Une banale histoire d’endométriose… #02

Bonjour, si vous n’avez pas lu l’article précédent qui explique comment on m’a diagnostiqué un nodule d’endométriose, je vous invite à cliquer ici, pour y jeter un œil.

Aujourd’hui, je vais donc vous raconter rapidement l’hospitalisation en ambulatoire pour me retirer le nodule endométriosique et surtout comment j’ai cicatrisé à la suite de l’opération.

L’opération était assez rapide et consistait à me faire une petite incision pour retirer le nodule qui était sous-cutané. Elle ne présentait pas spécialement de risques, donc j’ai été hospitalisée en ambulatoire, c’est-à-dire que je ne suis pas restée plus de quelques heures à l’hôpital et je n’y ai pas dormi. Je me suis rendue au centre hospitalier à 8H00 du matin, et à 14H00 je rentrais chez moi. À peine arrivée dans le service de chirurgie ambulatoire, je n’ai pas eu le temps de réfléchir, je me suis directement préparée pour aller au bloc car il y avait un désistement au niveau des patients prévus avant moi : au lieu de passer au bloc à 11H00 j’y suis allée pour 9H00. J’ai été certes prise au dépourvu, mais ça a eu l’avantage de m’éviter de trop penser et de stresser en attendant mon tour. Tout est allé très vite, on a posé ma perfusion, je suis allée au bloc, on m’a dit de penser à quelque chose qui me rendait heureuse, et ensuite je ne me souviens plus de rien. J’ai ouvert les yeux en salle de réveil, totalement à l’ouest à cause de l’anesthésie. On a vérifié mes constantes et je suis remontée dans ma chambre. Ma mère est arrivée, on a discuté en attendant l’anesthésiste qui devait évaluer mon état. Ensuite, l’infirmière m’a expliqué les soins pour le pansement et je suis rentrée chez moi. J’avais des fils internes, qui se résorberaient tous seuls, donc il n’y avait pas de gros soins, je devais simplement nettoyer la plaie avec de l’eau, du savon et bien sécher.

Il a bien fallu deux jours pour que je me sente en meilleure forme, car l’anesthésie générale m’a quand même énormément fatiguée. Et j’étais bien contente d’avoir des antalgiques car même si la douleur était tout à fait supportable, elle était bien présente. Le premier jour, après l’opération, j’étais persuadée que je pouvais faire les courses toute seule et j’ai été assez surprise et stoppée par la douleur qui m’empêchait de marcher sur des moyennes distances (heureusement que mon appartement ne fait que 30 m² !) À propos de l’aspect de la cicatrice : elle était très enflée et elle a pris vraiment beaucoup de temps pour diminuer de volume.

J’étais arrêtée cinq jours, le temps que cela soit moins douloureux, mais avec du recul je réalise que je n’aurais pas du reprendre le travail aussi tôt. Ces jours d’arrêt n’étaient pas du tout reposants, et j’étais sûrement bien trop douloureuse pour reprendre mon métier nécessitant d’être constamment en mouvement, d’aller d’une table à une autre, de me lever, et m’asseoir à répétition sur du mobilier beaucoup trop petit (pour rappel, j’enseignais en école maternelle). J’ai donc très vite regretté, d’autant que deux jours après la reprise, deux enfants maladroits et/ou colériques m’ont mis des coups dans le bas du ventre et ça a suffit à ouvrir complètement la plaie et à en faire sortir les fils internes.

J’ai un peu paniqué en constatant ça, et j’ai appelé l’hôpital mais je n’ai pas pu parler avec le chirurgien, je n’avais franchement pas envie de passer le reste de ma journée aux urgences pour quelque chose qui n’était pas vital. Donc, j’ai décidé de parler à ma pharmacienne qui m’a conseillée un savon antiseptique, et des strippes pour refermer la plaie. Et ça a super bien fonctionné, petit à petit la plaie s’est refermée, et est devenue moins douloureuse. Moi de mon côté je me suis un peu plus ménagée.

