Les aventures sexistes de Lily – 11# La nympho

Je vous présente la mini-série “Les aventures sexistes de Lily” qui regroupe divers témoignages scénarisés portant sur le sexisme ordinaire. Par soucis d’anonymat, les récits mettront en scène le personnage de Lily, une jeune femme dans la vingtaine. Lily est donc un personnage fictif mais les expériences qu’elle vit sont très loin de l’être et constituent le recueil de nombreux témoignages d’amis, de collègues, de connaissances, et de quelques expériences personnelles.  Le but de ce projet est de sensibiliser les lectrices et lecteurs au sexisme omniprésent dans la vie des femmes, en espérant que celui-ci ne soit plus ignoré ou justifié. Cette semaine, voici le onzième chapitre : la nympho. Bonne et heureuse lecture !

(Et si vous n’avez pas lu le dernier chapitre, cliquez ici !)

Je fréquente un nouveau garçon, il est gentil et il a l’air très attentionné et nous entamons une relation un peu plus intime. On passe plusieurs semaines ensemble mais très rapidement je m’ennuie sur le plan sexuel. Il est peu entreprenant, j’ai le sentiment d’être la seule à le solliciter pour une relation sexuelle et souvent je le sens très réticent à faire l’amour. Je me rends compte qu’il n’en a absolument jamais envie.

Un jour, alors que je tente une énième approche, il me repousse à nouveau, se met en colère et me traite de nymphomane. Il me dit que j’ai un vrai problème avec le sexe et que je ne devrais pas en avoir autant envie.

Je suis très tentée de lui faire remarquer que c’est plutôt lui qui a un problème. Je me retiens de toutes remarques blessantes car je suis bien consciente que ni l’un ni l’autre ne sommes fautifs face à cette situation et que nous n’avons simplement pas la même libido. Mais je suis très vexée de l’entendre me reprocher mes envies. Je n’y suis pourtant pour rien si ma libido est largement supérieure à la sienne. Il rejette la responsabilité sur moi en sous-entendant que j’ai quelque chose d’anormal, alors qu’il pourrait aussi se remettre en question quant à .son manque de désir flagrant !

Je discute avec des amies et je réalise que nous sommes nombreuses à avoir des envies plus importantes que celles de nos partenaires masculins et que souvent ceux-ci se justifient en nous accusant d’être anormales, obsédées ou nymphomanes.

On a trop longtemps pensé que le plaisir de la femme dans la relation sexuelle était secondaire tout comme ses envies. On imagine ainsi que c’est l’homme qui initie les rapports et que la femme se contente de les accepter. Il semble inenvisageable pour certains hommes que les femmes aient plus envie de sexe qu’eux. Autrement, c’est qu’elles ont un problème psychiatrique justifiant un excès de libido : c’est une accusation blessante et humiliante.

Les garçons n’ont donc pas le monopole du sexe, il n’y a rien d’humiliant à avoir moins de désir que sa partenaire féminine et il est inutile et très mesquin de rejeter la faute sur elle et de la faire culpabiliser.

Être active(-f) le 8 mars


Nous sommes le 8 mars et c’est la journée internationale pour les droits des femmes.

Pour expliquer brièvement les origines de cette journée, elle a été reconnue officiellement en 1977 (bien que proposée une petite soixantaine d’années avant) par les Nations Unies, et avait pour objectifs à l’époque de promouvoir les droits des femmes, notamment le droit de vote, le droit au travail etc. En France, cette journée n’est pas fériée mais elle le devient de plus en plus dans d’autres pays. Elle est souvent confondue avec une journée de fête. Il ne s’agit pourtant pas d’un Noël pour les femmes ou d’une seconde fête des mères ou Saint-Valentin…

Le 8 mars a une importance capitale car cette date est un prétexte pour ouvrir la discussion et le débat autour des femmes et de leurs droits : on rend ainsi compte des changements positifs et on dénonce les inégalités sexuelles encore trop tenaces dans le monde. Il ne s’agit donc pas que d’un jour historique et symbolique mais bien d’une occasion de penser l’avenir autrement, d’encourager le changement pour améliorer les libertés.

De nombreuses actions sont mises en place à cette occasion, notamment avec l’organisation de conférences importantes et des rassemblements dans de nombreux pays du monde. Bien que les médias transmettent des informations autour de cette journée, il y a encore beaucoup de confusions et il peut être difficile d’oser s’impliquer au cours de cet événement, par manque de connaissances sur le sujet.

