Les aventures sexistes de Lily – 08# Éducation à l’égalité

Je vous présente la mini-série “Les aventures sexistes de Lily” qui regroupe divers témoignages scénarisés portant sur le sexisme ordinaire. Par soucis d’anonymat, les récits mettront en scène le personnage de Lily, une jeune femme dans la vingtaine. Lily est donc un personnage fictif mais les expériences qu’elle vit sont très loin de l’être et constituent le recueil de nombreux témoignages d’amis, de collègues, de connaissances, et de quelques expériences personnelles.  Le but de ce projet est de sensibiliser les lectrices et lecteurs au sexisme omniprésent dans la vie des femmes, en espérant que celui-ci ne soit plus ignoré ou justifié. Cette semaine, voici le huitième chapitre : Éducation à l’égalité. Bonne lecture !

Si vous avez manqué le dernier chapitre, cliquez-ici : histoires de poils

Je suis professeur des Écoles auprès d’une classe de CE2. Nous sommes le 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes. En cette occasion, j’ai préparé une fiche explicative à ce sujet qu’on lira en classe. Les élèves semblent très attentifs et intéressés pendant cette activité. Ils posent plein de questions et mettent en évidence les clichés sexistes qu’ils subissent. On fait un peu d’Histoire et j’explique notamment qu’il y a encore quelques années les femmes devaient rester au foyer pour s’occuper de la maison et des enfants et qu’elles n’avaient pas le droit de travailler. Un élève intervient : « Mais Maîtresse, les femmes elles travaillent pas ! Elles restent à la maison, ce sont les hommes qui travaillent ! »

Tout d’abord, je crois à une petite plaisanterie de l’élève. Lorsque je comprends qu’il est sincère, je creuse un peu :  « Ah non, les femmes ont toutes le droit de travailler : la preuve, moi je suis une femme et je travaille.. » Il me répond : « Oui mais quand tu auras des enfants, tu devras arrêter de travailler. C’est comme ça que ça se passe, une maman elle reste à la maison, elle fait la cuisine et nettoie. Et le papa, il va travailler et il ramène l’argent. »

Je lui demande alors :  « C’est comme ça que ça se passe chez toi ? » Il acquiesce. Je continue :  « Alors, oui tu vois chez toi, ta maman a fait ce choix là, de ne pas travailler pour rester à la maison. Mais ce n’est pas une obligation. Une mère peut tout à fait avoir des enfants et continuer à travailler » Il me questionne : « Oui mais qui fera le ménage et préparera à manger ? »

« Les papas aussi peuvent cuisiner et nettoyer, ce n’est pas le rôle unique d’une femme. » Je lui réponds.

Quelques élèves interviennent « Oui moi c’est mon Papa qui fait la vaisselle » « Moi mes deux parents travaillent »

L’élève concerné ne semble pas très convaincu par mes propos. Moi je suis étonnée de constater qu’encore à notre époque des stéréotypes de genres sont déjà très ancrés dans la tête de ces petits.

L’éducation à l’égalité des sexes doit se faire dès l’enfance. Les enfants interprètent et apprennent de nombreuses choses à partir du modèle familial qui leur est présenté. A l’école, on a la possibilité de leur proposer d’autres modèles qui véhiculent d’autres valeurs. Il n’est pas là question de forcer les enfants à intégrer un point de vue pré-construit, mais de leur donner les outils pour réfléchir, prendre du recul et être ouvert d’esprit. Éduquer les élèves à l’égalité des femmes et des hommes, c’est prévenir les comportements sexistes une fois qu’ils seront adultes. Il est primordial de faire usage de cet enseignement à l’école, car à la maison tous les enfants ne sont pas égaux face à l’éducation.

Les aventures sexistes de Lily – #02 La gifle

Je vous présente la mini-série “Les aventures sexistes de Lily” qui regroupe divers témoignages scénarisés portant sur le sexisme ordinaire. Par soucis d’anonymat, les récits mettront en scène le personnage de Lily, une jeune femme dans la vingtaine. Lily est donc un personnage fictif mais les expériences qu’elle vit sont très loin de l’être et constituent le recueil de nombreux témoignages d’amis, de collègues, de connaissances, et de quelques expériences personnelles.  Le but de ce projet est de sensibiliser les lectrices et lecteurs au sexisme omniprésent dans la vie des femmes, en espérant que celui-ci ne soit plus ignoré ou justifié. Cette semaine, voici le second chapitre : la gifle. Bonne lecture !

Si jamais vous avez manqué le chapitre 1 : Le harcèlement, cliquez-ici !

Je me rends compte que ça a commencé dès la cours de récréation. J’ai 13 ans, je suis en 4ème et je suis le genre « intello maigrichonne qui ne se fait pas trop remarquer » . J’ai une amie, Amandine, on s’entend bien et je passe les récréations avec elle. J’ai un sac à dos avec une petite pochette à l’avant dans laquelle je range toutes mes serviettes hygiéniques et tampons. Je pense que la grande majorité des adolescentes de mon âge range leur protections intimes dans la même pochette de leur sac, car c’est le plus pratique. Les garçons aussi le savent. Un collégien en particulier, Julien, trouve très amusant d’ouvrir ces fameuses pochettes pendant que les collégiennes ont le dos tourné et de les vider en jetant les tampons et serviettes dans toutes la cours de récréation. C’est un garçon très populaire : il est cool, il a beaucoup de copains et les filles le trouvent beau, donc personne n’ose rien lui dire.