J’ai eu un rendez-vous post opératoire quelques semaines après et le médecin m’a dit que la cicatrice était parfaite et que d’ici quelques temps, elle ne serait plus visible. La biopsie a confirmé qu’il s’agissait bien d’un nodule d’endométriose et je suis aussi contente de pouvoir enfin comprendre la cause de la douleur, mais aussi un peu inquiète que l’endométriose ait été confirmée. Ce qui me rassure un peu c’est qu’au dernier IRM, il n’avait pas été détecté d’autres traces d’endométriose ailleurs qu’à la symphyse pubienne. Et en même temps, j’hallucine de me dire que le cas d’un nodule sous cutané d’endométriose soit si peu courant, au point que j’ai été obligée de consulter sept médecins au total pour confirmer le diagnostique. Après avoir pris du recul et en avoir discuté avec mes sœurs, on a réalisé que sûrement le femmes qui ont des nodules du même type que le mien se fient peut-être à l’avis de leur médecin si celui-ci n’estime pas cela dangereux et digne d’être approfondi, et elles apprennent à vivre avec la douleur… Ça confirme une fois de plus le fait qu’on ne prend pas la douleur physique de la femme au sérieux, surtout lorsque ça concerne sa santé féminine et qu’on ne parle pas assez de l’endométriose. Il faut quand même garder à l’esprit que l’endométriose à des stades avancés peut avoir des conséquences sur la fertilité et que c’est une maladie qui touche une femme sur dix ! Pourtant, il y a encore des gens qui n’en ont jamais entendu parler, et il y a certainement trop de femmes qui n’ont pas conscience que leur douleur durant les règles n’est pas normale ! Je pense que ça vaut vraiment la peine de faire de la prévention à ce sujet auprès des jeunes filles dès le début de la puberté, ne serait-ce que pour éviter des souffrances inutiles

En ce qui concerne la cicatrice, actuellement elle est encore palpable et très brune, parfois (mais vraiment très rarement) elle me pique très légèrement, surtout quand les règles arrivent. Mais je n’arrive pas à savoir s’il s’agit de la cicatrisation, d’une hallucination de ma part, ou s’il est possible qu’il reste peut-être encore des cellules d’endométriose. Donc je verrai bien comment elle évolue avec le temps, mais quoiqu’il en soit cette opération ne m’a apporté que du positif car je n’ai plus mal en continue, je ne crains plus de faire certains mouvements et c’est un confort que je suis contente d’avoir retrouvé !

Une banale histoire d’endométriose… #01

Bonjour !

Je me suis faite opérée il y a quelques mois d’un nodule d’endométriose et je vais donc vous raconter un peu comment ça s’est déroulé, quand et comment on l’a diagnostiqué et quel a été mon état d’esprit par rapport à cela.

Tout d’abord, il y a 6 ans, j’ai arrêté la pilule pendant deux mois : je ne sais pas si en aussi peu de temps ça a pu avoir une incidence quelconque sur ma santé, mais j’ai commencé à avoir une toute petite douleur au niveau de la symphyse pubienne. J’ai constaté très vite que cette douleur était associée à une petite boule d’à peine quelques millimètres de diamètre et que ça n’avait pas l’air très profond.

J’en ai très rapidement parlé avec mon médecin traitant qui ne voyait pas non plus ce que cela pouvait être. Elle m’a donc prescrit une échographie au niveau de cette zone pour qu’on en sache un peu plus. À la suite du rendez-vous d’échographie, le médecin qui a pratiqué l’examen m’a vite rassurée en m’expliquant qu’il s’agissait simplement d’une petite inflammation suite à un déchirement de fibres musculaires autour de cette zone. Ça n’était donc absolument rien de grave, c’était juste un peu douloureux mais ça allait se soigner tout seul d’ici de nombreux mois.

Je ne me suis donc pas inquiétée en voyant les mois et les années défiler et en ayant toujours cette même douleur. Je m’y suis même habituée, d’autant que j’avais entre temps repris la pilule et que je n’avais plus si mal que ça, à part peut-être légèrement pendant les règles.