Quoi, comment, pourquoi, le 8 mars ?

Si vous cherchez plus d’informations à propos du 8 mars ou si vous souhaitez vous investir durant cette journée, je vous inviterai dans un premier temps à vous rendre sur internet qui regorge de renseignements. Par exemple, le site http://8mars.info renseigne sur les événements phares de cette journée et les actions individuelles possibles.

Mais autrement, comment peut-on s’investir en faveur des droits des femmes ?

On n’est pas obligé d’adhérer à une association féministe ou de manifester dans la rue pour s’engager et soutenir l’égalité homme-femme. On a tous accès à une chose qu’on peut enrichir et partager : c’est notre connaissance. Je vous propose donc quelques actions faciles à appliquer.

Pour commencer, renseignez-vous ! C’est l’occasion d’en apprendre un peu plus sur notre histoire, à propos des femmes importantes qui ont eu un impact positif sur nos libertés et nos droits, et de mieux comprendre les notions et les concepts féministes, ainsi que les enjeux actuels auxquels nous devons faire face : harcèlement de rue, violence faites aux femmes, sexisme ordinaire…

C’est aussi le moment de partager vos valeurs et vos connaissances en matière de féminisme auprès vos proches. Par exemple vous pouvez expliquer les véritables objectifs de la journée internationales pour les droits des femmes, qui n’est pas « une fête de la femme » et peut-être même définir certaines notions de féminisme. Il faudra parfois s’armer de patience, même si les incompréhensions et les possibles jugements ou moqueries de vos interlocuteurs vous déclenchent des sentiments de frustration très intenses.

Pour vous aider à partager ces valeurs, vous pouvez utiliser plusieurs supports d’informations plus ou moins ludiques qui permettront à vos proches d’avoir accès à différents points de vue et peut-être de déconstruire quelques stéréotypes sexistes.

Quelques supports intéressants :

  • Stop harcèlement de rue : une association qui démarche de manière pacifiste et éducative pour lutter contre le harcèlement sexiste dans les lieux publiques.
  • Madmoizelle.com et Rockiemag des webzines sur les femmes qui ont une forte influence féministe
  • Parlons peu mais parlons une chaîne youtube qui informe sur la sexualité, les relations amoureuses, la santé des femmes de manière décomplexée
  • Pépite sexiste sur twitter qui rend compte des clichés sexistes omniprésents dans les pubs, les médias, les supermarchés etc.
  • Quoi de meuf : un podcast féministe qui aborde des sujets d’actualité et de pop culture

Ensuite, l’éducation est la meilleure arme pour lutter contre le sexisme, donc si vous êtes en contact avec des enfants ou des adolescents, vous pouvez aussi en profiter pour leur transmettre des valeurs d’égalité, leur apprendre et leur faire réaliser qu”historiquement on n’a pas toujours tous été égaux en matière de droit et que cette égalité est encore très fragile voire inexistante dans certains domaines.

Enfin, il faut avoir conscience que cette journée est un prétexte pour soulever les problèmes et pour changer les choses mais qu’elle doit avoir un impact sur l’année entière. Les actions que j’ai présentées ci-dessus sont à la portée de tous et peuvent être appliquées à tout moment de l’année, pas que le 8 mars.

Échange ordinaire sur le sexisme ordinaire

Cette année je n’ai pas pu m’investir autant que je le souhaitais dans la cause féministe : j’ai du partir de l’association Stop Harcèlement De Rue car je n’avais plus le temps de m’investir comme je le souhaitais à cause de mon travail et des études. Mais ça ne m’a pas empêchée de vivre à fond le féminisme, de continuer à défendre l’égalité et de critiquer les absurdités que j’ai pu capter au cours de conversations.


