: être caissière à Auchan à seulement 20 ans, c’est malheureusement considéré comme un échec par la société, par l’entourage et même pour soi. Je savais bien que ça faisait rire beaucoup de personnes de me voir passer d’étudiante éventuelle en médecine à caissière à Auchan. J’ai eu le droit à pas mal de réflexions du genre “Mais tu comptes rester caissière toute ta vie? Nan parce que c’est pas très ambitieux comme métier…”. Je ne parle même pas  des anciens camarades de lycée qui choisissaient exprès ma caisse, me racontaient leur réussite scolaire et me demandaient ce que moi je devenais “Oh ? Tu as raté médecine? Ah oui c’est dommage…” “Ah? Donc tu es en CDI? C’est PAS SEULEMENT un job d’été?” Vous me direz que ces personnes ne le faisaient sûrement pas exprès, c’est possible, mais le résultat était le même pour moi : je me sentais humiliée.

Pendant cette période de transition, je n’ai donc pas chômé, j’ai gagné six mois de salaire, j’ai donc pu mettre de l’argent de côté, j’ai entrepris de passer mon permis, et surtout je me suis préparée à passer les examens au concours d’infirmier. J’étais donc très motivée, mais également angoissée. L’échec de la médecine m’avait fait perdre toute confiance en moi. Je ne cessais de me dire, que j’allais peut-être vivre un second échec avec infirmier, que peut-être les mauvaises langues qui se moquaient “gentiment” de moi avaient raison et que j’allais rester caissière toute ma vie.
 

[Je précise qu’être hôtesse de caisse a été une superbe expérience: j’ai appris énormément en matière de relations humaines et j’ai eu des collègues géniaux qui m’ont fait prendre conscience du concept d’humilité. Ne pensez pas que les caissiers sont des débiles sans diplôme. Une majorité d’entre eux sont des étudiants courageux qui bossent parallèlement à leurs études pour s’en sortir dans la vie. Beaucoup d’autres ont des licences, voire même des masters, mais n’ont pas trouvé de job dans leur branche. Et puis zut! Faut bien gagner sa vie !]
Passons directement en décembre 2012, plus précisément le 7 décembre 2012 : jour de mes résultats d’admission en IFSI, jour où j’ai pu enfin souffler : je n’étais pas “une ratée” qui ne réussirait jamais à rien dans la vie. J’allais pouvoir enfin avancer. Tout d’un coup, tout mon ressenti, toutes les réflexions que j’avais pris dans la face pendant ces six mois m’ont parues futiles. Qui j’étais maintenant? Une jeune femme qui avait vécu un échec, comme quasiment tout le monde, mais qui ne s’était pas laissée abattre, qui avait eu le courage de prendre un boulot, de préparer un concours en même temps et qui s’en sortait!
Pour celles (et ceux) qui me lisent: peut-être avez-vous déjà vécu des échecs, peut-être que non, peut-être que vous en vivez un actuellement. Ce que je vais vous dire, on vous le répétera sûrement des dizaines de fois ou plus : courage ! Ne baissez pas les bras, acceptez votre échec et avancez. La vie n’est jamais comme on l’avait espérée. L’important est de se donner les moyens de s’en sortir. N’ayez pas honte de ce que vous faites. Et surtout ne laissez pas les autres juger de ce qui est bon pour vous et de ce que vous êtes.

J’espère n’avoir dit aucun propos choquant, je sais que certaines phrases pourraient être mal interprétées. Je n’ai fait que relater mon ressenti lors de cette période de ma vie. Si jamais vous avez des questionnements ou des remarques, n’hésitez pas à me les faire savoir !

Snapchat ou l’étalage de vie dérangeant

Si vous ne connaissez pas cette application, Snapchat a été créée en 2011 (merci Wiki pour l’info) et permet de partager des photos ou vidéos pendant une courte durée auprès de ses contacts/amis. Les photos s’effaçant automatiquement après le visionnage du destinataire, c’était donc un concept assez original et pratique qui se voulait plus “sécurisant”. J’insiste sur les guillemets car l’application permettait en théorie de pouvoir partager des photos/vidéos sans que celles-ci ne puissent être copiées et partagées à de plus grands nombres de personnes. La réalité est tout autre car une majorité de smartphones sont équipés de capture d’écran et peuvent donc enregistrer n’importe quelle photo apparaissant à l’écran. Mais le concept n’en était pas moins sympathique.
Depuis l’application a évolué et propose de nouvelles fonctionnalités, notamment la possibilité de partager ses “story” : photos/vidéos pouvant être visionnées durant 24 heures, autant de fois qu’on le souhaite par tous les contacts de l’utilisateur (et je ne parlerai même pas des personnes qui laissent leur compte en public…)
Depuis, les fameux petits messages qu’on se plaisait souvent à envoyer de façon individuelle et personnalisée ont quasiment disparus de nos habitudes “Snapchat”, laissant place à un étalage de vie très démonstratif et éventuellement pathétique (mais ça n’est là que mon avis !)