Il s’est déroulé environ quatre ans, durant lesquels je n’ai plus trop prêté attention à cette zone de mon corps, jusqu’à ce que je prenne la décision d’arrêter entièrement la pilule : ce moyen de contraception devenait difficile à gérer avec mes horaires de travail et j’ai aussi réalisé j’avais été sous traitement hormonal toute mon adolescence et que j’en avais assez d’être toujours dépendante d’un médicament. Arrêter la pilule a été sûrement une de mes meilleures décisions car j’ai réalisé à quel point la prise hormonale avait une influence sûr mon corps, ma libido, mon moral etc.

Mais au bout de quelques mois, mon corps s’est sûrement débarrassé de toutes les hormones de synthèses et mes douleurs au niveau de la symphyse pubienne sont devenues beaucoup plus fortes, moins supportables, et j’ai réalisé que la fameuse boule avait triplé de volume.

J’en ai à nouveau reparlé à un médecin mais cette fois-ci à ma gynécologue, car j’avais réalisé que les douleurs étaient d’autant plus intenses pendant les règles et que la boule semblait même gonfler. Tout de suite, elle a pensé à de l’endométriose, mais lorsqu’elle m’a auscultée, elle a changé d’avis car l’endroit où se situait la boule ne semblait pas du tout approprié pour être un nodule d’endométriose. Elle envisageait plutôt qu’il s’agisse d’une hernie inguinale. J’ai donc été à nouveau subir une échographie pour confirmer ou infirmer le diagnostique d’une hernie.

Évidemment à l’examen, l’échographe a affirmé que ça n’était ni une hernie inguinale ni un nodule d’endométriose, pour lui il y avait juste une belle inflammation et c’est tout. Durant ce rendez-vous, j’étais vraiment contrariée qu’on me reparle d’une inflammation et j’ai donc insisté pour avoir plus d’informations. Je lui ai expliqué que cela faisait quatre ans que j’avais cette boule et qu’en toute logique au bout de quatre ans ça aurait dû être guéri, que je voulais en connaître la cause, que ça me faisait mal et que j’aimerais m’en débarrasser. À ça, il m’a répondu que cette inflammation n’était pas à un endroit spécialement dangereux, que ça n’était pas une tumeur maligne et que je n’avais qu’à m’habituer à la douleur.

Autant dire que lorsque je suis retournée chez ma gynécologue pour lui dire ce qu’il en était, et j’étais vraiment très agacée : les douleurs commençaient à me gêner dans mes déplacements, mes séances de sport etc. Lorsque j’avais mes règles, il arrivait régulièrement que la douleur au niveau de la symphyse me réveille en pleine nuit. Heureusement, la gynécologue a été très compréhensive et m’a donc dit que si on avait écarté la possibilité d’une hernie, cela ne pouvait être qu’une endométriose. Étant donné son emplacement, c’était donc un cas plutôt rare, mais elle n’en était pas spécialement étonnée car elle avait eu des patientes avec de l’endométriose dans le nez, et même dans les poumons !

Elle m’a ainsi prescrit une IRM pour confirmer son diagnostique et qui a en effet été dans la sens d’un nodule d’endométriose. Avoir ce premier diagnostique m’a soulagée car je savais qu’on allait donc pouvoir commencer à chercher un traitement pour régler le problème.

Sauf que… ma gynécologue a pris brusquement sa retraite quelques semaines plus tard et j’ai été contrainte d’en trouver une nouvelle ! Après quelques recherches, on m’a recommandé une soit gynéco soit disant géniale et j’ai donc rapidement pris rendez-vous avec elle (on l’appellera la gynéco numéro 2).

J’ai donc une fois de plus expliqué ma situation en lui montrant mes résultats d’IRM allant dans le sens d’une endométriose.