Comme cette fois où un collègue a affirmé que les femmes et les hommes n’avaient pas les mêmes capacités physiques et intellectuelles, et que c’était pour cela que les hommes étaient mieux payés que les femmes : car ils étaient plus compétents ! Autant vous dire que ce jour-là, j’étais tellement abasourdie d’entendre une telle bêtise que j’ai failli m’arracher les cheveux. (Et quand je parle de collègue, je parle là d’un homme qui est actuellement professeur des Écoles, c’est-à-dire qu’il enseigne les bases intellectuelles auprès des enfants et qu’il a entre autres pour rôle de transmettre les valeurs de la République, donc celle d’égalité et notamment d’égalité des sexes – Cf le programme d’enseignement moral et civique )


Je souhaite également vous faire part d’une conversation que j’ai eu avec un homme sur facebook. Pour comprendre le contexte, je dois préciser que je suis sur  Shapr, une application de rencontres professionnelles, dans le but d’élargir mon réseau sur internet. J’y ai fait des rencontres très intéressantes et j’espère continuer d’en faire. Sur mon profil, dans les mots clés, apparait donc le mot « féminisme ». J’ai ainsi fait via ce réseau social la rencontre d’un homme que, par respect d’anonymat, j’appellerai Jean-Paul. Il a voulu qu’on échange sur Facebook car il souhaitait me montrer des photos en lien avec son projet professionnel.

Un jour, alors qu’on parlait des victimes de viol en Inde, Jean-Paul m’a dit : « tu sais autant je suis contre toute forme de féminisme, mais quand même c’est vrai que là, c’est grave ce qu’il se passe »

Évidemment, je lui ai demandé de bien vouloir être plus explicite et précis dans ses propos. Jean-Paul a donc ajouté « C’est toujours trop quand je vois les féministes, toujours à vouloir être égale à… Alors que chacun a ses nuances… »

Autant vous dire que l’argument du « On est biologiquement différent » m’a blasée, mais c’est normal à force de l’entendre, j’ai fini par me lasser de devoir contre-argumenter. Mais j’ai quand même répondu « Qu’on soit différents c’est une chose, mais attendre d’être traité de la  même façon, c’est simplement normal »

Il a alors répliqué : « Oui pour un traitement égal, en tenant compte de toutes les nuances, ne pas dire : on a le droit juste pour avoir le droit »

Jean-Paul a répété plusieurs fois que ce qu’il souhaitait c’était un bien être et des actes de bienveillance pour les hommes et les femmes qui devaient vivre en se complétant et en permettant un certain « équilibre ». Et qu’en gros, d’après lui, les féministes étaient dans une exigence excessive et ne prenaient pas en compte le fait que les femmes et les hommes étaient différents et n’avaient donc pas les mêmes besoins.

Il est donc temps de faire une petite pause : Jean-Paul (qui est dans une position avantageuse dans notre société du fait de son sexe masculin) pense pouvoir estimer ce dont les femmes ont besoin et sont en droit de « réclamer ». Donc si on doit imager grossièrement ses propos ou donner un exemple, cela reviendrait à dire :

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(Petite parenthèse, comme ça m’a fait beaucoup rire de faire ce montage sur Paint, je me suis amusée à en faire d’autre dans le genre !)

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Revenons aux choses sérieuses : on avait donc là de la part de Jean-Paul un discours paternaliste : il pensait sincèrement bien dire et il n’avait aucune haine contre les femmes. Il n’a juste pas compris qu’il ne pouvait pas décider de ce qui était bon ou non pour le genre féminin, tout simplement parce qu’il n’est pas une femme ! Il ne subit pas les inégalités dont les femmes sont prioritairement victimes du fait de leur sexe.

Je peux comprendre que pour lui tout ça soit flou, car il est né favorisé par rapport aux femmes. Les inégalités, parce qu’il ne les vit pas, il aura toujours plus de mal à les voir,  et c’est compréhensible. Mais rien ne l’empêche pourtant de se renseigner et de remettre ses croyances en question, ou peut-être d’apprendre à se mettre à la place d’une femme et de réaliser que tout n’est pas aussi simple qu’une question d’équilibre entre une femme et un homme. D’autant que cette notion d’équilibre est totalement arbitraire (j’aimerais revenir sur ce sujet dans un prochain article).

Pour revenir aux besoins des hommes et des femmes, en effet ils n’ont pas les mêmes besoins. Et c’est bien justement là le problème : la société dans laquelle nous vivons a été conçue pour privilégier les hommes. De ce fait,  les femmes sont défavorisées dans de nombreuses situations.

Exemple au hasard : difficile pour une femme de mener à bien un allaitement lorsqu’elle travaille dans une entreprise, malgré le fait que des lois ont été mise en place à cet effet.