Un jour, alors qu’il pleut, c’est mon tour de subir cette farce : j’entends ce Julien rire bêtement avec ses copains et brandir mes serviettes hygiéniques comme un trophée. Je me sens humiliée, et je suis en colère. Mais je ne dis trop rien, je ne voudrais pas aggraver la situation. Il les balance par terre et s’en va déranger une autre fille. Je ramasse mes serviettes hygiéniques le plus rapidement possible, elles sont pleines de boue, donc je les jette dans la poubelle.

Lors d’une récréation suivante, je discute tranquillement avec Amandine, adossée contre un mur. Je vois Julien s’approcher de nous avec ses potes en rigolant. Je suis méfiante et encore en colère pour ce qu’il m’a fait récemment. Il se glisse discrètement derrière Amandine et commence à fouiller dans son sac. Je ne réfléchis pas avant de réagir, c’est plus fort que moi, j’interviens en criant : « Non ne fais pas ça ! T’es vraiment un con de fouiller dans les sacs ! » Je regrette déjà de l’avoir insulté, car ça n’est pas mon genre de traiter mes camarades et parce que je sais qu’il ne laissera pas passer cet affront.

Il me regarde, sans surprise, s’approche de moi, ne prononce pas le moindre mot et son visage n’affiche aucune expression. Quand il est suffisamment proche, il me décoche une énorme gifle et rejoint son groupe de copains. Je suis totalement abasourdie : la douleur est assez forte, mais je ne pleure pas, je ne parle pas, je reste tétanisée et je n’ose même pas regarder mon amie. Celle-ci me dit : « T’aurais pas du lui parler, de toutes façons je n’ai pas mes règles, et il n’y a rien dans ma pochette qu’il aurait pu balancer »

Ce Julien ne s’attaque pas à n’importe quel collégien, il choisit délibérément d’humilier publiquement des filles en les forçant à dévoiler leurs effets personnels et en les incitant à avoir honte de leur menstruations. Il trouve drôle de balancer des produits d’hygiènes corporelles qui sont nécessaires et importants, en prenant le risque de les abîmer et de les salir. Ce ne sont pas des taquineries innocentes d’un jeune adolescent qui cherche à se faire remarquer des filles : autrement la victime ne ressentirait ni honte, ni colère, ni peur.

Et lorsqu’une fille ose s’interposer et tente de l’empêcher d’agir, il lui met une baffe dans la figure pour la corriger. Pour lui, la solution lorsqu’on le contredit, c’est donc de faire taire par la violence. Est-ce qu’il aurait agi ainsi si c’était un garçon qui était intervenu ?

Il ne faut plus trouver d’excuses aux petits garçons ou aux jeunes adolescents qui harcèlent les filles et encore moins blâmer les victimes de se défendre ! Il ne s’agit ni d’un jeu, ni d’une blague sans conséquence. Les filles devraient pouvoir profiter d’être à l’école sans craindre qu’un garçon viennent les embêter et qu’on justifie ses actes par un besoin de se faire remarquer. L’argument du « petit garçon amoureux qui aime bien et qui donc châtie bien » ne tient pas. Il y a d’autres manière d’agir pour communiquer son attirance pour la gente féminine. Les jeunes filles ne vont certainement pas se sentir flattée qu”on agisse de la sorte auprès d’elles et ça n’est d’ailleurs pas à elles d’interpréter les véritables intentions de ces jeunes hommes.

Peut-être faudrait-il apprendre aux garçons à agir avec respect, leur faire prendre conscience des conséquences de leur actes et leur montrer qu’il y a d’autres manières plus efficaces de communiquer. Peut-être aussi pourrait-on valoriser les jeunes filles, leur montrer qu’elles n’ont pas à avoir honte d’être elles-mêmes, leur expliquer qu’elles ont le droit de se défendre et qu’elles n’ont pas à se laisser faire et subir.

La rentrée chargée !

Bonsoir, un article assez rapide car je suis ensevelie par le travail de la rentrée et c’est justement de cela que je vais vous parler !

J’ai officiellement obtenue mon premier poste en tant que Professeur des Écoles titulaire et je suis en Maternelle dans une classe de moyens-grands. L’année dernière j’avais des CM1 donc autant vous dire que c’est totalement nouveau pour moi, mais je suis ravie !

Ma rentrée s’est donc plutôt bien passée malgré le fait que j’étais presque aussi paniquée que les petits, mais je commence déjà à prendre mes marques. Le plus dur va sûrement être de me souvenir des prénoms des enfants et de m’habituer aux allers-retours aux toilettes pour cause de vessies encore toutes petites !

J’ai appris que je serais en maternelle il y a seulement 5 jours, donc autant vous dire que je n’ai pas cessé de préparer mes activités le week-end dernier. Et ça a plus ou moins été la panique car je ne connais pas du tout le programme de cycle 1. J’ai commencé mes recherches et je vais les finaliser et commencer à planifier mon année ce week-end (encore un week-end chargé en perspective ! )

Autrement, je peux déjà dire après seulement deux jours en maternelle que je suis bien plus dans mon élément qu’en élémentaire. Je regrette simplement de ne pas avoir eu plus de temps pour préparer mon année.

Voilà, désolée pour cet article vraiment très court mais je dois encore préparer ma journée de demain (oui car je travaille aussi le mercredi matin) et que j’ai vraiment l’impression de parler pour ne rien dire !