La gynécologue numéro 2, m’a quasiment ri au nez en lisant à peine les résultats de l’IRM. Elle a insisté sur l’impossibilité d’une endométriose, et elle a même critiqué le laboratoire d’imagerie ayant exécuté les examens, car ils avaient selon elle la réputation d’être incompétents. Elle m’a auscultée en appuyant bien sur le nodule et en me faisant donc très mal et a ensuite affirmé que ce n’est pas de l’endométriose. Elle a également rappelé qu’elle était gynécologue et que donc la zone où se situait le nodule ne la concernait pas. Elle m’a aussi fait remarquer que c’était trop petit pour être opéré (sachant qu’évidemment là le nodule n’était pas gonflé vu que je n’avais plus mes règles mais qu’il était tout de même très douloureux). Elle m’a dit mot pour mot que je devais « faire avec la douleur ».

Comme j’ai insisté, elle m’a prescrit des examens, toujours les mêmes, que je n’ai d’ailleurs pas refaits.

Il m’a fallut quelques mois pour digérer ce rendez-vous laborieux, durant lesquels mon nodule a encore grossi et la douleur s’est accroît. Ma mère m’a conseillée de voir sa propre gynécologue et j’y suis allée en étant franchement blasée et sans grand espoir qu’on me dise enfin quel était mon problème. Quand j’ai exposé la situation au médecin et qu’elle a lu mes examens, ça a été comme une évidence pour elle : « Bah si, c’est sûrement de l’endométriose si l’IRM va dans ce sens… » Elle m’a auscultée et a eu un discours littéralement opposé à celui de la gynéco numéro 2 : elle trouvait que le nodule était quand même assez gros, elle m’a dit que c’était super simple à opérer et que même si ça n’était peut-être pas de l’endométriose, s’il me faisait mal, il fallait me l’enlever ! Ça a été un vrai soulagement d’entendre ça. J’en ai pleuré à l’idée que j’allais enfin en être débarrassé, car mine de rien, même si c’était un tout petit machin de rien du tout, ça faisait quand même bien mal et c’était pénible de vivre tous les jours avec la même douleur en marchant, en me levant, en faisant du sport, ou même en me retournant dans mon lit…

Après les choses se sont déroulées rapidement, j’ai pris rendez-vous avec le médecin qui allait m’opérer, lui aussi en m’auscultant m’a dit qu’il était très probable que ça soit de l’endométriose et j’hallucinais d’entendre que les avis de médecins ayant la même spécialité médicale soient aussi différents.

Je me suis faite opérée deux mois plus tard (donc mi-mai).

Je vous raconterai la suite dans le prochain article, l’opération et la cicatrisation dans le prochain article !

Les aventures sexistes de Lily – #03 Hostilités féminines

Je vous présente la mini-série “Les aventures sexistes de Lily” qui regroupe divers témoignages scénarisés portant sur le sexisme ordinaire. Par soucis d’anonymat, les récits mettront en scène le personnage de Lily, une jeune femme dans la vingtaine. Lily est donc un personnage fictif mais les expériences qu’elle vit sont très loin de l’être et constituent le recueil de nombreux témoignages d’amis, de collègues, de connaissances, et de quelques expériences personnelles.  Le but de ce projet est de sensibiliser les lectrices et lecteurs au sexisme omniprésent dans la vie des femmes, en espérant que celui-ci ne soit plus ignoré ou justifié. Cette semaine, voici le troisième chapitre : Hostilités féminines. Bonne lecture !

J’ai un rencard et on m’a donné rendez-vous à Châtelet. J’ai envie de lui plaire sans en faire des tonnes : je ne voudrais pas qu’il croit que je me suis bien apprêtée juste pour lui. Je me maquille très légèrement, histoire d’avoir une jolie mine. J’enfile une robe noire, bleue nuit avec des petites fleurs. Elle est assez fluide, absolument pas moulante, sans décolleté et elle descend juste au-dessus du genou : c’est le genre de robe que je mets pour aller travailler donc il ne s’agit vraiment pas d’une tenue de soirée et je me sens à l’aise avec. Il ne fait pas très chaud, on est en plein hiver, je mets des collants noirs et des petites bottes toutes fines à talons qui montent jusqu’aux genoux. J’enfile également un manteau noire.