Autre exemple : les femmes et les hommes ne sont pas égaux en matière de contraception, il en va majoritairement de la responsabilité de la femme puisque les moyens de contraceptions proposés sont majoritairement féminins (hormis le préservatif et la stérilisation). Il s’agit là d’une contrainte pour les femmes qui a été acceptée et normalisée dans notre société.


J’aimerais illustrer mes propos avec une série de vidéos Youtube : Martin, sexe faible,  qui m’a beaucoup parlé et qui permet justement de comprendre un sexisme qu’on ne voit pas nécessairement  à première vue (sexisme ordinaire) et qui est pourtant évident. Le principe de cette série c’est de voir comment vit un homme qui évolue dans une société où ce sont les femmes qui ont le pouvoir. De cette façon, sont mis en évidence les inégalités de manière parfois absurde (car on n’a pas l’habitude de les voir du côté masculin) et donc de réaliser qu’elles n’ont pas lieu d’être chez les femmes.

Cette vidéo en particulier aborde la question de la charge mentale mais aussi le fameux discours moralisateur niant le sexisme ordinaire (un peu comme dans ma conversation avec Jean-Paul)

Voilà, je vous remercie d’avoir lu cet article, j’espère qu’il ouvrira autant les esprits que les débats !

Parole de femmes.

En tant qu’enseignante, je me suis inscrite à de nombreux groupes pour les professeurs des Écoles sur lesquels on échange nos astuces, conseils, supports d’enseignement et où on plaisante plus ou moins sur notre boulot et nos élèves.

Il y a quelques jours, en regardant mon fil d’actualité, je suis tombée sur la publication suivante, provenant d’un de ces fameux groupes d’enseignants :

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Sous cette publication, le commentaire d’une collègue : « C’est sexiste, comme blague ». Et en réponse à celui-ci : « Mais n’importe quoi, c’est juste une petite blague » « Celui qui a publié ça est un mec adorable et rigolo, si tu le connaissais, tu saurais qu’il n’est pas macho pour un sous » « Je suis une femme et je ne suis pas choquée par cette blague » « C’est juste pour rire, faut arrêter de tout prendre au sérieux, c’est juste du second degré ». D’autres commentaires suggéraient que c’était un peu « foutre la merde » de dire que la publication était sexiste, et que dans ce groupe on était là pour s’amuser et qu’il s’agissait d’une ambiance bonne enfant…

J’ai évidemment eu un avis très tranché : il s’agissait pour moi d’une publication pas très fine utilisant un cliché franchement sexiste qui ne me faisait pas rire du tout. Alors pourquoi cette publication m’a-t-elle dérangée tandis qu’une majorité de gens l’ont trouvée mignonne et tout à fait innocente ?

Tout d’abord, je suppose qu’en tant que féministe, je suis bien plus sensibilisée à la question du sexisme ordinaire et plus attentive aux clichés qui flottent autour de nous. Cette publication m’est apparue comme une énième plaisanterie sexiste de mauvais goût. Et à force d’en entendre (et d’en lire, merci les réseaux sociaux), je dois bien dire que je suis lassée et que je n’ai plus envie d’ignorer ou de prendre les choses « à la légère ».

 

Pourquoi cette bague n’est-elle pas si innocente que ça ? 

Le cliché de la fille ou femme bavarde, est présent en permanence dans notre société : dans les publicités, les séries, les films… La « pipelette » est en général incarnée par une jeune femme souvent insupportable, plutôt jolie et pourquoi pas blonde (soyons dans les clichés jusqu’au bout). Elle parle évidemment pour ne rien dire, a un débit de parole insensé, au point qu’on se demande comment elle fait pour respirer. Elle a souvent un petit ami qui fait semblant de l’écouter et qui lui répond par quelques soupirs réguliers. Lorsque les « pipelettes » se retrouvent entre elles, on observe un amas de filles en train de piailler (comme nos petits oisillons de l’image) et on entend un bruit désagréable, impossible à décrypter, et donc souvent sans intérêt.

 

Quelle place donnons-nous à la parole des femmes ?

Un des clichés qui va donc de paire à celui de la femme « bavarde », c’est celui de la femme qui n’a rien de bien intéressant à dire. On est là dans un stéréotype qui nous fait énormément de tort, car il ne s’agit plus d’une plaisanterie. La parole d’une femme est très souvent décrédibilisée de par son sexe, dans tous les domaines. On observe également un autre stéréotype qui questionne une fois de plus la légitimité des femmes à prendre la parole : la femme est une commère qui parle de manière insidieuse dans le but de causer du tord, colporter des ragots et des rumeurs. À quoi bon la laisser donc parler si c’est pour l’entendre « cracher son venin » ?

