La gazelle et le croco – Harcèlement de rue

Dame gazelle, dans sa savane sauvage,
S’abreuvait près d’une source isolée
Monsieur Croco , à la vue de cette beauté,
Lui tint à peu près ce langage :
« Et bonjour, mademoiselle la gazelle
Que vous êtes charmante ! que vous me semblez craquante !
Sans mentir, votre arrière train
Se rapporte si bien à vos petits airs coquins
Que je pourrais bien vous prendre de gré ou de force, ne vous déplaise ! »
A ces mots, la gazelle est loin d’être en joie
Fière, et fort contrariée,
Elle s’éloigne du croco en faisant mine de l’ignorer
Frustrée, le croco ne resta pas sans voix
Il rattrapa sa victime et reprit de plus belle
« Vous êtes fort malpolie
Votre Maman ne vous a-t-elle pas appris à dire merci ?
Ignorez-vous à qui vous parlez ?
Vous devriez être reconnaissante que je daigne vous regarder ! »
Le croco bouscule alors violemment la gazelle
Qui tombe à la renverse, sidérée devant tant d’agressivité
Le monstre ouvre un large bec prêt à dévorer la belle

Un jeune lionceau passant par là, découvre la scène avec effroi,
Il se précipite vers le prédateur affamé
Et lui coince un bâton dans le gosier
Paniqué, le croco laisse enfin tomber sa proie
Après quelques instants et face à la foule qui s’était formée,

img_20160920_195441La gazelle se ressaisit et dit : Mon bon Monsieur,
Apprenez que tout harceleur n’a pas sa place ici
Gazelle, singe, hippo, éléphant, girafe…
Aussi nombreux et différents que nous sommes
N’avons-nous donc pas le droit de vivre en liberté ?
Ne pouvons-nous pas nous balader sans être agressés ?
Ne méritons-nous pas tous d’être traités avec respect ? »

Honteux et confus
Le croco se retira
Mais on ne sait
Si la leçon fut retenue…

Journée internationale des droits de la femme : luttons contre le harcèlement de rue !

Bonjour,

Demain, ce sera la journée internationale des droits de la femme. Il y a encore quelques années, je ne comprenais pas l’intérêt d’une journée spéciale pour la femme, je ne percevais pas ses enjeux et j’avais même tendance à me moquer un peu. Ce n’est que plus tard que je me suis intéressée véritablement à la place des femmes dans notre société, dans le monde, notamment le sexisme qu’elles subissent quotidiennement dans tous les secteurs : travail, famille, amis, espace public… Et après, quelques petites expériences très désagréables qui m’ont ouvert les yeux, je me suis finalement sentie concernée !

Alors, je ne vais pas m’amuser à lister toutes les injustices que subissent les femmes dans le monde, bien qu’elles soient toutes légitimes, mais je préfère m’intéresser à une cause en particulier : le harcèlement de rue.

Ce phénomène qui n’avait encore pas de nom il y a quelques années est presque devenu une banalité de notre quotidien.
Et pourtant ces phrases qu’on entend dans les transports, dans la rue, dans les bars, n’ont rien de banales et choquent par leur violence verbale : “Sale pute”, “Je vais te trouer le cul, salope”, “Vas-y fais ta belle”, “Pourquoi tu réponds pas? “, “J’ai envie de te violer tellement t’es bonne”etc. Des insultes qui nous est impossible d’ignorer tant elles attaquent directement notre personne et ce que nous sommes.

Victime de harcèlement de rue de manière régulière, j’ai pourtant eu de mal à identifier ce que je subissais comme du harcèlement, et j’ai traversé de nombreuses étapes émotionnelles :

De la colère: “Quelle connard, pourquoi il vient m’emmerder ce gars ? ”
De la peur “Est-ce qu’il pourrait aller plus loin dans ses paroles ? Est-ce que je suis en danger ?”
Des doutes : “Et si c’était moi ? Est-ce que je ne prendrais pas moi-même un risque en sortant dans la rue aussi tard ?”
De la culpabilité : ” Il a raison, je n’aurai jamais du mettre cette jupe, elle est bien trop courte…”
De la honte : “Je suis ridicule, j’aimerai me cacher, cacher mes jambes, cacher mes fesses”

Et à plus long terme, je suis devenue blasée et résignée : “Je ne mettrai pas de jupe, parce qu’on va ENCORE m’emmerder, je ne prendrai pas les transport parce qu’on va ENCORE me faire chier”

… Et paranoïaque “Pourquoi cet homme, s’assoit-il à côté de moi ? Qu’est-ce qu’il me veut ? Qu’est-ce qu’il cherche ?”

Mais pourquoi je vous parle de tout ça ? Parce que depuis quelques mois, j’ai décidé que je n’allais plus laisser faire et que je refusais de conditionner ma vie par peur et par crainte de me faire agresser. J’ai découvert une association qui se nomme Stop Harcèlement de Rue et je suis devenue adhérente !
Encore novice, je participe pour la première fois à un événement “Zone sans relou” organisé par l’association demain soir à la rue de Lappe !