J’arrive au forum des Halles : j’étais tellement anxieuse à l’idée d’arriver en retard que j’ai une heure d’avance. Tant mieux, je vais en profiter pour regarder les boutiques, si je trouve quelques cadeaux à offrir pour Noël.

Je suis surprise car il n’y a pas tant de monde que ça. Je prends un escalator qui est entièrement vide. Deux jeunes femmes m’emboîtent le pas et je les entends parler entre elles : « Nan mais sérieux, regarde la fille devant avec sa robe et ses bottes, là, on dirait une pute ! »

Je ne sais pas si elles croyaient être discrètes en parlant de moi de cette façon, ou si elles cherchaient à susciter mon attention. Je n’ai même pas eu envie de réagir. Ce n’est pas la première fois que j’entends des réflexions sur mes tenues, même de la part de femmes. Mais je reste toujours très surprise : pourquoi en tant que femme s’acharner sur ses camarades féminines de la sorte ? On a toute été victime de harcèlement de rue, on sait toute ce que c’est de se sentir honteuse dans l’espace publique sous les réflexions d’un homme frustré par nos refus ou notre ignorance. Pourquoi infliger la même chose à une autre femme ?

Juger l’allure d’une femme lorsqu’on en est une nous même, c’est insinuer que certaines sont plus respectables que d’autres et justifier les agressions verbales, physiques et sexuelles que subissent les victimes de sexisme. Chaque être humain est libre de se déplacer dans l’espace publique dans la tenue qui lui convient et personne ne devrait avoir à en dire quoique ce soit.

Entre femmes on a trop souvent tendance à se critiquer, se rabaisser se jalouser, se détester. C’est sûrement parce qu’on a été éduquée dans une société où on nous a appris à nous mettre constamment en compétition les unes des autres. On devrait plutôt se soutenir, s’unir pour améliorer et faire évoluer notre condition et nos libertés.

Tu ne peux pas comprendre tu n’as pas d’enfant

Je n’ai pas d’enfant. J’ai presque 27 ans et je fréquente de plus en plus de (jeunes) parents de part mon entourage familial, professionnel et amical. J’entends parler d’enfants, de bébés et de parentalité tous les jours et cela ne me dérange pas.

En revanche, très souvent à travers les conversations que j’entretiens avec tous ces parents, j’ai l’impression qu’on me fait comprendre que je ne suis pas à la hauteur en tant qu’adulte ou en tant que femme, face à eux qui semblent avoir atteint « toutes les étapes importantes de la vie ». Et pour illustrer mes propos, je vous citerai deux phrases qu’on m’adresse très régulièrement  : « Tu ne peux pas comprendre, tu n’as pas d’enfant. » et « Tu verras quand tu auras des enfants ».

Ce sont des petites phrases anodines, finalisant souvent les échanges verbaux et qui sont énoncées machinalement, mais qui peuvent faire l’effet d’une douche froide pour ceux à qui elles sont adressées. Ces quelques mots, généralement prononcés pour se donner raison et se justifier, sont riches de sous-entendus, de jugements et de critiques. Sont ainsi remis en question notre expérience, nos accomplissements, notre parcours dans la vie d’adulte, et souvent lorsqu’on est une femme notre propre identité sexuelle.

« Tu ne peux pas comprendre tu n’as pas d’enfants. »

Alors oui, c’est vrai, je n’ai pas d’enfants, et je ne vis pas toutes ces responsabilités parentales quotidiennes : changer, laver, habiller, nourrir, border, consoler, punir, surveiller, soigner etc. Je n’ai pas non plus à subir toutes ces pressions supplémentaires imposées dans notre société comme : être une mère parfaite, être toujours à la hauteur, tout en essayant d’être épanouie dans sa vie d’adulte, sa vie professionnelle et sa vie relationnelle… Je n’ai, lorsque je rentre du travail, qu’à me soucier de mon chat (qui se gère très bien seul) et de moi-même.

