Grosses désillusions à l’école

J’ai un grand besoin de m’exprimer sur tout ce que j’ai vécu ces derniers mois notamment professionnellement. Je n’entrerai pas dans les détails, car être professeur des Écoles, c’est avant tout un métier relationnel et j’aurais l’impression, si je devais préciser certains événements, d’exposer l’intimité des gens avec qui j’interagis quotidiennement.

J’ai brutalement arrêté d’écrire des articles et ça n’est pas étonnant chez moi, mais pourtant j’avais formulé le souhait de développer le blog, d’écrire régulièrement, d’enregistrer plus de podcasts, etc. Bref, j’avais vraiment très envie de voir grandir le blog et je m’étais organisée durant toutes les vacances d’été dans ce sens.

Mais à la rentrée de septembre, après avoir passé ma première semaine en école maternelle, j’ai juste eu le temps d’écrire un article expliquant que mes ambitions aller être vite revues à la baisse. J’affirmais d’ailleurs à ce moment-là, que ce travail m’enthousiasmait énormément car j’avais une classe pour moi toute seule, une équipe sympa et un niveau d’enseignement qui me plaisait. J’ai pourtant très vite déchanté. Dès les premiers jours de classe, je rencontrais des obstacles que je n’avais pas envisagés, ni imaginés, qui n’étaient pas de ma responsabilité et sur lesquels je n’avais aucun contrôle. Et très vite ces obstacles se sont transformés en problèmes, qui ont pris le dessus sur mes émotions et mon mental. J’étais fatiguée aussi bien physiquement que psychologiquement, et de grosses angoisses ont surgi. S’ajoutaient à ça les longs trajets pour me rendre à l’école, la gestion de classe qui bien que maîtrisée était difficile, les régulières heures supplémentaires non rémunérées imposées (certains parents nous prennent pour des baby-sitters bénévoles et viennent chercher leurs enfants parfois avec plus d’une heure de retard), et le temps de travail de préparation de classe accumulé le soir et le week-end. Je me suis rapidement sentie démunie et ensevelie : j’avais beau être de la meilleure volonté possible, j’avais l’impression que tous mes efforts étaient inutiles.

J’avais toujours adoré préparer mes activités pour la classe, mettre en place des projets etc ; mais ce qui pour moi était un plaisir est devenu un véritable fardeau, car j’étais fatiguée et démoralisée. Bien que je n’ai jamais cessé de m’investir, après des journées pénibles de travail, je n’avais pas envie de me projeter, à peine arrivée chez moi, dans la journée de classe suivante.

Cela a eu aussi des répercussions sur ma vie personnelle : je n’avais plus goût à partager quoique ce soit sur les réseaux sociaux ou sur le blog, mais je n’ai jamais arrêté d’écrire, heureusement. J’ai écrit souvent pour m’aider à me vider la tête de toutes les pensées et émotions négatives qui me submergeaient. J’ai aussi maintenu une activité sportive régulière, profité un maximum de voir mes amis ou ma famille, de sortir, m’amuser et profiter de la vie. Toutes ces petites choses, je les faisais dès que j’en avais l’occasion et le courage et cela m’a beaucoup aidé à garder le moral et ne pas tomber dans une trop grosse déprime.

J’ai énormément balisé, car ce métier que j’étais pourtant très loin d’idéaliser, me semblait être un métier confortable, dans lequel je pensais pouvoir m’épanouir et m’enrichir, tout en profitant de mon temps libre comme je le souhaitais. La réalité est tout autre : j’ai régulièrement eu l’impression que je devais faire un choix entre ma vie professionnelle et ma vie personnelle. Et je me suis rendue compte que je ne voulais pas passer la majorité de celle-ci dans un travail qui ne me correspondait pas autant que je le croyais et qui s’avérait souvent pénible. J’ai beaucoup cogité : le temps passe vite, et je ne veux pas devenir comme certaines maîtresse qui courent toujours après les vacances scolaires pour pouvoir enfin souffler (mais pas trop longtemps car il faut vite reprendre le travail et préparer la période de classe suivante pour ne pas avoir trop à travailler le soir). Ce qui m’agace le plus, en définitif, c’est que j’ai l’impression d’avoir vécu la même chose l’année dernière mais à un degré beaucoup moins important et avec des problèmes d’une nature différente. Et je me demande combien de temps ça durera avant que je me sente un minimum à l’aise dans une école ou même dans ma propre classe.

Je n’envisage absolument pas pour le moment d’abandonner ce travail. Je sais que c’est le début et que beaucoup de choses sont en ma défaveur car je suis jeune enseignante : dans quelques années je pourrais choisir l’école dans laquelle je veux travailler, j’aurais acquis de l’expérience et je prendrais certainement les choses avec beaucoup plus de recul.

En fait, j’ai envie de me dire, que ma vie ne sera pas centrée sur ce métier de professeur des écoles, et que d’autres choses plus importantes l’animeront. Je veux faire mes propres projets personnels, comme écrire, continuer à apprendre de nouvelles choses, peut-être reprendre les études en parallèle, etc. Et je souhaite rendre ce travail secondaire par rapport à toutes mes autres préoccupations, car pour le moment il prend toute la place.

Cela sonne très crise existentielle quand je me relis, donc ça me fait un peu rire. En même temps je me rends bien compte que j’ai beaucoup remis en question mon existence ces derniers temps, mais ça n’est pas si surprenant de ma part !

J’espère que cet article vous aura intéressés. Si vous avez déjà vécu la même chose que moi (en étant enseignant ou non), n’hésitez pas à me le dire en commentaire, pour me faire part de vos propres expériences. A bientôt !

La rentrée chargée !

Bonsoir, un article assez rapide car je suis ensevelie par le travail de la rentrée et c’est justement de cela que je vais vous parler !

J’ai officiellement obtenue mon premier poste en tant que Professeur des Écoles titulaire et je suis en Maternelle dans une classe de moyens-grands. L’année dernière j’avais des CM1 donc autant vous dire que c’est totalement nouveau pour moi, mais je suis ravie !

Ma rentrée s’est donc plutôt bien passée malgré le fait que j’étais presque aussi paniquée que les petits, mais je commence déjà à prendre mes marques. Le plus dur va sûrement être de me souvenir des prénoms des enfants et de m’habituer aux allers-retours aux toilettes pour cause de vessies encore toutes petites !

J’ai appris que je serais en maternelle il y a seulement 5 jours, donc autant vous dire que je n’ai pas cessé de préparer mes activités le week-end dernier. Et ça a plus ou moins été la panique car je ne connais pas du tout le programme de cycle 1. J’ai commencé mes recherches et je vais les finaliser et commencer à planifier mon année ce week-end (encore un week-end chargé en perspective ! )

Autrement, je peux déjà dire après seulement deux jours en maternelle que je suis bien plus dans mon élément qu’en élémentaire. Je regrette simplement de ne pas avoir eu plus de temps pour préparer mon année.

Voilà, désolée pour cet article vraiment très court mais je dois encore préparer ma journée de demain (oui car je travaille aussi le mercredi matin) et que j’ai vraiment l’impression de parler pour ne rien dire !