Quelques exemples relatant du peu d’importance que l’on donne à la parole d’une femme : la députée Aurore Bergé a été récemment vivement critiquée et ridiculisée car selon certains, sa robe était bien trop courte pour que ses arguments politiques aient le moindre intérêt. En politique, les femmes sont d’ailleurs très souvent tournées au ridicule et leur parole remise en question, à travers des arguments liés à leur sexe et ça n’est pas un hasard. Un autre exemple très parlant qu’il n’est pas rare d’observer à en voir la quantité de témoignages, ce sont les victimes de violences sexuelles dont on ne prend pas la plainte au sérieux ou qu’on accuse parfois d’être des menteuses. Sans parler des femmes féministes que l’on traite généralement de « grandes gueules » qui se plaignent pour des choses « pas si graves » : cela a pour conséquence que leur discours est beaucoup moins pris au sérieux et a donc moins d’impact.

 

L’éducation et l’école, dans tout ça ?

Malheureusement dans notre société, dès la naissance, les enfants entendent les adultes plaisanter et répéter combien les filles sont de vraies moulins à parole. Ces clichés sexistes sont donc intégrés dès l’enfance et ne sont jamais remis en question. On brime aussi les petites filles qui doivent répondre à de nombreux impératifs : être sages, se tenir tranquilles, être appliquées et respectueuses… On juge souvent les gamines un peu trop dynamiques, tandis qu’on dit qu’un petit garçon agité a besoin de se dépenser et que c’est « normal ». Je n’ai pas énormément de recul sur la question, mais déjà en quelques mois d’enseignement en élémentaire, j’ai pu observer ceci : en classe, une majorité de garçons  interviennent sans lever la main, parlent fort, parfois crient et coupent la parole (souvent celle des filles, par ailleurs). Les jeunes filles souvent très discrètes, attendent leur tour pour parler et n’osent parfois pas participer. Lorsque l’on met en place des groupes de travail, ce ne sont pas les filles qu’on entend le plus, mais les petits garçons. De plus, j’ai souvent du intervenir car certains refusaient d’écouter les arguments de leur camarades féminines. On pourrait donc envisager que dès leur plus jeune âge,  les enfants, selon leur genre, intègrent plus ou moins une légitimité à la parole.

 

Je n’ai pas pour prétention de m’y connaître beaucoup sur le sujet et je donne simplement mon avis. Je souhaiterais conclure que selon moi, toutes ces « petites » plaisanteries sexistes véhiculées durant notre enfance sont responsables en partie de clichés bien plus graves qui nous décrédibilisent une fois adultes.  On pourrait donc peut-être éviter d’enfermer les enfants dans des cases, valoriser les petites filles pour qu’elles aient plus confiance en elles, les inciter à s’exprimer, et favoriser la communication et l’écoute entre eux.

 

 

Écrire, c’est une façon de parler sans être interrompu.

Jules Renard.

La gazelle et le croco – Harcèlement de rue

Dame gazelle, dans sa savane sauvage,
S’abreuvait près d’une source isolée
Monsieur Croco , à la vue de cette beauté,
Lui tint à peu près ce langage :
« Et bonjour, mademoiselle la gazelle
Que vous êtes charmante ! que vous me semblez craquante !
Sans mentir, votre arrière train
Se rapporte si bien à vos petits airs coquins
Que je pourrais bien vous prendre de gré ou de force, ne vous déplaise ! »
A ces mots, la gazelle est loin d’être en joie
Fière, mais fort contrariée,
Elle s’éloigne du croco en faisant mine de l’ignorer
Frustrée, le croco ne resta pas sans voix
Il rattrapa sa victime et reprit de plus belle
« Vous êtes fort malpolie
Votre Maman ne vous a-t-elle pas appris à dire merci ?
Ignorez-vous à qui vous parlez ?
Vous devriez être reconnaissante que je daigne vous regarder ! »
Le croco bouscule alors violemment la gazelle
Qui tombe à la renverse, sidérée devant tant d’agressivité
Le monstre ouvre un large bec prêt à dévorer la belle