Peut-être, en effet, que certains détails ne m’apparaissent pas clairement. Mais j’ai tout de même la capacité, comme tous les êtres humains de me mettre à la place des autres, même si je ne traverse pas la même chose qu’eux. J’ai parfois l’impression qu’on me prend pour un robot dénué d’empathie et vide de connaissance sur la vie en général. Pas la peine de m’expliquer combien j’ai de la chance en rentrant chez moi de n’avoir rien d’autre à gérer que mes petites affaires personnelles. C’est lassant et c’est culpabilisant !

Dans la catégorie des « tu ne peux pas comprendre », on m’a aussi plusieurs fois fait remarquer que je ne pouvais pas comprendre l’amour infini que pouvait éprouver un père ou une mère pour sa progéniture. C’est très vexant de recevoir ce genre de réflexion en pleine figure, car cela insinue qu’une personne n’ayant pas d’enfant n’est pas capable d’aimer ou ne connaîtra jamais un amour aussi intense que celui-ci. Heureusement que les enfants ne sont pas les uniques objets d’amour dans la vie ! Et surtout, aimer son enfant, n’est pas une excuse à tout !

Par exemple, en tant qu’enseignante je blâme (et c’est mon droit) certains parents qui donnent sans cesse raison à leur enfant sans chercher à comprendre la situation. On a essayé de m’expliquer que l’amour éprouvé en tant que parent transcendait tout et ne permettait pas aux concernés d’être rationnels quand il s’agissait de leur enfant. Cette explication semblait être un argument valable pour justifier le comportement parfois inadapté de ces parents. Je ne doute absolument de la sincérité de leur amour inconditionnel pour leur fille ou leur fils. Mais pour ma part, j’ai été éduquée par des parents qui bien que m’aimant énormément, et bien que m’ayant toujours fait confiance et écoutée, ont su prendre du recul sur ma parole et m’ont appris à me remettre en question.

Admettre les tords de son enfant, ce n’est pas moins l’aimer, c’est simplement accepter que même si à nos yeux il est un demi-dieu, il n’en reste pas moins humain : il fait des erreurs et des bêtises, il faut parfois le corriger et lui transmettre certaines valeurs pour lui permettre de s’améliorer. Il s’agit donc pour résumer de l’éduquer (en lui apportant tout l’amour dont il a besoin, cela va de soi).

Alors en effet, dans de nombreux cas je ne peux pas comprendre le comportement et les réactions de ces parents. Mais ça n’a rien à voir avec le fait d’avoir des enfants ou non, il s’agit plutôt d’avoir des valeurs différentes.

« Tu verras quand tu auras des enfants »

À propos d’éducation, lorsqu’on n’est pas parent, on nous fait clairement comprendre qu’on n’a aucune légitimité à avoir une opinion en la matière, en justifiant notre manque d’expérience évident sur les enfants. En ce qui me concerne, j’ai déjà acquis un certain nombre de compétences et de connaissances à travers mes expériences professionnelles en lien avec les enfants (professeur des écoles, infirmière et étudiante en maternité, en crèche et en pédiatrie) et durant mon enfance, en tant qu’aînée d’une famille nombreuse.

Et ce qui est incroyable c’est que je me sente souvent obligée de me justifier auprès de mes interlocuteurs alors qu’en fait, même si je n’y connaissais rien en matière d’enfants, j’ai le droit d’avoir un avis sur l’éducation et la parentalité ! En effet, je n’ai pas besoin de me reproduire pour savoir que j’ai des principes et des valeurs que je souhaite appliquer dans tous les domaines de ma vie (et donc auprès de mes éventuels futurs enfants).

Et je ne vois pas ce qu’il y a de mal à avoir des principes et une vision de l’éducation ! Je n’ai encore jamais connu de parents parfaits, donc je ne vois pas pourquoi certains parents cherchent à tout prix à changer ma perception de l’éducation, alors qu’ils ne sont pourtant pas plus légitimes que moi : ils ont fait des choix qui leur semblaient justes et qui leur ont permis d’évoluer mais pour autant leurs décisions en matière d’éducation ne sont pas forcément les meilleures ! Et oui, peut-être que lorsque j’aurais des enfants, je changerais complètement d’avis et mais seulement là j’admettrais m’être trompée.