Certains utilisateurs passent tant de temps à filmer tout ce qu’ils font qu’on en est arrivé à se demander s’ils n’en oubliaient pas de vivre. On assiste donc à une exhibition qui en devient malaisante : A-t-elle vraiment besoin de filmer sa copine qui a trop bu en train de gerber dans un coin de la rue ? En se filmant dans une attraction à sensation, profite-t-il bien du moment à travers l’écran de son téléphone ? (et n’a t-il pas peur de faire tomber son téléphone ? Oui bah oui je pense systématiquement à ça, possible que je sois pas normale hein, je dis pas…) Faut-il vraiment qu’elle se prennent en photo au réveil, au coucher, à chaque repas (ce qu’elle mange est tellement passionnant…) Ne ferait-il pas mieux de lâcher son portable et profiter de la soirée plutôt que d’envoyer un snap/story toutes les dix minutes ?

L’étalage de vie étant une chose, l’étalage de bonnes réussites en est une autre. Être fier d’avoir réussi quelque chose c’est bien, mais j’ai du mal à comprendre la nécessité de le divulguer sur les réseaux sociaux. Est-ce vraiment de la fierté ou un besoin irrépressible de montrer aux autres qu’on a une vie merveilleuse et comblante ? Je trouve ça un peu triste d’être dans une perpétuelle bataille de “quiréussitmieuxquequi”

Finalement les snaps ne seraient-ils pas le reflet d’une vie fictive, parfaite et enviée qu’on se plaît à exhiber faute de mieux ? (J’aime bien le semblant philosophique prenant sa place dans mon article !)

Beaucoup de questions, pas vraiment de réponses, mais cela m’a amenée à me questionner sur ma propre utilisation de cette merveilleuse application…
La réalité c’est que je ne suis pas du tout une professionnelle du Snapchat. Évidemment comme beaucoup de moutons j’ai tenté d’utiliser l’application en suivant les commandements d’une story réussie :
– Des selfies tous les jours, tu feras
– Ta bouffe tu photographieras
– Tes soirées tu filmeras
– Ton chat tu harcèleras
– Tes supers vacances à travers ta caméra de smartphone tu vivras…

Règles que j’ai eu beaucoup de mal à tenir curieusement quand je passe un bon moment, je ne pense pas à sortir mon téléphone pour le partager à tout le monde… De plus, les nombreux malaises que j’ai eu à tenter cette expérience m’ont conduite à utiliser Snpachat de façon légèrement plus décalée (et souvent incomprise).
J’ai tout de même décidé de m’interdire l’utilisation systématique et inutile de cette application surtout en soirée, avec des amies, en sortie afin de profiter pleinement de ce que je vis. Je vous invite à faire de même et à réfléchir sur les véritables raisons qui vous poussent à publier sur Snapchat (en supposant que vous publiez…)

Vos critères de beauté m’emmerdent…

Pas besoin de faire une introduction de dix mètres de long (la vérité est qu’il m’a fallu plusieurs heures pour introduire ce sujet de façon originale et que j’ai finalement lâchement abandonné l’idée) et relatons ensemble ces critères physiques très contradictoires que nous impose la société :

« Ne sois pas grosse mais garde ton anorexie !
Tu pourrais faire un effort : quelques rondeurs ça s’envisage, mais l’obésité morbide, ça n’est pas un peu exagéré ? C’est ça aussi de ne pas manger « healthy », tu devrais te faire des boissons drainantes…
On veut une fille en vie : des bonnes fesses qu’on peut attraper, sans cellulite et pas trop molles si possible… Oui un peu de fitness ne te ferait pas de mal, mais par pitié pas de muscu, faudrait pas que tu sois trop sèche non plus…
Argh ton IMC ne dépasse pas la vingtaine ? Tu nous la jouerais pas anorexique quand même ? Tu connais le juste milieu ? Mais mange !

Si tu pouvais être aussi banale que jolie…
Pas d’excès, pas d’extrême, ne laisse pas trop pousser ton nez et ne te teins pas les cheveux en rouge : on ne te reprochera jamais d’être jolie, à condition de ne pas trop te faire remarquer…


Sape toi convenablement.
On n’est ni en boite ni à la plage, donc la petite jupette ras les fesses tu oublies ! Et puis ça fait un peu salope sur les bords qu’on se le dise…
Pareil pour le jogging : c’est le dimanche matin quand tu fais du sport, mais sinon tu laisses dans le placard.
C’est pourtant pas compliqué de savoir s’habiller : reste féminine sans être trop sexy, ni trop couverte. Tu ne comprends donc rien ? Faut être mystérieuse un peu !

Allons-y pour le makeup :
Même principe que pour les fringues : tu es une femme, tu te dois d’être féminine, donc tu te dois de passer par le maquillage ! C’est pourtant logique ! Un peu de blush, un peu de mascara, un peu de … oula qu’est-ce que tu fais avec ce rouge-à-lèvre pétant ?
Oui tu es belle maquillée comme ça, très jolie dégradé sur tes paupières, mais tu serais pas un peu un fake ? Les filles maquillées aussi parfaitement, on s’en méfie toujours : qui sait ce qui se cache vraiment sous cette épaisse couche de maquillage ? On veut des filles belles naturellement et qui prennent soin d’elles ! »

Allez après ce lot de conneries, je conclurai bien cette article par un discours un peu moralisateur relatant de la tolérance et de la confiance en soi. Mais je me contenterai de citer la devise d’une entreprise de fast food très connue: « Venez comme vous êtes !»
Et vous quels critères de beauté vous sortent par les yeux ?