Un jeune lionceau passant par là, découvre la scène avec effroi,
Il se précipite vers le prédateur affamé
Et lui coince un bâton dans le gosier
Paniqué, le croco laisse enfin tomber sa proie
Après quelques instants et face à la foule qui s’était formée,

img_20160920_195441La gazelle se ressaisit et dit : Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout harceleur n’a pas sa place ici
Gazelle, singe, hippo, éléphant, girafe…
Aussi nombreux et différents que nous sommes
N’avons-nous donc pas le droit de vivre en liberté ?
Ne pouvons-nous pas nous balader sans être agressés ?
Ne méritons-nous pas tous d’être traités avec respect ? »

Honteux et confus
Le croco se retira
Mais on ne sait
Si la leçon fut retenue…

Journée internationale des droits de la femme : luttons contre le harcèlement de rue !

Bonjour,

Demain, ce sera la journée internationale des droits de la femme. Il y a encore quelques années, je ne comprenais pas l’intérêt d’une journée spéciale pour la femme, je ne percevais pas ses enjeux et j’avais même tendance à me moquer un peu. Ce n’est que plus tard que je me suis intéressée véritablement à la place des femmes dans notre société, dans le monde, notamment le sexisme qu’elles subissent quotidiennement dans tous les secteurs : travail, famille, amis, espace public… Et après, quelques petites expériences très désagréables qui m’ont ouvert les yeux, je me suis finalement sentie concernée !

Alors, je ne vais pas m’amuser à lister toutes les injustices que subissent les femmes dans le monde, bien qu’elles soient toutes légitimes, mais je préfère m’intéresser à une cause en particulier : le harcèlement de rue.

Ce phénomène qui n’avait encore pas de nom il y a quelques années est presque devenu une banalité de notre quotidien.
Et pourtant ces phrases qu’on entend dans les transports, dans la rue, dans les bars, n’ont rien de banales et choquent par leur violence verbale : “Sale pute”, “Je vais te trouer le cul, salope”, “Vas-y fais ta belle”, “Pourquoi tu réponds pas? “, “J’ai envie de te violer tellement t’es bonne”etc. Des insultes qui nous est impossible d’ignorer tant elles attaquent directement notre personne et ce que nous sommes.

Victime de harcèlement de rue de manière régulière, j’ai pourtant eu de mal à identifier ce que je subissais comme du harcèlement, et j’ai traversé de nombreuses étapes émotionnelles :

De la colère: “Quelle connard, pourquoi il vient m’emmerder ce gars ? ”
De la peur “Est-ce qu’il pourrait aller plus loin dans ses paroles ? Est-ce que je suis en danger ?”
Des doutes : “Et si c’était moi ? Est-ce que je ne prendrais pas moi-même un risque en sortant dans la rue aussi tard ?”
De la culpabilité : ” Il a raison, je n’aurai jamais du mettre cette jupe, elle est bien trop courte…”
De la honte : “Je suis ridicule, j’aimerai me cacher, cacher mes jambes, cacher mes fesses”

Et à plus long terme, je suis devenue blasée et résignée : “Je ne mettrai pas de jupe, parce qu’on va ENCORE m’emmerder, je ne prendrai pas les transport parce qu’on va ENCORE me faire chier”

… Et paranoïaque “Pourquoi cet homme, s’assoit-il à côté de moi ? Qu’est-ce qu’il me veut ? Qu’est-ce qu’il cherche ?”

Mais pourquoi je vous parle de tout ça ? Parce que depuis quelques mois, j’ai décidé que je n’allais plus laisser faire et que je refusais de conditionner ma vie par peur et par crainte de me faire agresser. J’ai découvert une association qui se nomme Stop Harcèlement de Rue et je suis devenue adhérente !
Encore novice, je participe pour la première fois à un événement “Zone sans relou” organisé par l’association demain soir à la rue de Lappe !

Si vous passez dans le coin, ou que vous avez tout simplement en vie de nous voir, voici toutes les infos sur l’événement : ici!

 

La série Supergirl : mise en évidence du sexisme au travail

J’ai débuté la série Supergirl, malgré les avis négatifs que j’ai pu lire et j’ai été surprise de constater qu’elle était en réalité pas si mal, un peu dans le même genre que la série The flash

J’avais entendu des critiques sur le costume de Supergirl considéré comme un peu cucul et je ne suis absolument pas d’accord : elle porte les mêmes couleurs que Superman et sa robe reste toujours plus classe que le slip moule bite de Superman.