Bien entendu, je peux comprendre que dans certains contextes, un parent puisse se sentir jugé, et qu’il devienne alors très facile et de bonne guerre de rembarrer son interlocuteur en lui faisant remarquer qu’il n’a pas d’enfants. Mais ça reste tout de même un coup bas.

Priorité aux parents

Avant de travailler à l’éducation nationale, j’ai été dans la grande distribution puis dans le domaine hospitalier. Cela nécessitait parfois de travailler les week-end, les jours fériés, durant les événements religieux et certains de mes cadres m’ont clairement expliqué que je n’avais rien à dire sur mes horaires de travail ou sur mes dates de congés payés car je n’avais pas d’enfant (et donc implicitement aucune obligation familiale).

Je me souviens également en discutant avec les collègues, entendre quelques un d’entre eux estimer être prioritaires sur les fêtes de Noël et sur les vacances car ils avaient des enfants !

Alors évidemment, que je n’aspirais pas à obtenir tous les congés demandés, à fêter chaque année les fêtes de Noël et avoir tous mes week-end . Je comprends tout à fait être obligée de faire des sacrifices, comme tous le monde. Mais j’ai souvent eu le sentiment que pour grand nombre d’entre eux, avoir une famille ça se définissait essentiellement par le fait d’avoir des enfants. Autrement, notre vie personnelle et familiale ne semblait pas être digne d’intérêt et pouvait donc passer au second plan. Sauf exception, on a tous envie de passer les événements importants auprès des gens qu’on aime (famille ou ami), ne pas avoir de progéniture ne rend pas notre vie moins importante.

L’accouchement : cette étape de la vie qui fait de toi une vraie femme (ou pas !)

Il y a quelques semaines, on m’a très explicitement dit, en plaisantant, que je n’avais pas encore connu la grossesse et que donc je n’avais pas accompli toutes les étapes de la vie d’une vraie femme car je ne connaissais pas la douleur de l’accouchement. J’ai été assez surprise car en matière de douleur, je pense quand même avoir un petit aperçu de ce qui m’attend, ne serait-ce qu’à travers la période menstruelle et je ne cautionne pas cette impression qu’on en fait un rite de passage dans la vie d’une femme.

Ensuite, je crois qu’on ne se rend pas compte à quel point cela peut être violent de recevoir une remarque pareille : on ne sait pas qui on a en face de soi, ni même comment il se positionne par rapport à la parentalité. Les gens n’ont pas tous envie de faire des bébés, et certaines personnes ont des difficultés à en concevoir, c’est cruel de leur rappeler ! Et ce raisonnement est absurde car la grossesse et l’accouchement ce ne sont pas les réponses ultimes à la parentalité : il y a d’autres manières d’être parents !

De plus, sous-entendre qu’une femme n’est pas accomplie tant qu’elle n’a pas vécu la maternité, c’est sous entendre qu’elle n’est pas entière ou qu’elle n’est pas une vraie femme : une fois encore il s’agit de remarques très violentes pour celles qui les reçoivent. J’insiste sur le fait que c’est violent car moi qui n’ai même pas trente ans, je le vis systématiquement comme une agression. Je n’imagine même pas ce que peuvent endurer les femmes qui ont choisi de ne pas avoir d’enfant.

Un statut de femme indissociable du statut de mère ?

La décision de ne pas avoir d’enfant en tant que femme est encore un choix très difficile à comprendre pour la majorité des gens. On part souvent du principe que le corps de la femme a été conçu pour la maternité et que cela fait partie de ses instincts que de procréer, tandis que cette pression est quasiment inexistante chez les hommes (bien qu’ils aient des organes reproducteurs eux aussi !) Je ne pense pas être la personne la mieux positionnée pour parler de ce sujet mais je pense pouvoir affirmer avec certitude que les femmes qui décident de ne pas vouloir d’enfants ont eu une vraie réflexion sur le sujet et sont assez matures et responsables pour prendre leurs décisions, seules. Pas la peine donc, de remettre leur jugement en question ou de les infantiliser en pensant mieux savoir ce qui est bon pour elles !