Si vous passez dans le coin, ou que vous avez tout simplement en vie de nous voir, voici toutes les infos sur l’événement : ici!

 

La série Supergirl : mise en évidence du sexisme au travail

J’ai débuté la série Supergirl, malgré les avis négatifs que j’ai pu lire et j’ai été surprise de constater qu’elle était en réalité pas si mal, un peu dans le même genre que la série The flash

J’avais entendu des critiques sur le costume de Supergirl considéré comme un peu cucul et je ne suis absolument pas d’accord : elle porte les mêmes couleurs que Superman et sa robe reste toujours plus classe que le slip moule bite de Superman.

Ce qui m’a particulièrement intriguée dans cette série ne sont pas les actions de Kara en tant que Supergirl mais plutôt son vécu au travail en tant qu’assistante. La série dénonce énormément les différences homme-femme au travail et les exigences démesurées et illégitimes imposées aux femmes.

Comme l’explique la patronne de Kara : une femme n’a pas le droit d’être en colère, n’a pas le droit de s’énerver sinon elle passera pour une hystérique et risquera de compromettre sa carrière. Tandis qu’un homme, avec le même comportement, passera inaperçu, voire sera considéré comme ayant un vrai caractère. La tenue est de rigueur pour une femme qui veut garder son job : rester calme et souriante, en toutes circonstances.

A travers Superman, on constate aussi l’intransigeance qu’a la population envers Supergirl, celle-ci étant constamment comparée à son cousin. Cela fait référence au fait qu’on estimera toujours plus les compétences d’un homme à celles d’une femme, même si les deux fournissent exactement le même travail avec un résultat de qualité égale.

On aborde également l’animosité évidente que certains hommes ont vis à vis des femmes ayant du pouvoir, certainement par crainte qu’on remette en question leurs propres compétences.

Enfin, j’aime beaucoup le fait qu’on puisse complètement s’identifier au personnage de Supergirl (bien qu’elle soit kryptonienne ! ) : elle incarne la jeune femme douce, rigolote, combattante mais aussi pleine d’indécisions et de doutes et vous savez combien j’aime ce genre de personnage !

Et vous que pensez-vous de Supergirl ?

Quand la société impose ses diktats de la beauté.

Entre les critères de beauté absurdes, les contradictions qui ne choquent personne et surtout les contraintes toujours plus importantes, on peut dire que les femmes dans notre société sont gâtées ! Voici donc quelques diktats (mes préférés) que l’on nous impose lorsqu’on est une femme.

« Ne sois pas grosse mais garde ton anorexie !
– Tu pourrais faire un effort : quelques rondeurs ça s’envisage, mais l’obésité morbide, ça n’est pas un peu exagéré ? Mange « healthy », fais toi des boissons drainantes : c’est à la mode !
– On veut une fille en vie : des bonnes fesses qu’on peut attraper, sans cellulite et pas trop molles si possible… Oui un peu de fitness ne te ferait pas de mal, mais par pitié pas de muscu, faudrait pas que tu sois trop sèche non plus…
– Argh ton IMC ne dépasse pas la vingtaine ? Tu nous la jouerais pas anorexique quand même ? Tu connais le juste milieu ? Mais mange !

Si tu pouvais être aussi banale que jolie…
– Pas d’excès, pas d’extrême, ne laisse pas trop pousser ton nez et ne te teins pas les cheveux en rouge : on ne te reprochera jamais d’être jolie, à condition de ne pas trop te faire remarquer…

 


Sape toi convenablement.
– On n’est ni en boite ni à la plage, donc la petite jupette ras les fesses, tu oublies ! Et puis ça fait un peu salope sur les bords qu’on se le dise…
– Pareil pour le jogging : le dimanche matin quand tu fais du sport,pourquoi pas, mais sinon tu laisses dans le placard.
– C’est pourtant pas compliqué de savoir s’habiller : reste féminine sans être trop sexy, ni trop couverte. Tu ne comprends donc rien ? Faut être mystérieuse un peu !

Allons-y pour le makeup :
– Tu es une femme, tu te dois d’être féminine, donc tu te dois de passer par le maquillage ! C’est pourtant logique ! Un peu de blush, un peu de mascara, un peu de … oula qu’est-ce que tu fais avec ce rouge-à-lèvre pétant ?
– Oui tu es belle maquillée comme ça, très jolie dégradé sur tes paupières, mais tu serais pas un peu un fake ? Il faut se méfier des filles maquillées ainsi : qui sait ce qui se cache vraiment sous cette épaisse couche de maquillage ? On veut des filles belles naturellement et qui prennent soin d’elles ! »

 

Je conclurais bien cette article par un discours un peu moralisateur relatant de la tolérance et de la confiance en soi. Mais je me contenterai de citer la devise d’une entreprise de fast food très connue: « Venez comme vous êtes !»
Et vous quels critères de beauté vous sortent par les yeux ?