Ce qui m’a particulièrement intriguée dans cette série ne sont pas les actions de Kara en tant que Supergirl mais plutôt son vécu au travail en tant qu’assistante. La série dénonce énormément les différences homme-femme au travail et les exigences démesurées et illégitimes imposées aux femmes.

Comme l’explique la patronne de Kara : une femme n’a pas le droit d’être en colère, n’a pas le droit de s’énerver sinon elle passera pour une hystérique et risquera de compromettre sa carrière. Tandis qu’un homme, avec le même comportement, passera inaperçu, voire sera considéré comme ayant un vrai caractère. La tenue est de rigueur pour une femme qui veut garder son job : rester calme et souriante, en toutes circonstances.

A travers Superman, on constate aussi l’intransigeance qu’a la population envers Supergirl, celle-ci étant constamment comparée à son cousin. Cela fait référence au fait qu’on estimera toujours plus les compétences d’un homme à celles d’une femme, même si les deux fournissent exactement le même travail avec un résultat de qualité égale.

On aborde également l’animosité évidente que certains hommes ont vis à vis des femmes ayant du pouvoir, certainement par crainte qu’on remette en question leurs propres compétences.

Enfin, j’aime beaucoup le fait qu’on puisse complètement s’identifier au personnage de Supergirl (bien qu’elle soit kryptonienne ! ) : elle incarne la jeune femme douce, rigolote, combattante mais aussi pleine d’indécisions et de doutes et vous savez combien j’aime ce genre de personnage !

Et vous que pensez-vous de Supergirl ?

Quand la société impose ses diktats de la beauté.

Entre les critères de beauté absurdes, les contradictions qui ne choquent personne et surtout les contraintes toujours plus importantes, on peut dire que les femmes dans notre société sont gâtées ! Voici donc quelques diktats (mes préférés) que l’on nous impose lorsqu’on est une femme.

« Ne sois pas grosse mais garde ton anorexie !
– Tu pourrais faire un effort : quelques rondeurs ça s’envisage, mais l’obésité morbide, ça n’est pas un peu exagéré ? Mange « healthy », fais toi des boissons drainantes : c’est à la mode !
– On veut une fille en vie : des bonnes fesses qu’on peut attraper, sans cellulite et pas trop molles si possible… Oui un peu de fitness ne te ferait pas de mal, mais par pitié pas de muscu, faudrait pas que tu sois trop sèche non plus…
– Argh ton IMC ne dépasse pas la vingtaine ? Tu nous la jouerais pas anorexique quand même ? Tu connais le juste milieu ? Mais mange !

Si tu pouvais être aussi banale que jolie…
– Pas d’excès, pas d’extrême, ne laisse pas trop pousser ton nez et ne te teins pas les cheveux en rouge : on ne te reprochera jamais d’être jolie, à condition de ne pas trop te faire remarquer…

 


Sape toi convenablement.
– On n’est ni en boite ni à la plage, donc la petite jupette ras les fesses, tu oublies ! Et puis ça fait un peu salope sur les bords qu’on se le dise…
– Pareil pour le jogging : le dimanche matin quand tu fais du sport,pourquoi pas, mais sinon tu laisses dans le placard.
– C’est pourtant pas compliqué de savoir s’habiller : reste féminine sans être trop sexy, ni trop couverte. Tu ne comprends donc rien ? Faut être mystérieuse un peu !

Allons-y pour le makeup :
– Tu es une femme, tu te dois d’être féminine, donc tu te dois de passer par le maquillage ! C’est pourtant logique ! Un peu de blush, un peu de mascara, un peu de … oula qu’est-ce que tu fais avec ce rouge-à-lèvre pétant ?
– Oui tu es belle maquillée comme ça, très jolie dégradé sur tes paupières, mais tu serais pas un peu un fake ? Il faut se méfier des filles maquillées ainsi : qui sait ce qui se cache vraiment sous cette épaisse couche de maquillage ? On veut des filles belles naturellement et qui prennent soin d’elles ! »

 

Je conclurais bien cette article par un discours un peu moralisateur relatant de la tolérance et de la confiance en soi. Mais je me contenterai de citer la devise d’une entreprise de fast food très connue: « Venez comme vous êtes !»
Et vous quels critères de beauté vous sortent par les yeux ?