Cet article est terminé et ces dernières phrases feront office de conclusion. Il m’a fallu plusieurs semaines pour le rédiger, je l’ai modifié de nombreuses fois et je pourrais encore le faire car j’ai beaucoup de choses à dire et que ce sujet me tient énormément à cœur. J’espère que certaines personnes se reconnaîtront dans mon article et que d’autres se rendront compte de l’impact de leurs « innocentes petites » remarques.

La Cigale et la Fourmi – Slut-shaming

La cigale, ayant dansé toute la nuit,
Se trouva fort dépourvue,
Lorsqu’elle trouva dans son lit,
La présence d’un intrus.
Pas un seul petit souvenir,
De la soirée, ne put lui parvenir
Mais une douleur sanglante et aiguë
Indiqua ce que durant cette soirée, elle avait vécu.
Elle courut chez sa voisine fourmi,
Confier sa mésaventure de la nuit,
La priant de l’écouter,
Et de partager sa peine :
« Il m’a abusée, lui dit-elle »
La fourmi n’est pas bienveillante,
C’est là un de ses plus grands défauts :
« Où étiez-vous, minuit sonné ? »
Lui demanda-t-elle.
« En ville, je m’amusais et je dansais,
Ne vous déplaise »
« Vous dansiez ? Dans cette tenue ? J’en suis fort aise !
Récoltez ce que vous semez, maintenant ! »
Et elle lui claqua la porte au nez.
En se disant qu’elle l’avait bien cherché.
La fourmi, partit à ses occupations,
Sans remarquer l’intrusion d’un malotru.
Celui-ci l’attrapa par les antennes,
Lui prit sa vertu,
Sans lui demander la permission.
La fourmi choquée et apeurée,
Courut chez la cigale pour s’excuser.

 

Mesdames, Messieurs,
Cessez de juger les victimes :
Exister n’est pas un crime,
Pointez plutôt du doigt les responsables,
Ceux qui guettent dans le noir,
Le moment opportun pour attaquer leur proie,
Choisissant les plus fragiles et isolées,
Sans se soucier des souffrances infligées.

La série Girls reprend bientôt : saison 5 !

La saison 5 de Girls reprend le 21 février et j’en profite pour écrire un article expliquant combien j’affectionne cette série !

Je l’ai découverte il y a deux ans alors qu’elle avait déjà quelques saisons d’avance et je suis devenue rapidement accro à ces 4 filles à la fois toutes plus délirantes les unes que les autres et en même temps si proches de la réalité que vivent les femmes dans la vingtaine.

Je crois que j’ai réussi à m’identifier à chacun des personnages qui sont très touchants à leur façon.

J’apprécie particulièrement le fait dans cette série qu’elle soit décomplexante :
Ces femmes nous ressemblent : elles ne sont pas parfaites et magnifiques, et n’en restent pas moins charmantes. Elles ont, pour certaines, des look fantaisistes et s’assument complètement. Elles cachent tant bien que mal leur fragilité, ce qui les rend d’autant plus attachantes. Elles agissent parfois de façon irrationnelle (comme n’importe qui) Elles galèrent comme toutes personnes “adulescences” qui entrent dans la vie active et qui pataugent un peu, voire beaucoup. Il est alors question de recherche d’emploi, de questionnement sur les choix professionnels et de réflexions sur ce qu’on attend vraiment de la vie.

La série aborde également la sexualité de ces jeunes personnes de manière réaliste, humaine et assez drôle. Elle se détache des idéaux imposés par la télévision et permet de dédramatiser un peu le sujet.

Les personnages évoluent pour la majorité dans des milieux artistiques et cela m’a permis de me remettre en question sur ce que j’avais moi-même envie d’exploiter dans la vie et les domaines dans lesquels je souhaitais m’épanouir. Musique, art, littérature, cette série est une vraie source d’inspiration !